Brann, Dtshmaeîer,-afi
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mettre le naturalisme à des règles impérieuses, et de le subordonner à cette haute généralisation qui fait la beauté supérieure de l'œuvre d'art. On sait comment Lysippe bat en brèche la tradition classique, et fait prévaloir des principes de liberté. Il est bien le vrai précurseur du naturalisme hellénistique. Avec lui, l'art s'engage avec décision
dans la recherche minutieuse et réaliste de la vérité; il la poursuit dans la structure du corps, dans le rendu de la musculature, et jusque dans le détail anatomique. Nous avons vu avec quelle virtuosité les sculpteurs de Pergame traitent le nu, et quelle science parfois intempérante de la forme humaine s'étale dans leurs œuvres. L'art hellénistique semble prendre plaisir à résoudre des problèmes d'attitude fort compliqués, oh il donne la mesure de son habileté. Rien de plus caractéristique à cet égard que le groupe célèbre des
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LES CARACTÈRES GBNKBAUX. 591
deux lutteurs, exposé aux Ufizià&m la salle de la Tribune (fig. 309) '. La vérité des mouvements, le modelé si poussé du nu, dénotent une science extraordinaire du corps humain; ce morceau, où l'artiste a accumulé les difficultés, est la manifestation la plus brillante de la statuaire athlétique. On peut le citer comme un témoignage décisif de l'évolution naturaliste, au début du troisième siècle.
Pourtant les lutteurs de Florence rentrent encore, à certains égards, dans la série des types généraUsés. S'agit-il de caractériser un type particulier? Le naturalisme tourne au réalisme ; il s'arrête aux accidents de la forme individuelle, et trouve dans l'observation de la réahté la plus terre à terre des moyens d'expression hardis, souvent très puissants. Examinez à ce point de vue l'admirable statue du Faune Barberini, conservée à Munich * (fig. 310). Un Satyre rustique, dompté par l'ivresse et endormi sur un rocher, voilà le thème traité par le sculpteur. Il a certainement pris sur le vif la pose lâchée des jambes écartées , du bras gauche qui pend inerte, sillonné de veines, de la tête alourdie tombant sur une épaule.
Le visage est d'une vulgarité brutale : lèvres épaisses, pommettes saillantes , m^ Moec
nez court et aplati ; véritable type de jeune rustre. Mais il respire la vie, et les lèvres eotr'ouvertes du
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1, Friedei-ichs-Woltei'B, a" 1426. Diitschte, Ant. Mai-morUUa. der Vfjisieii, 547.- But dee tctee, Toir Botho Graef, Jahrb. des arcA. InsC, X, 189, 4 p. 119-12«. S. Brunn, Besohi: der Glyplothei:, n" 95. Denhaaeler, a" i.
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592 L'ART HELLENISTIQUE,
dormeur semblent laisser échapper le souffle régulier qui soulève la poitrine. Suivant le mot si juste de Brunn, c'est « la poésie du réalisme ï. L'art hellénistique en connaît aussi la prose. Un sculpteur du second siècle avant notre ère, Myron, est l'auteur d'une statue de femme ivre qui se trouvait à Smyrne '.On peut la désigner comme l'original des deux répliques du Oapitole et de Munich * représentant un^.
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