‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 84 sur 330 · Voir Pachstein, Da3ioaitcheK(^ilel,p · texte numérisé non relu

Voir Pachstein, Da3ioaitcheK(^ilel,p

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plement à la présence de statues féminines à attributs marins ' ; il n'ex- .plique pas la destination de l'édifice. En réalité c'était, comme l'hérôon de Trysa, un monument funéraire, à la fois tombeau et trophée de victoire, élevé en l'honneur du chef lycien qui figure sur le fronton oriental, entouré de sa famille^. Le luxe de la sépulture, les souvenirs de batailles et de victoires que rappellent les frises, permettent de songer à l'un de ces dynastes qui résidaient à Xanthos, mais exerçaient sur les autres villes lyciennos une sorte de suzeraineté. Les monnaies nous en font connaître plusieurs, Kuperlis, Khreis, qui dans une importante stèle de Xanthos se vante d' « avoir enlevé nombre d'acropoles avec l'aide d'Athéna preneuse de villes »\ Toutefois l'hypothèse la plus vraisemblable permet d'attribuer le monument au dynaste Périclès, qui, d'après le témoignage de Théopompe^ s'empare de Telmessos, sur le golfe Glaucos'', et devient le souverain de toute

1. Il a été proposé par W. Lloyd, Xanlhia» marilei, The Nereidmonumevt, LondreB, 18-15.

3. M, Micbaelis a réfuté les iinciennes hypothèses de Fellows et de LIajd qoi ; iecoQii^sEa.ieat, le premier un trophée de Tiotoire rappelant la conquête de la Lyoie par Harpagos, en 540, le second nn monument de la délivrance de la Ljoie, après la bataille de rBurjmédon. Micîiaelis, Aimali^ lac. cil.

3. Babelon, Calai, dus inonnaiee givi^ses. Les Peries AtMiaénides, introd., p. XOTIU-CIl.

i. Théopompe, fiag, 111 âaaslea Fros>n.MilOii<:.graec.,éd,. Didot,I, p. 295. Cf. Michaelis, Ân»ali, 1875, p. 170.

SCULl'TURB SRBCQTB. — T. II. . 28

Fig. 103. — Eestanration du Monument des Heiéides daprÈ Falkener. (The Muséum tf clas i al A ( quitter P '5 )

la Lycie. L'étude des monnaies lyciennes fournit des points de repère pour établir la date de ces événements. Périclès le Lycien règne avant 374, et le teste de Théopompe place vers 375 la prise de Telmessos*. D'autre part, la domination du dynaste ne parait pas s'être prolongée au delà de 362; à cette date en effet, après nue révolte réprimée par Mausole au nom du grand roi, la Lycie est annexée à la satrapie de Carie. Si le monument de Xanthos est bien l'hérôon de Périclès, et si, comme on peut le croire, il a été élevé de son vivant, il en résulte que l'édifice appartient à la première moitié et sans doute au premier quart du quatrième siècle*. Il nous reste avoir jusqu'à quel point le caractère des sculptures s'accorde avec cette hypothèse.

Le British Muséum possède d'importants fragments de quatre frises. Deux d'entre elles appartenaient certainement au soubassement; la plus basse courait au niveau de la troisième assise ; l'autre se développait à la partie supérieure, au-dessous de la rangée d'oves qui formait corniche. De ces deux frises, la plus soignée, la plus considérable par ses dimensions, est la première. Le sculpteur avait représenté un combat en plaine, sur un terrain favorable à la cavalerie. Des soldats à pied sont aux prises, mais un corps de cavaliers prend part à l'engagement. Les costumes sont très variés. D'un côté, les combattants sont nus, avec le casque et la chlamyde, comme les héros mythologiques d'une frise grecque ; d'autres, du même camp, portent la cuirasse à lambrequins ou à deux pièces (^fuaWewfa^), avec le casque à haute aigrette. Dans le camp ennemi, les soldats portent surtout la tunique longue, qui leur donne une allure efféminée ; quelques-uns ont la tunique à manches, avec un bonnet semblable à la tiare persique^. Il est bien difficile de décider si l'artiste a voulu représenter aux prises des Lyciens

1. J. p. sis, Manaaies l^cUmies, Revue ntaaisniatiqae, 1887, p. 76. Babelon, op. ciS., p. OX. M. Pnrtwaengler, qnl place encore an cinquième siècle la conatruction du monument des Héréides, Bnppoaeque la prise de Telraessoa peut remonter plus haut. SuÎTantlui, elle ponrtait être un peu postérieure h 425, c'est-à-dire à l'époque où Telmessoa paie encore le tribut à Athènes. Aroh: Zeilimg., 1882, p. 369. Maie M. Sii a démontré que la ville mentionnée dans les listes de tributaires {Corp. inscr. atlk., I, 37 et 334), est non pas Telmessoa, mais Telemessos de Carie. [Monnaies lyciennes, p. 93#Cf, Perrot et Chipiei, H'ut. de l'art, V, p. 356, note 1). L'indication chronologique du texte de Tbéopompe garde donc tonte sa valeur, et ce récit n'a pas, comme le suppose 51. itiohaelisj un caractère épisodiqiie.

2. Cf. J. Sii, Joarnal o/Sellen. Sliidies, Xllt, 1392-1896, p. 133.

3. Momimenli iiiediti, X, pi. 13-14. Bninn, IJenimoefcr, n* 311-215.

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L'EPOQUE DE TBANSITION. 219

et des Cariens ; aussi bien, il nous importe pen, car l'intérêt de la frise est de nous montrer une habile adaptation d'unsujet bien connu : un combat de Grecs et d'Amazones. Considérez les procédés de groupement; vous reconnaîtrez les oppositions variées, les épisodes pathétiques, avec lesquels la sculpt^lre décorative attique nous a familiarisés. Voyez ces soldats à la longue tunique flottante, qu'on serait tenté de

prendre pour des femmes, si le sculpteur n'avait pris soin d'indiquer leur virilité ; vous n'aurez pas de peine à y découvrir une simple transposition du type des Amazones (fig. 103) . Et voici d'autre part des emprunts manifestes au Parthénon, à Phigalie, à Trysa, ou tout au moins des concor4ances attestant que le sculpteur a puisé aux mêmes sources. Tel cavalier qui galope au milieu de la mêlée semble une copie afiàdie d'un cavalier des Panathénées. Les blessés couchés sur leurs chevaux font penser à la frise de Phigahe, et le cheval qui s'agenouille pour permettre à son cavalier de descendre, accomplit la manœuvre familière aux montures des Amazones, témoin la frise de Trysa'. Il y a là

1. Cf. Benndorf et Niemann, Sas Serom von Gjàlltaschi-Trgia, p. 140,

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comme un habile amalgame, qui dissimule le plagiat. Et malgré tout, la frise a une singulière unité qu'elle doit surtout à la facture du basrelief : style facile, exécution grasse, coulante, qui laisse je ne sais quelle impression de mollesse, et comme une saTCur de goût ionien.

La petite frise du soubassement nous ramène à une donnée que nous avons déjà Tue traitée à Trysa dans la scène de la Prise de Troie. Mais ici la composition est plus étendue, et l'artiste raconte, dans une série d'épisodes, l'attaque, le siège et la capitulation d'une ville'. Chacune des faces est consacrée à un épisode distinct. 1° Face sud. Bataille en plaine. La garnison de la ville assiégée fait une sortie. De chaque c6té accourent les bataillons rangés en bel ordre, les files alignées en front de bataille, les hommes marchent du même pas, le bouclier au bras gauche (fig. 104). Cependant la mêlée s'engage au centre ; l'ordre est déjà rompu ; on lutte corps à corps ; on emmène des blessés. Les soldats des deux camps portent d'ailleurs le même costume, casque et cuirasse de formegrecque avec la tunique plus ou moins longue. 2°Face est. L'assaut. La ville assiégée est figurée par une porte que défendent des ouvrages avancés, au-dessus desquels apparaissent les têtes casquées des défenseurs. Due vigie donne l'alerte, tandis que les assiégeants appliquent une échelle aux murailles, et que s'avancent les bataillons d'assaut (fig. 106). Ceux-ci ont déjà fait des prisonniers qu'on conduit au camp, les mains liées derrière le dos. 8' Face nord. Le blocus de la ville. L'assaut a été repoussé et l'ennemi fait un siège en règle. On combat devant l'une des portes ; mais les défenseurs sont aux créneaux et garnissent le triple mur d'enceinte qui protège la ville (fig. 106). Cependant l'alarme est dans le pays ; les gens de la campagne se réfugient dans la ville ; l'un d'eux amène son âne, d'autres apportent leur mobilier. Face ouest. La capitulation. Toute la partie gauche montre la ville désertée par les assiégés. On aperçoit en perspective les portes, les tours, les courtmes, les maisons aux toits plats, parmi lesquelles apparaît un tombeau couronné d'un sphinx et d'un lion. Vous retrouvez là l'aspect d'une ville lycienne, tel que le reproduisent les bas-reliefs sculptés dans le vesti-

■.iinedili. S, pi. ^ô.lS.3r^aa, Denhaader, n»- 317, 2XS, ÏI8. 1 liTOMBrordrerestitoéparM. MiohaelÏB, Annali.lSli, p. 216 e

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■ bute d'un tombeau, à Pinara '. Plus loin le vainqueur reçoit la soumissionnes vaincus (iîg. 107). Assis sur un trône, coiffé d'une tiare persique, et abrité sous un parasol, il donne audience aux chefs de la ville

Fig. 104. — Bataille en plaine. MonuDient des Néréides. Petite frise du eonba

prise qui se présentent en costume civil, conduits par des officiers tandis qu'un soldat malmène rudement un prisonnier.

Au premier abord, on est frappé de l'esprit réaliste de la composition,

. Bedndorf et KiemaDn, Sei'ei

n Lyhen, I, p, 63-54. Cf. Peo'ot et Chipiez, T, p. S

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et du caractère historique dont elle est empreinte. On songe à l'Orient asiatique, plutôt qu'à la Grèce, et on se rappelle les pages d'histoires sculptées par le ciseau des artistes assyriens. Pourtant, depuis les découvertes de Ghieul-Baschi, nous possédons d'antres termes de comparaison, qui nous ramènent à la Grèce. Les bas-reliefs de Trysa nous ont fait connaître des particularités analogues : batailles rangées, représentations de villes assiégées, files de soldats vues en perspective ; il n'est pas jusqu'à l'épisode de l'ânier conduisant sa bête qm ne s'y retrouve un peu modifié. Si pour les frises de Trysa nous avons été amenés à supposer des modèles grecs, quelles raisons de les écarter pour les bas-reliefs de Xanthos? Et n'est-il pas vraisemblable que l'artiste avait en mémoire des peintures murales dont il s'inspirait'? Toute la question est de savoir dans quelle mesure il avait, pour ainsi dire, démarqué son modèle. Or, pourquoi ne pas faire crédit d'une certaine part d'invention, aux sculpteurs qui entreprenaient des travaux de ce genre ? Pour nous, la frise de Xanthos est une adaptation où l'artiste, puisant sans doute aux mêmes sources que son confrère de Trysa, s'est émancipé néanmoins, et a donné à la composition un caractère local. De quelque scène de la légende, il a pu faire une scène de l'histoire lycienne, et rien n'empêche de croire qu'il ait en réalité raconté la prise de Telmessos par le Lycien Périclès. N'avaït-il pas déjà transformé, dans le même sentiment, un combat de Grecs et d'Amazones en une bataille gagnée par son héros ?

Les frises de l'ordre et de l'intérieur sont moins importantes, moins soignées pour l'exécution ^ Elles ont cependant l'intérêt de nous montrer des scènes empruntées à la vie lycienne. Dana les bas-reliefs de l'entablement, des tributaires en costume grec ou asiatique apportent la dîme, pièces de gibier, corbeilles de grains ou de fruits (fig. 108) ; plus loin un combat de fantassins et de cavaliers ; ailleurs des chasses à l'ours (%. 109) ou au sanglier, un des thèmes favoris de la sculpture

1. M, SiK fait remavquer très jnatemeat que dama une fresque dn Poeoile, représentant la bataille a'Wuoé, on voyait les combattants en ordre de bataille ; AiiTii Bi ^ OToà np Sia ^bi 'Afliiviiauç Ij;^' t£taYli.!vouî il Oi-iffïi Tïi; 'Apitia.; Ivaitia Aansfiaifioviuiv. PaosaniaS) I, 15, 1. M. Sis admet qne la bataille d'Oinoé se place vers 394 on 393. La fresque serait donc postérience à celles de Micon et de Poljgnote. Jeaniaîo/HelL Sfadies, Xin, 1893,1893, p, 132. 3. Mon. inediti, X, pi. 17-18. Brunn, Deninnaeler, n" 21S.

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funéraire en Lycie, et dont on n'a pas de peine à reconnaître l'origine ionienne ' . Enfin, les sujets de la frise de la cella, sacrifices et banquets de victoire, personnages conversant entre eux, ont plus d'un rapport avec les sculptures de Trysa.

Fig. lOS. — Lao MmiîNéd

Pig. 107. — La ap n

Les influences grecques reparaissent presque sans mélange dans les sculptures des frontons. Les bas-reliefs des tympans représentent, k l'ouest, une scène de combat, dont l'exécution rappelle celle de la frise

I. Les Ecimes ûe ohasse Égarent fréquemment sur les audene vases ioniens du sixième Eiécle. Cf. un vase du Louvre représeutnut une chasse au ceif. E, PotUeCj ShJZ. de carre^. helién., Tl, lS92,p. 2fi7-2Ci9,

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du soubassement; à l'est, le chef lycien assis sur un trône en face de sa femme, assise comme lui, et relevant son voile avec le geste élégant si fréquent sur les stèles attiques. Des personnages de proportions décroissantes occupent les ailes, et tout ici rappelle le style et les procédés de composition des bas-reliefs attiques '. Mais surtout nous devons prêter attention aux groupes en ronde bosse qui formaient acrotères, et surmontaient l'angle supérieur des frontons. C'est là qu'il faut replacer deux groupes mutilés montrant chacun un jeune homme nu, aux formes pleines et robustes, enleva.nt une femme, sans doute les Dioscures et les filles de Leucippe (fig. 110) '. Ajoutez de chaque côté

une figure de femme courant, comme permettent de le faire quatre torses féminins, de mêmes proportions, conservés au British Muséum 3, vous restituerez facilement les groupes d'acrotère ; deux figures centrales, à savoir un Dioscure et une Leucippide; deux figures latérales, les compagnes de la jeune fille fuyant effrayées \ Ainsi, le Monument des Néréides nous offre un nouvel exemple des procédés de groupement que nous avons observés dans la sculpture monumentale du quatrième siècle, à Délos, par exemple. Des analogies aussi étroites ne sont pas fortuites, et nous y trouverons des indices précieux pour étabhr la date de l'hérôon de Xanthos.

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