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Si le BOOi prmit, i-zakUvm^ atirmiîo, a éîé reproché de K^^fMn, c'est foiteque Falienuiki a ccoserré k mot sa»flwf« en même ton^ que f'ûbd^ pc-or diie vdann; et que tamtmtt a éTidemsûent nDe on^oe ooauuime arec ms»/; poiSy comiiie oo fût démer tamâi de hautmîtym^ on a été CûDdoit à rasdmîlatîoD des trois Boms Btlmm^soBut^ iexamiiwn, aaâjDÎiatioo qui joiah d'autant plus plausible que \e n]«se aneiegi, le slare, désignait le veionn par le mot
aksamitt (I) et qu^un écrivain du quinzième siècle^ iEneas Sylvius, attribue au latin kexamitum, d'où il dérive le moi uksamUiy la même signification.
Nous ne mentionnons pas le mot grec eÇafjuToç, employé par Nicétas {ï), annaliste du treizième siècle^ parce qu'il est identique au latin kexamitum, dont s'est servi Hugon Falcand au douzième siècle ; l'un et Tautre auteur parlaient des mêmes ateliers de soieries établis en Sicile.
Qu'accidentellement le mot hexamitum ait été pris pour représenter un tissu velu, lorsque ce genre d'étoffe se répandit dans la consommation après l'époque des croisades, cela est possible ; et c'est à notre avis, tout ce que veut dire iEneas Sylvius. Mais hexamitum, avait-il au onzième siècle cette signification ? Que veut-il dire dans le texte de Hugon Falcand ?
Voici la description des ateliers de Palerme faite par Falcand: a Nec vero nobiles illas palatio adhœrentes si- » lentio praeteriri convenit officinas ubi in fila variis dis- » tincta coloribus Sérum vellera tenuantur et sibi invieem i multiplici texendi génère coaptantur. Hinc enim videas i> amita dimi taque et tremita minori peritia sumptuque perp fici; hinc heximita uberioris materiae copia condensari. 1) Hic diarhodon igneo fulgore visum réverbérât^ hic dia*
(1) fit Axamit» quod latine villosum sericum sonat. niEneae Sylvii Piccoloroini opéra quœ exstant omnia. Basûeœ^ in-f>, p. 74 3 •
On trouvera tous les textes et toutes les opinioBS auxquels nous faisons allusion, dans la discussion complète que M. Francisque Michel a faite sur le velours et le samit (fiecherçh^j etc.^ 1, 'passim) et dans celle que M. Semper, bcr @tiel, i, ©elte, 171, a présentée sur le même sujet. *
(S) Manuel Comnèoé, lib, ii, cap. a, éditiaaie Eoàn.
w pisti eolor subvihdis mtoentium oeolis gnlo blanditiir » aspeeta; hic exaientasmata circaloram ¥aiietatibm » insignita, majorem qaidem artificimn indostriam et » materiaB nbertatem desiderant, majori nihilominns » pretio distrahenda. Multa qaidem et alia videas ibi varii » coloris ac di?em generis ornamenta, in qaibos et se- » ricis aurum intexitur, et multiformis pictane varietas n gemmis interlocentibus iDostratur (1). »
Pas une allusion, on le voit, n'est faite à des tissus velus^ et cependant avec quel soin Fauteur recueille tous les renseignements sur les étoffes qu'on fabrique ou qu'on brode^ sur les couleurs, sur les dessins, sur les matières employées ! Certes il n'aurait pas négligé une description aussi intéressante que celle d'un métier de velours ; néanmoins, pour retrouver dans Vhexamitum de Falcahd, le vtllotum
êericwn dont parle i£neas Sylvius, on a cru devoir observer que le velours est un tissu qui se fabrique à six fils en dent, et que hexamitum veut dire étoffe à six fils.
Sans nous appesantir sur la subtilité de cette réflexion qui veut qu'un voyageur, en visitant un atelier où Ton fabrique du velours aille examiner combien de fils de chaîne sont réunis dans une seule dent du peigne, au lieu de s'arrêter devant l'aspect si remarquable de ce tissu velu, nous nous demanderons si le mot hexamitum veut bien dire tissu à six fils ?
Admettre que le mot mitumqxxi entre dans les termes de la progression : amitum, dimitum, tremitum, hexamitum^ représente un fil de chaîne, c'est rendre inexplicable l'accroissement progressif d'habileté dont parle JPalcand, La
1^4) Apud Muratori, Rer. iUU. Scriptores, vu, coi. 256 •
matière s'entasse, si on met six fils dans une dent du peigne au lieu de deux ou trois, mais Taccumulation de la matière n'exige pas dans Touvrier qui la tissera une supériorité qu'il faille noter avec admiration.
D'ailleurs, en lisant avec attention le texte, ne voit-on pas que ce qui étonne le plus l'écrivain c'est la diversité des couleurs^ c'est la multiplicité des nuances? Et n'est-ce pas Vimpression la plus naturelle qui agisse sur nous lorsque nous entrons dans un atelier de tissage ? Ne sommes-nous pas de prime-abord frappés de Téclat et du mélange des couleurs^ et du dessin coloré qui en résulte?
Pline l'a dit : a Plurimis liciis texere qus polymita ap* pellant Âlexandria instituit. » Mitum^ c'est la nuance introduite dans le tissu par le jeu des lices ; et il y avait un art, que saint Jérôme dans son épitre à Fabiola a nommé ars polymita, dans lequel s'exerçaient les ouvriers tisseurs se destinant à fabriquer des étoffes façonnées, et des étoffes brochées.
Tpt(A(To<;, trilix, dit M. Waddington dans son intéressante et savante monographie de l'édit de Dioclétien (1), c'est le tissu où Ton fait entrer trois lices^ ou trames de couleurs ou de natures différentes ; et cette interprétation du mot {iLtroç, mitum^ rappelons-le, est celle que Desmarets a soutenue en 4 806, dans un rapport lu à l'Institut et déjà mentionné par nous.
Hexamitum est donc un terme technique, un terme de fabrique recueilli par Hugon Falcand dans les ateliers de Palerme ; il. veut dire une étoffe à six couleurs fabriquée à l'aide du jeu des lices> et, comme un spécimen de cette
(4) Publiée par Firmin Didot, 4864, pag. 30.
dit A^peivDici;.
fU)rieâtioD qoi exige une grande habileté de la part des ouyrien et beaneanp de matière première^ majorem artifi^ eium induttriam et maieriœ uberfâtem^ l'auteur eite Vexa* rentoimatay étoffe remarquable par les cercles variés qui forment le dessin, cireulorum varietatibm insignita, et que Ton retrouve fréquemment dans les représentations des vieilles étoffes.
De ce tissa broché au tissu velu> nous avouons ne pas voir la transition ; et du fait aflSrmé par iËneas Sylvius nous n'avons qu'une explication plausible^ c'est celle-ci : on aura au quinzième siècle emprunté au latin, à cause sans doute de la similitude de nom, le mot hexamitum, pour représenter l'étoffe velue très-répandue à cette époque sous le nom de samit velu^ tctamito veliuto.
11 est très probable que dans le commerce on a souvent supprimé Tadjectif velu, et nommé simplement samit, le eamit velu : ainsi s'expliquerait la survivance du mot sam^ met pour dire velours, car pour repousser l'assimilation complète du samit au veloursy il suffirait de citer les textes où il est question de l'emploi du samit.
Nous ne devrions pas parler de ce tissu qui a sa place marquée dans l'étude des étoffes venues dans la consommation après les croisades. Cependant pour compléter cette note, dussions^nous avoir i nous répéter ou à nous contredire plus tard y nous donnerons ici notre opinion sur le samit et sur 1q velours.
Accordant une priorité au mot sctamito, à cause de ia priorité des Italiens dans le commerce avec l'Orient, nous avons interrogé un vieux dicttoanaire étymologique; il nous a répondu : « Sciamito, spezià di drappo di varie sorte e » colori — lat. kexamitus •» ia Persia : seiamek, veste oorta
^sçiomak^ altrft «pezia di veste; marner, veto del capo-r- » in Arabia : sQemukf veste sottile ; êcemlet^ vestimeato che » avolge il corpo. »
Pour confirmer rorigine asiatique de cette étoffe^ noua ferons observer que les écrivains de Tépoque des croisades énumèrent une prodigieuse quantité de 9amit$ dans la consommation des Arabes et des Turcs ; et qu'il est question de cette étoffe en Occident seulement après que les mœurs et les tissus de TOrient eurent envahi TEurope.
Ces samits n'étaient pas toujours en soie : nous en avons la preuve dans les usages si variés et souvent si communs indiqués pour cette étoffe; dans la distinction soigneuse* ment faite des mots serica et sarnUa par les auteurs qui mentionnent les tissus asiatiques ; enfin dans la locution si fréquente samits de soie.
Au reste Ménage {Dictionnaire étymologique, in-f*, 1694, p. 651) dit: samy, une espèce de drap demy-soye qui ressemble en lustre au satin, mais il est plus étroit et de plus de durée.
£t Roquefort (Glossaire de la langue romane^ in- 8^^ \ 808) : samiy samety samis, samit, sammity samy^ samyt, étoffe le plus souvent de soie fine et précieuse, qui était brochée de fils d'or ou d'argent, sorte de taffetas ou satin. On a donné aussi ce nom à la toile de lin ou de coton très-fine.
Ainsi le samit est une étoffe orientale qui a tiré son nom du nom du vêtement auquel on la destinait ; elle était primitivement en coton ou en lin, mais suivant les usages de la fabrique asiatique on mélangea tantôt Tor^ tantôt la soie avec ces matières premières. Après les croisades, le samit étant très-recherché dans l'Occident, on donna ce nom à des étoffes très diverses et qui n avaient d*autre similitude que
le mélange des mêmes matières textiles : de là le nom de #affit7 appliqué soit au satio, soit au velours. Si le plus souyent on prit soin d'ajouter un adjectif qui indiquât l'apparence du tissu^ parfois on le supprima : de là les expressions samii velu, puis sommet^ pour représenter les tissus à poils. Quant au velours^ le fait que Tarabe est la seule langue qui ait un mot spécial pour ce tissu, le mot Kathifet (le serbe a conservé le nom, Kadiva) dérivé du nom de la ville arabe où pour la première fois le velours aurait été fabriqué, la remarque que ce mot est le plus ancien qu'on puisse citer comme le représentant, l'absence durant le moyen âge en Europe, d'un nom qui s'applique à coup sûr à ce tissa velu, Tobservation que les noms modernes sont des noms descriptifs de l'apparence velue et non des noms spéciaux du tissu lui-même, tout indique que TOrient est la patrie de cette riche étoffe. La difficulté de fabriquer le velours en aura limité l'emploi dans la consommation arabe ; les ateliers musulmans de soieries, établis en Occi« dent, n'en produisaient pas encore au douzième siècle. Après les croisades, les étoffes velues sont entrées dans la consommation européenne, où elles prirent le nom de samits, alors en vogue. Mais bientôt, lorsque, par suite d'une nouvelle révolution dans les costumes, la mode de s'italianiser succéda à la mode de s'orientaliser, le velours acquiert son nom définitif et devient le tissu préféré par l'aristocratie, répandant partout avec lui la réputation des fabriques de Venise et de Gènes.
TABLE DES MATIERES