‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 27 sur 293 · Bidletin de corresp. hellén., 1886, pi. II · texte numérisé non relu

Bidletin de corresp. hellén., 1886, pi. II

de lances et de boucliers échancrés ou rectangulaires, sont aux prises avec un lion qui bondit vers eux ; le fauve a renversé un des chasseurs et

tient tête aux autres, tandis que dans la partie la plus étroite du champ, deux lions détalent à toute vitesse. Sur le revers, est figuré un lion dévorant une gazelle, et mettant en fuite le reste du troupeau. A voir le costume des personnages , leur armement, rallongement excessif du corps des animaux, on songe tout d'abord à Tart de l'Egypte. L'influence égyptienne est encore plus marquée dans le décor d'une autre lame, où. l'on reconnaît sans peine un sujet très familier aux artistes des bords du Nil (fig. 9) ^ Sur les rives d'un fleuve représenté par un ruban d'or pâle parsemé de poissons, deux panthères poursuivent des canards qui s'envolent à tire d'aile au miheu de bouquets de plantes fleuries, incHnées par le courant : ces plantes sont des lotus, et le fleuve n'est autre que le Nil. Le caractère de la composition, le choix, du sujet, le lieu de la scène, tout cela nous transporte bien loin de la Grèce. Ajoutez que des armes semblables, offrant le même travail de damasquinure, ont été trouvées dans le tombeau de la reine Ahhotep, femme d'un roi de la XVIF dynastie (seizième siècle) ^ ; que l'art de travailler les métaux précieux était arrivé à sa perfection au temps des premiers Ramessides, et qu'enfin une pareille technique, si minutieuse et si délicate, dépassait sans doute l'habileté des orfèvres mycéniens : tout cela constitue des présomptions bien fortes en faveur de l'origine étrangère de ces poi-

Page 1