‹ Histoire de la terreur, 1792-1794Chapitre 120 sur 226 · LIVRE XXX · texte numérisé non relu

LIVRE XXX

d'aller chercher les individus auxquels on donnait charge d'âmes, et qui, après comme avant leur consécration, ne méritaient, par leurs mœurs et leur manque complet de dignité, que mépris et dérision

Quand la Constituante déclara sa mission achevée, le schisme existait dans tous les diocèses, dans toutes les paroisses, dans toutes les familles3. La Législative s'entèla dans Terreur commise par sa devancière. Elle mit en pratique la maxime qu'en un moment d'égarement Barnave avait eu l'imprudence de proclamer : Périssent les colonies plutôt qu'un principe! Pour soutenir l'œuvre de la Constituante, elle eut recours aux

1. Comme nous n'aimons à invoquer que des témoignages qui no paissent èlrc contestés, nous nous contenterons de citer à l'appui de nos appréciations le portrait quo trace de l'évoque de la Vendée M. Louis Blanc (t. VIII, p. 177), sur le témoignago du républicain Mercier Durocher, l'un des administrateurs de ce département :

« Rodrigues, curé do Fougères, élu évéque de Fontenay, fit son entrée dans celte ville sur une petite rosse très-maigre; il était en bottes fortes; il avait sa soutane retroussée et un bâton à la main. Au compliment de félicitation qui lui fut adressé par un orateur patriote il secoua la tête, haussa les épaules, et so hâta de gagner une hôtellerie. Cet homme est un parfait égoïste qui n'a jamais connu que les émoluments de sa place. »

i. Voir le rapport que Gallois et Gensonné, commissaires nommés par la Constituante, firent à l'Assemblée législative au début de la session. Ils y établirent que l'obligation imposée à tout ecclésiastique de prêter le serment constitutionnel avait été le signal des troubles, que la division des prêtres en assermentés, en non assermentés, avait produit une véritable scission dans le peuple des paroisses, causé la désorganisation des municipalités et amené la dispersion des gardes nationales rurales: enGn que les campagnes troublées ne demandaient que deux choses: le retour de leurs curés et la liberté des opinions seligieuses.

procédés les plus draconiens de l'intolérance. Or, l'intolérance ressemble à ces remèdes violents dont certains empiriques doublent la dose à chaque crise qui vient assaillir leur malade ; celui-ci parait éprouver quelque soulagement, mais bientôt les convulsions redoublent de violence, et le patient meurt au moment où le charlatan prétend l'avoir guéri.

On croyait avoir éteint les plaintes des campagnes de l'Ouest, parce qu'elles n'arrivaient plus jusqu'à Paris. On croyait avoir vaincu toutes les résistances, parce que la tranquillité matérielle n'était plus troublée. Mais le feu couvait sous la cendre.

Les populations abandonnaient les églises où jadis elles se pressaient ; elles allaient au fond des bois, dans les métairies les plus reculées, dans des grottes presque inaccessibles, chercher les sacrements qu'elles auraienleu horreur de recevoir des mains d'un prêtre constitutionnel. Elles n'avaient qu'une pensée, conserver intacte la pureté de la foi de leurs pères1.

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