Anthologie grecque, II
elle s'épanouit dans toute^sa liberté. Mais si le rôle d'un maître se mesure à l'étendue de l'action qu'il exerce , on ne saurait craindre d'exalter outre mesure le grand sculpteur d'Athènes, en le plaçant bien au-dessus de ses contemporains. Dans la suite de cette étude, où nous aurons à passer en revue les maîtres de second rang, à retracer l'histoire de la sculpture décorative et monumentale pendant la seconde moitié du cinquième siècle, c'est l'influence de Phidias que nous verrons dominer. Nous ne retrouverons pas seulement sa trace dans les marbres du Parthénon, qui nous conservent comme le reflet du style et de la pensée du maître ; elle se fera sentir dans les ateliers les plus humbles; elle éclairera d'une grâce infinie les plus modestes productions de la sculpture industrielle, et, franchissant les frontières de l'Attique, elle étendra son rayonnement bienfaisant jusqu'aux régions les plus reculées du monde grec. C'est qu'un génie aussi vaste dépasse les limites d'une étroite tradition d'école, et que l'esprit hellénique, dans ce qu'il a de plus général, reconnaît en lui l'interprète fidèle de ses plus hautes aspirations. Grâce à Phidias, il semble que l'art grec tout entier, sans distinction d'écoles, soit désormais pénétré et comme vivifié par un large courant d'idéalisme.
Fia. 278. — Tête d'Athéna Parthénos. (Monnaie d'Athènes.)