‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 278 sur 330 · LES ORIGINES DE U RENAISSANCE GRECO-ROMAINE · texte numérisé non relu

LES ORIGINES DE U RENAISSANCE GRECO-ROMAINE

g 1. — LES ROMAINS ET L'ABT GREC.

Vers la fin, du premier siècle avant notre ère, la prise de possession de Rome par l'IieUénisme est un fait accompli. Suivre toutes les étapes de cette conquête, montrer les influences grecques s'étendant de proche en proche, pendant des siècles, jusqu'aux frontières du Latium, ce serait là une tâche ardue, et qui dépasserait les hmites de notre étude. Rappelons seulement qu'antérieurement à l'intervention des Romains dans les affaires de la Grèce, avec les guerres de Macédoine (200-168), Rome est depuis longtemps entrée en contact avec la culture grecque. La ville des Tarquins est ouverte à l'action de l'art étrusque; or, à cette date, la sculpture de l'Etrurie est tout imprégnée du goût hellénique. Les artistes étrusques qui exécutent le couronnement du temple de Jupiter Capitolin s'inspirent sans aucun doute de modèles grecs,

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608 L'ART GEBO A EOME.

et transportent à Rome les traditions de la céramique monumentale si familière aux Etrusques. En 493, deux Grecs venus d'Etrurie, Damophilos et Gorgasos, à la fois peintres et sculpteurs, décorent le temple de Cérès près du Circus Maximus' Ce que pouvait être cette décoration plastique, nous l'imaginons sans peine, grâce aux précieux débris de sculpture monumentale en terre cuite découverts à Conca , sur la limite de Vager romanus et de la région pontine'. Avec quelle surprise on a reconnu, dans ces œuvres de la sculpture étrusque, le reflet direct de l'archaïsme grec du sixième siècle ! En même temps que la civilisation étrusque, c'était donc im art dérivé de la Grèce qui pénétrait à Rome, et l'on ne peut que souscrire aux conclusions de M. J. Martha, lorsqu'il montre nettement quelle part revient à l'Etrurie dans l'éducation du goût romain. « Si la Grèce vaincue et dégénérée a pu avoir une prise aussi puissante sur le génie de ses conquérants, c'est que ceux-ci avaient été insensiblement préparés à la comprendre et à la goûter. Or, cette préparation, c'est l'art étrusque qui l'a faite '. s

Si indifférents aux choses de l'art que puissent être les Eomains des premiers siècles de la république, la statuaire fait cependant son apparition à Rome, avec les images de bronze reproduisant les traits des personnages vivants ou morts honorés par l'Etat. Clélie a sur le Forum une statue équestre ; celle d'Horatius Coclès existait encore au temps de Pline. A la fin de la seconde guerre punique, en 201, ces effigies de bronze encombrent le Forum et le Oapitole. En 158, les censeurs sont obligés de faire enlever du Forum toutes celles qui n'ont pas été érigées par décret du peuple et du Sénat. Pline, qui parle assez longuement de ces statues, ne nous renseigne ni sur leur valeur d'art ni sur leurs auteurs '; mais il est probable que plus d'un praticien italogrec y avait mis la main ; et quand l'écrivain iatin mentionne des statues élevées à des Grecs, comme celles de Pythagore et d'Alcibiade, consacrées par ordre du Sénat au temps de la guerre samnite, n'est-ce pas à des artistes grecs qu'on peut en attribuer l'exécution?

Lorsque les Romains entrent en Grèce vers la ûa du troisième siècle,

1. H. Graillot, le Temple de Conea, estr. des MUanges de l'École fr. de Eome, XVI, 18fl6.

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