Suétone, J¥ero,oh
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thèse ne saurait suffire à résoudre le problème. Le type figuré sur les monnaies de Néron est en effet très répandu : c'est celui que nous conserve, entre autres, une statue du Vatican, en marbre italien, trouvée à Tivoli avec des statues de Muses, et il s'agit bien ici d'un Apollon, d'un type statuaire dont l'origine paraît remonter au quatrième siècle'. Admettons, ce qui est fort plausible, que les statues de Néron fussent de pures adaptations d'une œuvre grecque : l'empereur ne pouvait trouver de meilleur modèle que l'Apollon palatin; et les ressemblances entre ses monnaies et la statue du Vatican trouvent dès lors une explication toute naturelle, si, comme nous le croyons, cette dernière dérive de l'œuvre de Scopas '. Rien dans la conception ne dément cette hypothèse. L'attitude inspirée, l'expression pathétique du visage, le mouvement de la tête, répondent bien à ce que nous savons déjà des prédilections particulières du maître parien. Reste la question de style, et ici nous devons nous montrer fort réservé. Il serait injuste de juger Scopas d'après une copie manifestement romaine, réplique banale, où le motif seul appartient au sculpteur grec.
Il faut sans doute rattacher encore à la période attique les œuvres exécutées pour Thèbes, comme l'Artémis Eukleia, et l'Athéna Pronaia de risménion. Un groupe qui se trouvait à Mégare mérite plus qu'une simple mention. Scopas avait représenté un Eros groupé avec Pothos, la passion, et Himéros, le désir. Voilà bien un des thèmes favoris de l'art du quatrième siècle ; le>s personnifications dès sentiments sont bien dans le goût attique, et les peintres de vases multiplient à l'envi les gracieuses figures ailées oh elles ont pris corps. Mais qui pourra dire ce que Scopas avait pu y mettre de passion et de charme?
La collaboration du maître de Paros aux travaux du Mausolée se place, nous l'avons vu, vers la fin de sa carrière. Mais avant de mettre son talent au service de la veuve du roi carien Mausole, il avait sans doute trouvé dans les villes grecques de l'Ionie un champ ouvert à son
1. Ovecbeck, ibid.., p. 186, pL XXI, n" 33. "Helbig-Toutain, Guide, I, n" 287. Cf. BaumeiEter, Denkiaader, I, p. 99, fîg. 104. Tout en combattant l'identiScation avec la statue de Scopaa, OTerbeek teconnatt que l'invention du type appartient bien au quatrième siècle (p. 137). M. Furtwaengler n'hésite pas â. y reconnaître la copie d'un bronze de Scopas. (Meiiterwerlie, p. 536.)
2. Telle est aussi l'opinion de M. Pnrtwaangler, dans le Lexihm der gr. unâ roem. Mythologie &fi Eosoher, I, p. 463.
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activité. Avec les instincts voyageurs de sa race, un Grec des îles devait ae sentir attiré vers des villes riches et populeuses, comme Ephèse et Cnide. Les Cnidiens possédaient, en effet, un Dionysos en marbre de Scopas ' . Les Éphésiens montraient dans un de leurs temples une œuvre plus importante : une Latone et une Ortygie tenant dans ses bras Apollon et 4rtémis enfants, conception qui n'est pas sans rapport avec l'Eiréné de Képhisodote ^. Son séjour à Ephèse est certain puisqu'il sculpte une des colonnes du nouvel Artémision, commencé vers 340, et encore inachevé en 334. Une notable partie de ses œuvres était d'ailleurs disséminée dans les villes de la Grèce orientale. Ainsi à Samothrace, oh son groupe d'Aphrodite et de Pothos recevait les honneurs rehgieux dans un sanctuaire de l'île*. Non loin de là, la ville de Chrysé, en Troade, lui avait commandé une statue d'Apollon Sminthien, destinée à un culte local ; le sculpteur n'avait eu garde d'oublier l'attribut du dieu, un rat, placé devant lui^ Des monnaies d'Alesandria Troas, frap- Fig. 122. — l' Apollon
, (-1 1 , /-) II I Sminthien de Soopaa.
pées sous Commode et (Jaracalla, nous ont con- Monnaie d'Aiesarservé le type de la statue. Le dieu avait le pied <i"a ttom. droit posé sur une petite éminence; incliné vers le sol, il semblait avec un rameau de laurier agacer le petit animal (fig. 121) -l Par la liberté de l'attitude, l'Apollon de Scopas contrastait singulièrement avec la vieille idole de culte, raide et guindée, reproduite également sur des monnaies de la basée époque impériale (fig. 123).
Nous ignorons la provenance de plusieurs de ses statues enlevées à la Grèce et transportées à Rome. Quand le vainqueur des Lusitaniens, L. Junius Brutus Gallaecus, célébra son triomphe, après une campagne de deux années (138-136 av. J.-C), il construisit un temple à Mai^, et y plaça un Ares assis, statue colossale signée de Scopas.
Pline, A^ai. ffiji., se. 22.
Straboa, XIV, p. 640.
Pline, JVn(.fl'i»(.,6S, 25.
Oyerbeck, Schri/tguelUn, n-^» \163-1170.
OTerbeot, Griech. Kmistmyihdogie, III, Apollon, Mûmtafel, V, n"' 9, 10. Cf. Fnrtwaenglei, Meiater- ■ke.
i. Overbeck a proposé de le ceoonn^tre dans nu personnage assis, 'o.as divinité sans aucun doute
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Nous croyons volontiers que l'Arès Ludovisi, conservé au musée Boncompagni, nous conserve le souvenir de l'Arès de Scopas (&g. 124) '. Dans cette œuvre robuste et forte, le dieu de la guerre est représenté au repos, le pied gauche posé sur son casque, les mains croisées sur le genou, la gauche tenant l'épée au fourreau. C'est la même attitude familière que fui avait déjà prêtée Phidias, dans la frise du Parthénon. Mais il faut faire abstraction du petit Eros qui joue aux pieds du dieu, et lui touche familièrement la jambe. On y reconnaît sans peine une addition du copiste, qui complique inutilement les lignes, transforme en un sujet d'épigramme de l'Anthologie la conception de Scopas, et y introduit un accent de mièvrerie peu compatible avec l'aspect calme et tranquille de cette belle figure.
Le même Brutus Gallaecus avait eu la bonne fortune d'enrichir son temple d'une autre statue de Scopas, très admirée, une Aphrodite nue, qui, au dire de Pline, surpassait en beauté la
tmen. Monnaie aAlesan- "o /~< • i- n -n -.ii » ^.
^^,.^ T^^^g^ tameuse Umdienne de Praxitèle % Si sommaire
qu'il soit, ce renseignement ne doit pas passer inaperçu. C'est, en effet, la première fois que nous rencontrons îa mention d'une œuvre statuaire montrant Aphrodite dans tout l'éclat de sa beauté dévoilée ^. Voilà bien le dernier terme où conduisent ces essais progressifs de dévoilement qu'on peut observer, encore timides, dans la Vénus drapée d'Alcamènes. On a souvent reporté à Praxitèle l'honneur d'avoir, par un coup d'audace, enlevé à la déesse son dernier voile. Mais le maître athénien avait eu un prédécesseur ; et des deux artistes contemporains, l'audacieux semble bien être Scopas.
Nous aurons achevé d'énumérer les œuvres d'origine inconnue., en signalant un groupe considérable que Cd. Domitius Ahenobarbus
qui figure sor nu médaiUon de l'arc de Couataatin, an-deasus des ligures de Trajan et d'Hadrien (Griech.Plaitik, 11,3' éd.,:ff. 13, Sg. 97. Cf. Weil, art. Skopm, di,as \es Ben&iaaeler deSumaeiEterj. TSaia M. Panersen a démontré que oe personnage est VSei-cules Viaar ou Invictas. Roem. MUthsil., IV, 1SS9, p. 830 et BuiTautes. Ce médaillon est reproduit dans les Antihe Seiihnaeler^ I, pi. 42, fig. 4.
1. Helbig-Toiitain, ffwïde,]!, n" 883 et la bibliographie citée. Furtwaengler, l/eisêarwcrie, p. 626-526, combat la tliéorie qui attribue l'Arès Lndoïisi à l'école de Lysippe.
2. L'Aphrodite sortant de l'onde, sculptée par Phidias sur le trône du Zene olympien, était uue figure en bas-relief ; et d'ailleurs noua ignorone abaolnroent comment Phidias l'avait repréeantée.
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