LIVRE XXXI
avait donné à, tous des espérances, mais de promesses à aucun l. Il voulait traiter directement et sans intermédiaire le jour où il le faudrait. Ce jour était arrivé.
Depuis la bataille du 18 l'armée autrichienne n'avait cessé de se porter en avant, l'armée française de rétrograder. Presque tous les jours, il y avait eu des escarmouches et même des combats d'arrière-garde.
Le 22, ce qui s'était passé à Nerwinde se renouvelle près de Louvain. Deux divisions abandonnent leur poste au milieu du combat et se retirent au delà de la Dyle. Le reste de l'armée est obligé de les suivre, d'évacuer Louvain et de se retirer avec précipitation sur Bruxelles.
Ce dernier revers exaspère Dumouriez et précipite la réalisation de ses projets. Il envoie, le 23 mars, au quartier général autrichien l'un de ses aides de camp, l'adjudant général Montjoie, sous prétexte de traiter d'un échange de prisonniers , mais en réalité pour faire connaître au prince de Cobourg a que le général en chef
I. Nous donnons à la fin de ce volume les documents relatifs à une des nombreuses combinaisons tentées pour amener Dumouriez à livrer ses conquêtes et son armée entre les mains de l'étranger. Ces documents, au bas desquels se trouvent les noms de Motlernich, de Mercy d'Argenteau et de Breteuil, nous font connaître les étranges illusions qu'émigrés et étrangers se faisaient sur les moyens à prendre pour venir à bout de la Révolution.
de l'armée française est disposé à faire des communications de la plus haute importance à l'ollicier supérieur autrichien qui lui sera envoyé l. »
Cobourg n'hésite pas un instant à accueillir ces ouvertures et fait annoncera Dumouricz que sousdeu\ jours il lui enverra le général Mack, son chef d'étatmajor.
L'armée française évacue Bruxelles le 2o mars. La municij)alilé, élue au mois de novembre, reste en permanence et ménage, d'une manière plus heureuse que celle de Liège, la transition entre le régime français et le régime autrichien. Dumouricz se retire derrière la Dendre et établit son quartier général à A th.
C'est là qu'il reçoit, le 25 au soir, la visite du colonel
I. D'après un rapport onicicl fait par le prince de Cobourg à l'Empereur, Montjoie, dès la première entrevue, se serait exprimé très-catégoriquement. Il déclara au prince « que Dumouricz était décidé a mettre fin aux calamités qui désolaient sa patrie, à rétablir la royauté constitutionnelle, à dissoudre la Convention et à punir les scélérats de Paris. »
V«»ici le texte même d'une lrttre écrite par Dumouricz; elle précise la date de l'arrivée de Montjoie auprès du prince de Cobourg :
«< Au quartier général de Hallo, le i>t mars 1703. « Mon prince,
«» Je vous prie d'avoir la complaisance d'envoyer un officier de votre état-major avec la liste des prisonniers français, pour pouvoir traiter de l'échange, conformément à ce qui a été convenu hier avec l'adjudant général Montjoye. J'ai l'honneur d'être avec la plus respectueuse considération,
« Mon prince, votre très-humble et très-obéissant serviteur,
a DUMOIRIEZ. »