HomoUe, Deantiq. Dlanœ simul.j pi. III, p
la série des statues trouvées à Délos, M. Homolle s'est prononcé en faveur de l'originalité du type^ ; il s'est attaché à montrer que toutes les étapes de la formation sont connues, qu'on remonte jusqu'aux éléments primitifs, et que par suite il reste peu de place pour les influences étrangères. Rien de plus juste , si l'on ne considère que la suite des statues en marbre, dont l'Artémis dédiée par Nicandra forme le premier terme ; les progrès qui s'y marquent relèvent uniquement de l'esprit grec. Mais ne peut-on pas reculer le problème, et se demander si la vue de modèles orientaux n'a pas suggéré aux Grecs cette conception première de la figure vêtue, qu'ils tirent si manifestement des formes les plus rudimentaires ? En d'autres termes, n'est-ce pas au temps de la sculpture sur bois que les influences orientales ont pu exercer leur action? MM. Brunnet Homolle" reconnaissent eux-mêmes quelques analogies entre l'Artémis délienne et certaines statues assyriennes, comme celles du dieu Nebo et du roi Assournazirpal, conservées auBritish Muséum^ : même robe longue, serrée à la taille par une ceinture; même apparence rigide de l'étofi'e, où aucun pli n'est indiqué. Et de plus, la disposition de la chevelure rappelle, de loin il est vrai, la coiffure des statues égyptiennes. A coup sûr de tels indices ne permettent pas de conclure à une fihation directe. Nous croyons seulement que l'influence des modèles orientaux a du être générale au temps où les sculpteurs en bois élaboraient les premiers types; nous admettrons volontiers qu'elle a pu s'exercer, plus faiblement il est vrai, sur la formation du type féminin, et qu'elle a simplement suggéré aux Grecs une sorte d'idée générale de la forme.
Résumons nos conclusions. Grâce au témoignage des plus anciennes statues de pierre ou de marbre , nous entrevoyons une sculpture sur bois, bien pauvre encore et qui connaît surtout deux types : celui de la figure virile nue et debout, celui de la figure féminine vêtue. Pour le premier, l'origine égyptienne ne semble pas douteuse ; pour le second, les influences étrangères sont moins sensibles. Lorsque, dans la seconde moitié du septième siècle, les sculpteurs commencent à travailler une