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Journal of Ilell. Stiidles, vol. X, pi. IV

182 LES PKIMITIFS.

elle se propage jusqu'en Troade. Nous rattaclions sans peine à cette école les étranges bas-reliefs d'un vieux temple dorique, qui couronnait l'acropole de la ville d' Assos, située au bord du golfe d' Adramytte, en face de Lesbos. On sait comment le musée du Louvre en possède une bonne partie. Les ruines du temple avaient été reconnues pour la première fois par Choiseul-Gouffier \ Les voyages de Huyot, en 1817, de Texier, en 1835, attirèrent l'attention des archéologues sur une importante série de sculptures, provenant de cet édifice, et grâce à l'active intervention de Raoul Rochette, notre musée s'enrichit, en 1838, de dix-sept dalles sculptées, données à la France par le sultan Mahmoud IP. En 1881, les fouilles exécutées par l'Institut américain d'Athènes, et dirigées par M. J. Thacher Clarke, ont amené la découverte de huit nouveaux fragments ^

Comme celle du temple, la matière des sculptures d' Assos est fournie par le trachyte qui forme le sol de l'Acropole : de là leur aspect sombre et triste. Elles font d'ailleurs corps avec l'architecture, et comprennent à la fois une frise et des métopes qui, suivant l'ordonnance dorique, alternaient avec des triglyphes. Les métopes représentaient des Centaures, des animaux, par exemple un sanglier paissant; deux d'entre d'elles, trouvées dans les fouilles américaines, montrent un combat de guerriers, et un homme poursuivant une femme \ Quant à la frise, par une disposition tout à fait inusitée, elle couvrait les blocs qui formaient l'épistyle, immédiatement au-dessus de la colonnade ; et là aussi, comme à Éphèse, il est bien difficile de ne pas retrouver le souvenir des revêtements métalliques , appHqués à l'architecture en bois. En l'état actuel des marbres, on ne peut songer ni à restituer la frise, ni à en déterminer exactement les sujets. Toutefois, M. Clarke suppose avec raison que la partie centrale, sur la façade , était occupée par un des bas-rehef s trouvés dans ses fouilles : deux sphinx accroupis ,

1. Voyage pittoresque de la Grèce, Paris, 1809, t. II, pp. 86-88.

2. Ces bas-reliefs ont été publiés dans les Monumenti inediti delV Inst. ardu, vol. III, 1839-1843, pi. 34 ; Cf de Witte, Annalï, 1842, p. 317 ; Clarac, Musée de sculpture, II, pi. 116 A B; Texier, Description de l'Asie Mineure, II, pi. 112-114, et pages 200 et suivantes.

3. Voir le rapport de M. Clarke : Report on tke investigations at Assos, 1881, hy Joseph Thacher Clarke^ (Papersofthe arch. Institute of America, Boston, 1882.) Les fragments trouvés dans les fouilles américaines sont au musée de Tchinly-Kiosk, sauf un, conservé au Muséum ofjine Arts de Boston.

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