Ibid., pi. 12, fig
drapées clans des vêtements aux plis larges et réguliers (fig. 89) \ c'est que les sculpteurs les ont précédés dans cette voie, et qu'ils ont appris, par l'observation du modèle vivant, à rendre avec plus de vérité l'agencement harmonieux du costume liellénique.
Cette sorte de répugnance pour le nu entraîne certains défauts.
Nous avons déjà signalé le goût pour les formes rondes et enveloppées qui caractérise l'école ionienne.
En voici un nouvel exemple, que rendra plus frappant la comparaison avec l'art des îles. Une statue du musée de Lyon, ionienne à coup sûr, présente un type analogue à celui des statues de Délos : c'est une Aphrodite, pressant sur son sein une colombe ". (fig 90). Au lieu d'offrir les fines ondulations qui couvrent le chûomskos des statues déliennes, ici, la tunique collante est traitée comme une étoffe épaisse et unie; les pHs du manteau sont larges et plats ; l'artiste a apporté une véritable nonchalance dans le rendu des bandeaux de la chevelure, et des boucles qui tombent sur le sein; enfin le type du visage est empreint d'une certaine mollesse qui a pu faire croire un instant à l'origine chypriote de la statue de Lyon. Si heureusement doué qu'il soit, peutêtre même à cause de ces dons brillants, l'art ionien pèche par défaut de volonté. Combien , dans la Grèce continentale, la sculpture va se montrer plus âpre à la lutte, plus acharnée à la conquête de la vérité !
Fig. 00. — ■ L'Aphrodite à la colombe, statue de marbre du musée de Lyon.