LIVRE XXX. 2fii
le repos public par des visites de gens armés, comme ils le font aujourd'hui à l'égard des plus recommandâmes citoyens.
« 8° Il leur sera défendu de prendre les armes nécessaires aux citoyens pour la sûreté de leurs maisons. Les armes saisies seront restituées.
« 9° Sous peine de destitution de leurs charges et emplois, les directoires de district et de déparlement ne pourront plus vexer ni tourmenter les citoyens les plus recommandâmes, pour des propos vagues, pour d'infâmes suppositions faites par des dépositions encore plus infâmes et pour satisfaire leur inimitié particulière et relie de leurs protégés.
<> 10° Dans la quinzaine au plus lard, il sera convoqué des assemblées primaires de tous les citoyens quelconques pour nommer de nouveaux électeurs. On n'y généra pas les suffrages, comme ci-devant, par de mauvaises chicanes et des abus d'une autorité despotique, où Ton employait les menaces pour contraindre les opinions.
« ] 1° Silùt celle opération finie, tous les ci-devant membres des directoires et des tribunaux de district de Blain et de Savenay seront changés et renouvelés par une nouvelle élection.
« 12" Les prêtres constitutionnels et autres ne pourront y être admis sous quelque tilre que ce soit, ni même reçus ii voter dans les assemblées primaires et autres de leurs paroisses. Il leur sera expressément défendu de s'immiscer jamais dans les affaires temporelles.
« 13° Tous les citoyens jouiront delà liberté de peu-
sei\ de parler cl d'écrire sur toute matière el sur quelque personne que ce soit, sauf à ceux qui s'en trouveraient blessés à les poursuivre juridiquement s'il y a lieu.
« Jft° Chaque paroisse aura cinquante hommes continuellement armés pour la sûreté publique et générale. Ces hommes seront choisis à la pluralité des voix1. »
Chacun des trois documents que nous venons de produire a son cachet particulier, mais ils peuvent se résumer ainsi :
Plus de tirage pour la milice, plus de persécution contre les prêtres qui ont refusé le serment, plus de tyrannie cl de vexations de la part des administrations de district.
Tels étaient les sentiments qui animaient les populalions de l'Ouest. Il ne fallait plus qu'une occasion pour les faire éclater. Cette occasion leur fut offerte par la mise en exécution du décret du 24 février qui ordonnait le levée de 300,000 hommes.
Nous avons vu plus haut quelle était l'économie de cette loi, combien elle laissait de place à l'arbitraire, et se montrait large pour les exemptions à accorder à tous ceux qui remplissaient des fonctions publiques2.
Or, dans les provinces de l'Ouest, c'étaient les partisans des idées nouvelles qui, ayant consenti à ceindre réchappe tricolore au district ou à la commune, allaient par le fait profiter seuls du bénéfice de la loi. Quelle cause d'exaspération pour la masse de la population !