Lucien, Dial . des Portraits, i et
5. Liibke a proposé de l'identifier avec la Tenus de Mïlo (GescA. der Flasi'il; 1870, 1. 1, p. 130-131.) Cette théorie a été développée de nouveau par M. F. RavaiBEon, La Vénus di Milo. Mém. de i'Acad. desîacr., t. XXXI7, 1893, p. 2S4 et suivantes.
6. Froliener, Notice de la sctilplure antique, o." 135. M. S. Heinacli a consacré à cette statae un mémoire développé auquel nons tenvojons pour rétude et la critique des différentes hypothèses dont eUe a fait l'objet. La Véntis drapée au musée du Louvre, Gaz. arclt., 1887, p. 360 et sniv., p. 271 et suivantes, pi. 30.
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Fig. 57. — Apiicodite dmp^e, statue trourée à Fréjua, {Muaée du Lourre.)
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jambe gauche, la tête un peu inclinée, la main droite portée en avant, ii assure sa position, et mesure de l'œi! la distance que va parcourir son disque. La tête a un caractère attique très accusé ; le rythme si personnel du mouvement et la pose des jambes nous défendent de songer h une œuvre polyclétéenne. Si, dans l'œuvre d'Alcamènes, le pentathle était considéré comme un type canonique, rien ne répond mieux h ce jugement que la statue du Vatican'.
On sait toute l'importance que prenait pour les artistes grecs l'invention d'un rythme nouveau dans les lignes, d'une attitude heureusement trouvée.
Or, le rythme et l'attitude que nous avons observés dans le discobole, nous les remarquons dans une statue bien connue, le Mars Borghèse du musée du Louvre (fig. 61)*. L'auteur de l'original connaît certainement le Doryphore de Polyclète; il s'en inspire peut-être pour le mouvement des bras, pour
- Discobole debout. (Musée du Vatican.") leS dîvisions très nettCS du
1. Pouc la bibliogi'apMe, voie Friederichs-Woltars, Gipsabç^n" 465, et Helbig-Toutain, GuUe, tt" 331. La statue est reproduite : Arch. ZeUwag, 1866, pi. 209, 1-2; Brunn, DmhmaeUr, a" 131. E pliqne en Angleterre, à Dnncombe Part : Micliaelis, Ancieiit marilei in Gr. Brilain, p. 29.1, ni 2,
3. B. Q. Visoonti, Sfontmeali icdti BorfiUsiain, pi. 3-1. Brunn, Denkmashr n" 63. Voir pour la 1: bli(^r»p\iie, Friederichs-Woltats, n" 1298.
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torse '. Mais là s'arrêtent les aaalogies. La tête, dont il y a de bonnes répliques à Dresde et à Munich ', est franchement attique (fig. 62). Le visage au galbe al- longé, à l'expression rêveuse, est empreint d'une grâce sévère ; le casque, orné sur le timbre de deux griffons, sur la visière de deux
ïonvent fait attribnet le Mara Borghèse à l'école de Polyclète. Wolters, ouin-.dW, n° 1298.
En décnfant la réplique
Latraji, M. Bennciorf j
ïrepo1ycIétéenne(Bi dorf et Schoene, aat. Sildw. des latet Miaeums, p. 73, n" 137).
iïême opinion dans Eel big-Toutain, Gmde, I, n' 6SS, qui raitaolie l'ori ginal 4 l'école de Poly dète. Cf. Tren, Arch.
Anzeiger, 1391, p. 36. M.
Fiirtwaengler se prononce en fayeur d'Aleamèaes, Mâstej-vierhe, p.
a. Dresde, Hettner, 4=éd.p. 120,n"26a.Municli, Brtinn, Besdir. àer Ohjptj'p 115 11-91 ]> Louvre possède nae mau yaise réplique où le-
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loups en course séparés par une palmette, fait songer à celui de la Parthénos, avec moins de ricliesse. Il semble bien que, pour la tenue générale du style, la statue appartienne à l'école attique du cinquième siècle. On a beaucoup discuté sur le nom. Est-ce un Achille, un Thésée, ou un Ares? Le nom d'Ares paraît le plus vraisemblable : il est justifié, d'ailleurs, par les groupes de l'époque romaine, oîi de médiocres sculpteurs ont associé Mars et Vénus, donnant à Mars le type de la statue Borghèse, à Vénus celui de la Vénus de Milo '. C'est sans doute pour caractériser plus nettement le dieu de la guerre que, dans la statue du Louvre, le copiste a placé au bas de la jambe droite un anneau, allusion à l'histoire bien connue d'Ares enchaîné par Héphaistos ^ Si, comme nous le croyons, le Mars Borghèse est réellement un Ares, il faut se souvenir qu'Alcamènes avait exécuté pour un temple d'Athènes une statue du dieu ^ ; et nous ne voyons pas d'hypothèse plus plausible que d'y reconnaître l'original d'oii dérive, avec tant d'autres répliques, la statue du Louvre.
Le passage de Lucien cité plus haut est le jugement le plus caractérisé que l'antiquité nous ait laissé sur Alcamènes. Le fils du clérouque de Lemnos était, à n'en pas douter, le maître de la grâce et de la beauté féminine. Mais un mot de QuintiUen, qui lui attribue, comme à Phidias, lejiondus, c'est-à-dire l'ampleur, nous permet de croire qu'il ne se tenait pas dans la tradition un peu étroite des anciens sculpteurs attiques, et peut-être devons-nous voir en lui le seul maître capable de recueillir, au moins en partie, le lourd héritage de Phidias.
Des liens plus ou moins étroits semblent rattacher à la même école quelques artistes de second rang, figures d'ailleurs fort effacées à côté
1. Ainsi le groupe du Capîtole, Helbig-Toutaia, I, n" 502. Il la de soi que l'original du Mars Borgliëse a été conçu comme une statue isolée. Il nous est impossible de aouscriïe à la théorie de M. EavaisEon qui pense que l'original de la Vénus de Milo aurait été groupé avec une statue du type du Mars Borghèse, un Thésée sniTant lui. Voir le mémoire de M. Ravaisaoû, la i'èam de Milo, Mém. àe l'Asad. des I»sci:, t. SXSIV, 1" partie, p. 83.
2. Fnrtwaengler, MeUterwerî:e, p. 121, note 5. L'auteur fait remarquer très justement que la statue du Louvre est seule, parmi les répliques, à présenter cette particularité. On a aussi expliqué cet anuesu comme un bourrelet de cuir destiné à soutenir la cnèmide ; mais U est placé trop haut pont sei-rir k
3. Pansauias, I, 8, 4. C'était un temple d'Arts, où se ttouralent encova deux statues d'Aphrodite, et une AthiêiLa (te Locros de Facos.
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de celle d'Alcamènes. Le Mégarien Théocosmos, auteur d'un Zeus Olympien pour sa ville natale, a fréquenté l'atelier de Phidias. Cela est moins certain pour Pyrrhos,. connu par une statue d'Athéna Hygie dont la base demi-circulaire est encore en place, en avant d'une des colonnes des Propylées '. Plutarque se fait l'écho d'une tradition po-
Tête du H Mars Bor^hése ». (Musée du LouTra)
pulaire, en racontant comment cette statue, commandée par Périclfes, perpétuait le souvenir d'un miracle d'Athéna, qui avait sauvé la vie à un ouvrier tombé du toit des Propylées ^. Mais il est plus probable
1. La base est reprodiûte par Jane Harriaoa, Mythol. and Mon. o/anc. Atkms, p. 389. Cf. pour l'inscription, Loewy, Inschr. gr. BSdh., p. 44, n" 53.
!. Plntarque, Féridèii, 13. Cf. pont la diecusaion du teite, Woltecs, Mitlheil. Alhe«, STI, 1891, p. lès, et ccoqoxB de la base, pi. VI.
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128 L'INFLUENCE DBS GBANDS MAURES.
que la dédicace de l'œuvre de PjTrhos a eu lieu au début dé la guerre du Péloponnèse, peut-être à l'occasion de la grande peste d'Athènes. Nous ne possédons aucune copie certaine de la statue de Pyrrhus '. La forme de la base, les traces qu'elles conservent, semblent seulement indiquer une attitude immobile, comme celle de la Parthénos. On ne saurait donc considérer comme une réplique exacte la statuette grécoromaine trouvée à Épidaure, oii la déesse marche rapidement, la tête tournée, les draperies flottant au vent. Mais cette figure dérive bien d'un original attique de l'école de Phidias, et prouve qu'un autre sculpteur, contemporain de Pyrrhos, avait sans doute conçu un type diflerent d'Athéna Hygieia '.
§ 2. — L'ÉCOLE DE MïRON ET LES SCULPTEURS INDÉPENDANTS.
II ne faut pas prendre au pied de ia lettre le mot de Pétrone sur Myron, lorsqu'il écrit que le maître d'Eleuthères « n'a pas trouvé d'héritier^. » Le réalisme dont Myron avait si brillamment donné la formule compte encore des partisans dans la seconde moitié du cinquième siècle ; le plus connu est Lykios, le propre fils de l'auteur du Discobole. Lykios excelle, lui aussi, dans l'art du bronze, et il fait bonne figure parmi les artistes qui, dans les dernières années du gouvernement de Périclès, et au moment de la paix de Nicias, contribuent à la décoration de l'Acropole. Une de ses œuvres frappait les yeux de ceux qui en gravissaient l'entrée. C'étaient deux chevaux de bronze, plus petits que nature, dédiés par trois hipparques, Lakédaimonios, sans doute le fils de Cinion, Xénophon, et Pronapès. Ils se dressaient sur des bases récemment retrouvées, en avant de l'aile droite des Propylées, non loin du temple d'Athéna Niké, et rappelaient l'heureuse campagne d'Eubée conduite par Périclès en 446 '. Plus loin, entre les
I. H. MichaeliB pensée, un type d'Athéna connu par une statue deCasael, Mitthdl. AUwn,!, p. 699. Voir las objections de Puchsteûi, Jahrb. des arcA. Inst., V, 1890, p. 93, 3. 'Emu. àpx; 3886, pi. 12, n" I. Cf. Petetsen, MUihea. Alheii, 1886, p. 303.