‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 267 sur 330 · Froehner, Notice, n" 148. Clarao, pi · texte numérisé non relu

Froehner, Notice, n" 148. Clarao, pi

5. 0. Eayet, Mon. de l'art aatigue, II, pi. 53, notice de M. Jules Martha.

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LES CAEAOTEBBS GENERAUX. 585

ventre la pose incliuée du torse. Mais la fantaisie n'abdique pas ses droits. Les traces d'une petite main, appliquée sur le dos de la statue de Vienne, permettent de restituer le compagnon familier d'Aphrodite, Éros, qui s'est fait le serviteur de la baigneuse divine. Sur ce thème, l'imagination des sculpteurs se donne libre carrière. Tantôt la déesse est sortie du bain; elle a jeté une draperie autour de son corps, et de ses deux mains relevées, elle tord sa chevelure ruisselante '. Une statue du musée de Syracuse montre avec quels curieux rafÈnements les sculpteurs savent varier la forme de la draperie, la ramener au dessous des hanches et l'élargir en arcde-cercle, pour laisser apparaître la nudité des jambes *. Tantôt l'artiste a choisi le moment oh la déesse s'apprête pour le bain. Une nombreuse série de monuments représente Aphrodite déjà dépouillée de ses vêtements, et, debout sur un pied, détachant les courroies de sa sandale ^. Quelquefois , comme dans une statuette d'^gion^, ou dans un joli torse trouvé à Cyrène '^, un hermfes ou un pilier servent de support à la main restée libre. Mais les bronziers se risquent à représenter la déesse détachant sa sandale d'un geste rapide, et

Cf. atatue fin Vatican, Helbig-Tontain r, n" 3S4. Becnoulli, Aphrodite, p. 225, n» 1 ; Clarao, pi. SOS. Bemonllij ibid., p. 330.

Coliectian Sabourof, pi. 37, Bsichr. der Shilpt. su 1 Smlth et Porcher, Disconeriea at Cyrew, pi, 67.

SCnTjPTUKB eRBCQtt'E. — T. II.

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686 L'ART HELLENISTIQUE.

relevant un bras pour maintenir l'équilibre. Tel est le sujet d'un esceU lent bronze du British Muséum, œuvre charmante, où la finesse de la tête et la simplicité de la coiffure rappellent encore les types du quatrième siècle (fig. 303). Ces exemples suffiront peut-être à faire comprendre comment le genre prend possession des types mythologiques, les transforme, et les dépouille de plus en plus de leur caractère religieux; comment la sculpture fournit des modèles pour toutes ces spirituelles figurines qui éclosent sous les doigts des modeleurs en terre cuite, et nous montrent un Olympe souriant, tout occupé de gracieux

Influence de la peinture. En s'appropriant les conventions de la peinture, la sculpture hellénistique a trouvé une source de rajeunissement. Grouper plus librement les figures, les étager sur plusieurs niveaux, risquer des complications de hgnes imprévues, faire intervenir un décor pittoresque ; voilà des ressources nouvelles dont elle dispose. Nous avons vu quel parti elle en tire, quand nous avons analysé le style et la structure des groupes pittoresques. A mesure qu'on se rend mieux compte des emprunts faits par la plastique à la peinture, on s'explique plus aisément la nature de certains monuments qui restaient comme isolés, et n'avaient pas trouvé leur interprétation définitive. Ici encore, nous nous bornerons k citer un on deux exemples. On connaît le remarquable fragment du musée Boneompagni, dont une restauration malencontreuse a fait une sorte de masque, appfiqué sur un fond. Dans cette tête de femme aux yeux clos par le sommeil, à la chevelure inculte qui retombe en mèches désordonnées sur les joues et sur le cou, il faut reconnaître non pas une Méduse, mais une Erinnye ' (fig. 304). Suivant l'hypothèse très plausible de M. Helbig, nous aurions sous les yeux un débris d'un groupe colossal, représentant deux Érinnyes endormies, et comme lassées des châtiments qu'elles font subir à Oreste. L'artiste s'était sans doute inspiré d'un tableau célèbre, où le peintre avait traduit un épisode des Euménides ou des Gkoéphores ^ Il est très légitime de songer à un modèle fourni par la

ir Peteraen, Raem. MUtheil, ISaS, 106h. Goetteiidade, p. 54-67.

i. IMbig, EendicaMi delVAccad. dci Linçei, 18D0, p. S12-390.

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LES CARACTÈRES GÉNÉBAUX. 587

peinture, lorsque, dans une oeuvre plastique, on retrouve un sujet traité par les stînlpteurs de sarcophages, et par les peintres des maisons pompéiennes. On sait en effet que la peinture alexandrine a été le répertoire sur lequel a vécu l'art décoratif de l'époque impériale. Il est permis d'appliquer cette théorie à la statue du Vatican qui montre Ariadne endormie sur un rocher (fig. 305) '. C'est une copie soignée d'un original grec du troisième siècle. Or, la même figure reparaît dans les peintures campaniennes oîi figure Dionysos contemplant Ariadne endormie *. Conclure à un original commun, qui serait un tableau alexandrin, c'est là une conjecture fort admissible. Kous voyons ainsi comment , forcés souvent de produire vite, Jessculpteurs hellénistiques ont plus d'une fois mis à profit les créations de la peinture , et transformé en statue telle figure détachée d'un tableau.

L'influence de la peinture explique aussi de curieuses conceptioiis, où la plastique réalise comme une fusion intime entre la forme humaine et des attributs empruntés au règne végétal ou animal. Cette recherche de nouveauté s'exerce surtout sur les types de divinités marines. Dans cet ordre de sujets, l'art grec a de tout temps soudé la forme hiunaine avec des organismes d'êtres marins ; mais ces éléments restaient distincts. L'art hellénistique va beaucoup plus loin. Voyez, par exemple, ce buste colossal d'un dieu marin, conservé au Vatican (fig. 306) ^ C'est la persohnificatiou de quelque région maritime, d'un golfe aux rivages fertiles •, la tête est couronnée de grappes de raisin et de pam-

- Tête d'une Éiinnye endormie Rome. Musée Eoncompagni).

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