Pausanias, II
4. Benndorf et Memann, Eeisen in LyJcien und Karienj I, p. 95 et suivantes.
savoir ces têtes de rondins qui figurent si fréquemment sur les monuments funéraires de la Lycie.
Des découvertes récentes, dues à M. W. Eamsay, nous offrent d'ailleurs des termes de comparaison qui nous ramènent encore en Asie Mineure. Près d'Ayazinn, en Plirygie, Fexplorateur anglais a trouvé, en 1881, un tombeau creusé dans le roc, où l'on observe ce même motif héraldique des deux lions rampants, affrontés de chaque côté d'un pilier conique, comme les gardiens de la tombée Entre les sculptures du monument phrygien et celles de la porte de Mycènes, l'analogie est telle que M. Ramsay n'hésite pas à les attribuer au même art, et à la même époque. Les tombeaux d' Ayazinn appartiennent à la période qui marque l'apogée du royaume phrygien détruit en 675 par l'invasion des Cimmériens ; ils sont du neuvième et du huitième siècle. Pour M. Ptamsay, la Porte des lions serait de la même date ; elle se placerait entre 800 et 700, au moment de la plus grande puissance des rois doriens d'Argos. Quant au caractère phrygien du bas-relief de Mycènes, il s'expKquerait par les rapports établis entre les rois d'Argos et les princes de la dynastie des Mermnades". Voilà certes une théorie aussi neuve que hardie; mais il nous est impossible d'y souscrire. Le motif des lions affrontés est certainement plus ancien qae les tombes phrygiennes d' Ayazinn. Nous le retrouvons dans l'art industriel de l'époque mycénienne, en particuHer sur un manche de poignard en ivoire découvert à Ménidi^ D'autre part, il résulte des recherches de M. Steffen ^ que la Porte des lions est contemporaine des murailles de l'Acropole; or, celles-ci datent du même temps que la terrasse 011 Schliemann a mis au jour les tombeaux en forme de puits. Il faut donc renoncer à suivre M. Ramsay dans ses hypothèses aventureuses. Mais est-il nécessaire d'établir un rapport chronologique aussi
1. Journal of Ildlenic Shtdies 1882, p. 19 et suivantes, pi. XYII. Cf. Lucj Mitchell, A History of &nc. sculpture^ p. 132; Perrot et Chipiez, t. Y, p. 110, fig. 64. M. Kamsay^a restauré, suivant un type analogue, deux lions sculptés sur la face sud d'un tombeau voisin. Journal of Eell, Sttodies, 1882^ p. 361.
2. Cette théorie a été exposée par M. Eamsay à deux reprises. Journal of Hell. Sfudies 1888, p. 370, et 1889, p. 147 et suivantes. Cf. S. Eeinach, Eevue arch. 1889, t. XIII, p. 134-135.
3. 2)as Kuppelgrah bel Menidîj pi. VIII. Voir les remarques de M. Adler, dans Tirynthe, Préface p. XXXV. Cf. la pierre gravée de Mycènes que nous reproduisons plus loin, p. 56, fig. 30.