Iliosj trad. fr., p
S. Les céramiques d'Hissarlik ont été étudiées en détail dans des travaux spéciaux ; nous n'avons pas à y insister. Nous renvoyons le lecteur aux ouvrages les plus récents consacrés aux vases grecs ; I)umont et Chaplain, Us Céramiques de la Grèce ^propre^ p. 3-18. 0. Eayet et M. Gollignon, Histoire de la Céramique grecque^ p. 3-7.
4. Il est à peine besoin de signaler la théorie de M. Schliemann qui voit dans ces vases l'image d'Athéna yXauxtoTiiç. C'est une erreur qui a été suffisamment réfutée. Voir Fr. Lenormant, Les Antiquités delà Troade, 1^^ partie, 1876, p. 24.
* par exemple, avec un ventre rebondi et de courfes jambes (fig. 1). Outre les vases modelés, la plastique est représentée dans la collection d'Hissarlik par des idoles d'un exécution sommaire, où l'imitation de la forme humaine est réduite à ses éléments les plus simples^ (fig. 2). Les unes sont en matière dure, en marbre, en os, ou en trachyte. Dans ce cas, l'ouvrier s'est borné à découper naïvement les contours d'une tête et d'un buste, et il a indiqué les détails, le nez, les yeux et les colliers qui servent de parure, soit par des traits incisés,
soit à l'aide de quelques touches de couleur noire. Les autres idoles sont en terre cuite, et reproduisent les mêmes formes rudimentaires, avec des appendices qui figurent les deux bras relevés^. On a peine à croire que ces informes ébauches puissent être autre chose que le produit tout spontané d'une civilisation encore barbare; elles sont l'oeuvre de mains tout à fait inexpérimentées ; un enfant qui s'amuse à modeler de l'argile ne fait pas autrement.
Considérée dans son ensemble, la collection d'Hissarhk nous montre une industrie à ses débuts, ou tout au moins fort attardée. Cependant, les anciens habitants de la Troade étaient-ils privés de tout contact avec le monde oriental? A certains indices, il est permis de croire le contraire. Il est bien probable qu'ils entretenaient des relations commerciales avec les autres peuples de l'Asie Mineure. Ainsi l'étain qu'ils employaient comme aUiage leur venait du dehors, sans qu'on puisse en indiquer la provenance. Quelques morceaux de terre vernissée, rappelant la technique usitée en Egypte, des fragments d'objets d'ivoire finement travaillés, nous autorisent à supposer un commerce d'importation; on en peut dire autant d'une tête de lion en cristal de roche qui décorait sans doute un sceptre^ Comme il arrive le plus sou-