WeiEshaupl, 'Eç)](i.. àp^., 1S91, pi. 10, p
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LIS 0ABACTÈRE8 GÉNÉRAUX. 593
grammes de l'Anthologie nous en donnent la preuve. Mais la plastique a dû plus d'une fois s'en inspirer, témoin la curieuse tête du Musée de Dresde que nous reproduisons (flg. 311) '. Évoquez les souvenirs des
Le Fanne Barbexini. Statue de marbre (Miinicb. Glyptothéque).
œuvres modernes suggérées par le réalisme le plus cru ; à moins de descendre jusqu'à la caricature, vous ne trouverez rien de plus expressif
1. Arsh. Amiigei; 1889, p. 99. La photographie est eïéoutce d'après un monbge où figurent les parties restaurées. Nous la deTons k l'obligeance de M. G, Treu.
594 L'AET H ELLÉSISTIQUE.
que cette figure de vieille femme ivre riant aux éclants. Chairs flasques et molles, peau ridée, hérissée de verrues, bouche édentée,. .tout cela l'artiste l'a rendu en observateur scrupuleux; il a mis toute sa conscience à chercher ce qu'on a appelé « le beau du laid ».
Types iconiques et portraits. Nous avons déjà signalé la part qui
revient à Lysippe dans la statuaire iconique. Ses statues d'Alexandre servent de prototypes pour les effigies des princes hellénistiques , et nous avons reconnu l'inilnence de son école dans la statue du musée des Therraes qui peut passer pour un excellent spécimen de ces images oiEcielles (fig. 267). Dans ce domaine, l'art hellénistique n'a guère à inventer. On en peut dire autant des statues féminines. Le quatrième siècle a fixé le type de la figure féminine, drapée et debout; les sculpteurs du troisième et du second siècle ne le changeront pas. La grande statue de Dresde trouvée à Herculanum est peut-être de travail hellénistique (fig. 312); or elle reproduit un type du quatrième siècle, celui d'une statue trouvée à Andros, et les mêmes formes se conservent si bien qu'elles reparaissent sans modification dans une statue romaine d'Olym-
1 . Hettner, Die Bildin. der ÂiitHemammhitg, n" Hl. Clarac, pi. 766, ISSn. BrnEn, Benlmaeler, n" 310.
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596 L'ART HELLENISTIQUE.
conservée à Constantînople au musée de Tchmily-Kiosk, trahit dans la coiffure et dans l'arraiigemeut de la draperie un sentiment très personnel (fig. 313) '. Mais à la iongue, l'exécution de ces statues drapées tourne à la fabrication industrielle, et l'art hellénistique transmet à l'art romain des types convenus, sans cesse reproduits avec une déplorable banalité.
Dans le portrait proprement dit, le réalisme règne en maître. La série des bustes hellénistiques atteste que l'évolution commencée au quatrième siècle se poursuit et s'accélère, que i'étude du caractère individuel devient le souci dominant des sculpteurs. La même recherche de la vérité se manifeste dans les monnaies, où prennent place les effigies royale^^ Dans ce cadre exigu viennent s'insérer de véritables portraits, et cette image est souvent celle du prince régnant. Si les Ptolémées gardent sur leurs monnaies l'effigie du fondateur de la dynastie, Ptolémée Soter, les monnaies des Séleucides, ,ce|les des rois de Macédoine, de Pont, de Bithynie nous offrent une suite de portraits, traités avec un singulier accent de vérité. Ce sont là des documents précieux pour identifier les bustes disséminés dans nos musées. Aussi, depuis qu'une méthode rigoureuse a dirigé les études d'iconographie, combien de monuments, autrefois qualifiés d'oeuvres gréco-romaines, la critique a-t-elle restitués à l'art hellénistique! Il a bien fallu le reconnaître ; le réalisme dans le portrait ne date pas seulement de l'époque romaine; il est en germe dans l'art du quatrième siècle; il s'épanouit, sous les successeurs d'Alexandre, dans une belle floraison. Pour le prouver, il suffit de classer chronologiquement les portraits royaux qu'on a pu identifier. En voici une courte série. Une tête de bronze du Musée de Naples nous offre un portrait de Séleucos Nicator, qui règne de 323 à 280; l'original date sans doute de la fin du quatrième siècle'. Le front saillant à la base du nez, la chevelure tourmentée, les joues ridées trahissent déjà le réalisme hellénistique. II s'accuse encore avec plus de force dans la tête de Munich qui repré-