LIVRE QUATORZIEME
L'ÉIMF.rTF, nu 13 .lUIN ET L* EXPÉDITION DE ROME
Sommaihk : I. — Ordre de reprendre le» hostilité» contre Rome. — Armée française; se» force», position qu'elle occupe, esprit qui l'anime. — Armée romaine; sa force numérique et se» dispositions morales, garde civique, ancien» corps pontificaux, troupes d'origine étrangère; plan et description de Rome; ses forliHcations; comment elles sont utilisées par les assiégés. — Choix du point d'iiitafiue; le général Vaillant se décide à attaquer par le Janicule :
TABLK DES MATTiî;RES. 615
motifs de cette détermination. — Combat du 3 juin : prise de la villaPampliili, du couvent de Saint-Pancrace, des villas Valentiiii et Gorsini; résultat et pertes de la journée. — Quel fut, en France, le contre-coup de la journée du 3juin 151
II. — Dispositions du parti démagogique depuis les élections du 13 mai : comité des Vingt-Cinq; comité de la Presse; députés de la Montagne; concours espéré parmi les élecleurs de Ledru-Rollin, dans la garde nationale, au sein de l'armée. — On apprend l'ouverture des hostilités contre Rome. — Prétexte fourni à l'émeute : langage des clubs, des journaux, conciliabules divers. — Séance du 11 juin : interpellations sur les affaires de Rome; Ledru-Rollin : la Constitution doit être défendue même par les armes ; émotion de l'Assemblée; ordre du jour pur et simple. — Journée du 12 juin : adresses; journaux; dispositions des représentants de la Montagne; demande de communication de pièces; cette demande est repoussée, ainsi que la mise en accusation du ministère : réunion aux bureaux de la Démocratie pacifique ei bxx manège Pellier; appel aux armes rédig''; préparatifs d'émeute pour le lendemain 159
III. — Journée du 1.3 juin : rassemblements près du Chàteau-d'Eau; langage des factieux; M. Lacrosse; à midi, les manifestants se mettent en marche ;}Ordre du cortège : le sergent Terré; indifférence du public. Mesures prises par le général Changarnier : une colonne de troupes est dirigée vers le boulevard, coupe la manifestation à la hauteur de la rue dt la Paix et la disperse à droite et à gauche. — Pendant ce temps, les représentants de l'extrême gauche sont réunis rue du Hasard : ils décident de se rendre au Conservatoire des arts et métiers; Guinard et la légion d'artillerie; arrivée au Conservatoire ; M. Pouillet; les représentants de la Montagne dans l'ancien amphithéâtre; le Conservatoire mis en état de défense; confusion et irrésolution. Arrivée de la force publique. Fuite des représentants et de leurs défenseurs : attitude de Guinard; perquisition au Conservatoire; l'ordre est partout rétabli. — Sentiments de la population et de l'Assemblée : discours mémorable de Cavaignac; dévastations dans les bureaux de quelques journaux radicaux 166
IV. — Contre-coup dans les départements : Strasbourg, Toulouse, Perpignan; étrange agitation dans l'Allier. — A Lyon, une véritable insurrection éclate : dispositions des esprits dans cette ville depuis 1848; journée du 14 juin; le 15, barricades à la Croix-Rousse; combat sanglant; répression complète de l'émeute 1T9
V. — L'opinion publique se prononce avec énergie contre les artisans de troubles: mesures prises par l'Assemblée et par le gouvernement; élections complémentaires favorables à la cause de l'ordre. — La loi sur la presse : M. Thiers; M. de Montalembert; vote de la loi; ses principales dispositions. — Bruits de coup d'État : conmient ils sont démentis par le discours du président de la République à Ham et par le discours de ^I. Dufaure. — Prorogation de l'Assemijlée : le pays parait plus calme, au moins à la surface 184
VI. — Suite des opérations contre Rome : ouverture de la tranchée; construction des premières batteries de brèche; reconnaissances dans la campagne romaine. Arrivée de M. de Corcelles; son esprit; son langage. — Dernière sommation aux assiégés (13 juin); dommages causés par notre artillerie; prise (21 juin) des bastions n° 6 et n" 7. — Malgré ce succès, quelques craintes se révèlent ; difficultés pour mener à bonne tin les opérations du siège; cau-ses diverses de préoccupation»; les rapporl.s venus de Rome montrent la situation critique de nos adversaires et font renaître l'espoir d'une très prompte solution. — Combat d'artillerie (27 et 28 juin\ — Prise du bastion n° 8 (30 juin). — Impossibilité pour les assiégés de continuer la résistance; séance de l'Assemblée constituante
roniaÎDe; les délégués de la municipalité romaine au camp français; premières négociations entre eux et le {jénéral Oudinot; intervention de M. de Corcelles : on ne parvient pas à s'entendre sur les terme» d'une capitulation; il est tacitement convenu qu'on laissera les Français pénétrer dans la ville. — Entrée à Rome du {général Oudinot (3 juillet). — La nouvelle de la (in du siège est annoncée à Paris : impression dans le parti démagogique, dans le parti de l'ordre, au sein du gouvernement. — Quelles causes ont retardé le dénouement : erreur générale qui, d'un bout à l'autre, a pesé sur l'expédition 192
VII. — Les Français à Rome : mesures de police et de sûreté; clubs, presse; décisions à l'égard des troupes romaines et des légions étrangères; organisation municipale. — Commission nommée pour évaluer les dégâts causés aux monuments par le siège : comment le rapport de cette commission répond victorieusement aux calomnies accréditées par les consuls étrangers ou par la presse radicale. — Admirable discipline des troupes françaises : leur modération dans la victoire 208
VIIL — De la restauration du pouvoir pontifical; le colonel Niel à Gaéte; langage réservé du gouvernement français. — C'est seulement le 14 juillet que le général Oudinot annonce le rétablissement du Saint-Père; fête du 15 juillet : heureuses dispositions de la majorité de la population romaine; comment une seule chose manquait à cette fête, c'était la présence du Pape. — Nomination par le Pape d'une commission de trois cardinaux pour administrer en son absence : arrivée des cardinaux à Rome; leurs proclamations; leurs décrets intempestifs et maladroits : effet fâcheux produit sur la population romaine, sur l'armée française, sur le gouvernement français; le général Oudinot remplacé par le général Rostolan. — La diplomatie française à Gaéte; les iroi» évolutions de la cour de Gaéte; comment, à la fin de juin, le Pape semble disposé à n'accorder à ses sujets que des institutions consultatives; M. de Corcelles, M. de Rayneval, leurs entretiens avec le Souverain Pontife : leurs efforts pour sauver quelques épaves libérales du naufrage de 1848; note du 19 août 213
IX. — Sentiments personnels du président de la République dans la question romaine : son entretien, au commencement de juin iS4i), avec M. de Corcelles partant pour Rome; son irritation croissante contre le gouvernement pontifical; mot à M. Mole. — La Lettre à Edijar Ney : comment elle est comiuuniquée au conseil des ministres; M. de Tocqucville et M. de Falloux; publicité qui est donnée à cette lettre contre l'attente du cabinet. — Texte de la lettre; son caractère. — Effet produit en France, dans les pays étrangers, à la cour de Gaéte. — Cruel embarras des plénipotentiaires français accrédités auprès du Saint-Père : M. de Corcelles, secondé par M. de Rayneval, reml un mémorable service à la cause de la paix religieuse. — Ses efforts 1* à Rome, pour empêcher la publication officielle de la lettre à Edgar Ney; 2° à Paris, pour calmer les susceptibilités du gouvernement français; 3" auprès du Pape, pour hâter la publication de l'édit des réformes. — Apparition du Motu proprio 222
X. — Le Motu proprio : son caractère; franchises communales et provinciales; institutions consultatives. Décret d'amnistie qui accompagne le Rlotu proprio ■ déplorable rédaction et apparente dureté de ce dernier décret. — Les actes pontificaux appréciés en France et à l'étranger : colère ou dédain de» démagogue», désappointement de certains conservateurs. — Nos plénipotentiaires auprès du Pape: leur efforts pour élargirles concessions du 3/o'w ^r<'/)rio et pour amendei l'amnistie. En ce qui concerne l'amnistie, leur succès est complet. — LaréHexion amène une appréciation plus bienveillante des actes du Saint-Père 234
XI. — Eéunion de l'Assemblée législative : demande de crédits pour l'expédition romaine; occasion fournie aux représentants de porter un jugement solennel sur la politique du gouvernement français en Italie. — Commission noumiée : M. Tliiers désigné comme rapporteur. — Son rapport : approbation presque complète du Motu proprio ; la lettre à M. Edgar Ney passée sous silence. — Discussion publique; nouvelle lettre du président de la République; incident évité ; discours de M. Barrot : comment il essaye de concilier la lettre à Edgar Key et le Motu proprio. — Crédit voté 239
XII. — Etat de l'Italie à la fin de 18V9. — Naples, Florence, les duchés, Milan, Venise. — Rome : elle reprend, à peu de chose près, sa physionomie d'autrefois; le gouvernement de Pie IX. — Le calme en Italie est plus apparent que réel : aspirations persistantes vers un état nouveau. — Le Piémont s'apprête à profiter de cette disposition des esprits; funérailles de Charles-Albert ;d'Azeglio; Camille de Cavour. La France et l'Italie, comment les enseignements de 184-8 et 1849 furent perdus pour nous 243
Sommaire : 1. — Sentiments du président de la Républicjue après le vote des crédits de l'expédition romaine : défiance et irritation vis-à-vis de ses ministres. — Message du 31 octobre : impression produite : le nouveau cabinet. — Satisfait d'avoir montré sa force, Louis-lNapoléon ne se sépare point de la majorité : l'union existe, mais précaire, non cordiale. — Deux partis comuiencent à apparaître, le paru de l'Elysée et le parti de l' Assemblée. — On se prépare à aborder la loi d'enseignement 250
II. — Etablissements d'instruction publique sous l'ancien régime : époque révolutionnaire : désastreuse influence de la Révolution. — Le premier consul crée l'Université de France : caractère de cette institution : monopole qui lui est attribué. — Restauration : maintien du monopole universitaire. — Révolution de 1830 260
III. — Mouvement de renaissance chrétienne : nouveaux membres du clergé : le Père de Ravignan, l'abbé Lacordaire, l'abbé Dupanloup. — Lejournal l'Avenir: comment il échoue : dangers et avantages de cette tentative. — Le retour aux idées religieuses est surtout très marqué dans une portion de la jeunesse : fondation de la société de Saint-Vincent de Paul. — Prédications à Notre-Dame. Conversions; restauration d'Ordres religieux; œuvres de charité 264
IV. — C'est dans ce groupe catholique que la liberté d'enseignement trouve ses champions. — Monlaleiabert; son caractère : procès de l'école libre. — C'est seulement vers 1840 que se pose la question de la liberté d^enseùjnement : incertitudes et divergences; efforts de Montalembert pour réunir les catholiijues dans une action commune : son mot d'ordre est l'abolition du monopole ei la conquête du droit commun. — Attitude du gouverneuient : les quatre projets successifs dus à l'initiative ministérielle : comment iU n'aboutissent pas : causes générales de ces échecs 269
V. — Révolution de Février : mot de M. Cousin à M. de Rémusat : les idées religieuses, seule barrière contre les idées socialistes. — M. de Falloux, ministre de l'instruction publique : Domination de deux commissions pour préparer uo
618 TAI'.r^E DES MATIÈRES.
projet surrinstrnction primaire et un projet sur l'instruction «econdaire : composition de ces commissions. — Question del'enseignementprimaire. M. Thiers: étrange évolution qui s'est opérée dans son esprit; il veut confier au clergé la direction de l'enseignement primaire. — Questions d'enseignement secondaire : débat très vif : M. Thiers et l'abbé Dupanloup. — Rédaction du projet; ensemble de ses dispositions : il est déposé le 18 juin ISW sur le bureau de l'Assemblée législative 2/4
VI. — Double opposition que soulève le projet : objections des universitaires; objections de certains catholiques. — Goirimission parlementaire : embarras et perplexités des membres de cette commission : M. de Monlalembert : son décourag'Miient passager. — La commission termine son travail: M. Beugnot nommé rapporteur 284
VII. — Nouveaux retards : le gouvernement un peu moins favorable aux catholiques : ministère du 31 octobre — Proposition de renvoi du projet au Conseil d'État : renvoi voté. — Abolition du certiHcat d'études : loi sur les instituteurs. — On aborde enfin la discussion publique de la loi d'enseignement. . . . 287
VIII. — La loi rencontre trois sortes d'adversaires : les Montagnards, les universitaires, certains catholiques : Victor Hugo, M. Barthélémy Saint-Hilaire, M. Wallon, M. Parisis, l'abbé Cazalès. — Nécessité de l'union au sein de la majorité : déclarations de M. de Parieu : mémorables discours de M. de Montaleiiibert et de M. Thiers. — Seconde délibération : amendements divers : amendement relatif aux congrégations religieuses : nouvelle intervention de M. Thiers. — Troisième délibération : vote définitif 290
IX. — Avantages de la loi au point de vue religieux : comment les catholiques savent se servir de la liberté d'enseignement. Fondations nombreuses d'établisseuients. — Esprit de large équité qui règne dans le conseil supérieur et dans les conseils académiques — Le comité de l'enseignement libre. — La loi du 15 mars 1850 est un véritable eVù de pacification. — Justice imparfaite rendue par les catholiques aux auteurs de la loi. — Mot attristé de M. de Montalembert : comment cette parcimonie dans la reconnaissance peut être un sujet de regrets, non une occasion de récriminations ou de scandale 298