LES ÉCOLES D'ASIE MINBUEE
prêtée comme un hoplitodrome vainqueur, arrivé au bout de sa course, et élevant d'un geste triomphant le lourd bouclier qui cHarge son bras gauche. Je me ifallierai plus volontiers à l'opinion développée par Vis-
(Jlusée du Louvre),
conti , qui reconnaissait ici un personnage combattant contre un cavalier, et se couvrant de sonbouclier, le regard dirigé contre son adversaire. Dans ce cas, la figure aurait primitivement fait partie d'un groupe-, et toute l'originalité d'Agasias se réduirait peut-être à avoir traité isolément un type de combattant créé par un maître plus ancien.
SCULPTCKE ORBOQUE. — T
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674 L'AKT GREC A EOME.
Quelle que soit sa part d'invention, il est encore tout pénétré des principes naturalistes de l'école asiatique. Oe corps nerveux, élancé, dont la sèche musculature est minutieusement détaillée, nous apparaît comme un remarquable morceau d'anatomie. a: S'il y a quelque chose à reprendre dans l'exécution, c'est même l'excès de diligence et d'exactitude ; l'artiste sait trop bien les points d'attache, le développement et les contours de chaque muscle, le jeu de chaque articulation, la forme de chaque os ; il ne se résigne à rien passer sous silence ; il nous dit tout, avec la netteté d'un traité scientifique plutôt que d'une œuvre d'art '. » On a rapproché le combattant Borghèse des sculptures de Pergame ^ Assurément la tendance naturaliste, la recherche du mouvement violent peuvent autoriser ce rapprochement. Mais il ne faudrait pas se hâter d'en conclure à une filiation d'école , et de considérer Agasias comme un représentant attardé du style pergaménien. Pour l'étude précise et impeccable de l'anatomie, son œuvre n'offre pas moins d'analogie avec le Laocoon ; elle est bien d'accord avec les principes de l'école rhodienue. Nous le croyons volontiers : à la date où se place la statue Borghèse, au début du premier siècle, c'est à Rhodes, plutôt qu'à Pergame que les sculpteurs d'Asie Mineure vont chercher leurs inspirations.
Si îe naturalisme hellénistique trouve toujours des adeptes , la tradition de la sculpture pittorasque n'est pas perdue. Un contemporain d' Agasias, Archélaos de Priène, fils d'ApoUonios, nous en a laissé un curieux spécimen dans le bas-relief du British Muséum représentant l'apothéose d'Homère (fig. 354) ^ Oe monument a été trouvé à Bovillae, près du sanctuaire fondé en l'an 16 par Tibère, en l'honneur de la gens JuUa. Divisée en plusieurs registres , la composition trahit nettement cet emploi des conventions empruntées à la peinture que nous avons plus d'une fois constaté à l'époque hellénistique. L'artiste a donné comme fond au bas-relief les pentes rocheuses du Parnasse. Au som-
1, 0, Eayet, ifoii. de l'art antique, notice citée.
S. S. Eeins.cli, BrUl. ds corresp. hdUn.. XIII, 1889, p. 119. Voie cepeadant les objections de Wol- c> tere, MittUU. Mht.li, XT, 1890, p. 193.
3. Voir, poui la bibliographie, Friedericbs-Wolters, Gipsabgûsie, n" 1629. Cf. S. Reinach, Gas. uroS., 1887, pi. 18, 'Boom, Denkmader, n° 50. M. S. Reinach a donné, pour quelques-unes dea figures, une interprétation nouvelle, et a jnatement rapproché l'nue d'elles d'une terre cuite âe Myrina,