LIVRE XXVIII
Mons, à Gantl, à Bruxelles, à Louvain, à Nainur et à Ostende. Elles présentent à peu de chose près les mêmes épisodes et aboutissent toutes à un résultat identique.
Le général fiançais commandant la division invite les citoyens a s'assembler dans une église. La force armée se tient autour du lieu de la réunion, sous prétexte de protéger la liberté des suffrages, mais en réalité pour mettre à la raison les récalcitrants \ Le commissaire du pouvoir exécutif ouvre la séance par un discours où il vante les bienfaits de la constitution française ; la plupart des spectateurs, qui ne parlent et n'enlendent que le flamand, n'en comprennent pas un mot. Les alfidés interrompent bientôt l'orateur en demandant à grands cris que l'on passe immédiatement au vole. Un bureau est formé par acclamation ; on prête en masse le arment prescrit par le décret du 15 décembre. On ne fait aucun appel nominal, on ne dresse aucune liste des assistants. « Citoyens, dit le président, vous avez à
I. Voir le rapport des citoyens Lacroix, Gossuin, Danton, Merlin (de Douai), Treilhard et Robert, membres de la Convention et nommés par elle commissaires près des armées et dans les pays de la Belgique et de Liège. On lit page 246 : « Le sang aurait coulé si une grande force n'était venue contenir les malintentionnés.» Page 251 : o Bruxelles, Louvain, Deinze, Tirlemont et leurs dépendances ont été tour à lour gardés par des forces imposantes les jours que leurs habitants respectifs se sont assemblés. » On lit également dans le Journal des 'létal* et de la correspondance des Jacobins de Paris (séance du U mars 1793) l'aveu naïf d'un orateur qui s'exprime ainsi : a La réunion a la République française n'a été votée que par les sans-culottes; c'est par eux seuls qu'ont été décrétées les diverses incorporations, D
choisir entre l'état despotique et l'état démocratique. « Aussitôt tous les bras se lèvent en faveur de ce dernier gouvernement. « Vous avez maintenant à déclarer si vous voulez former une nation séparée ou être réunis à la France. Que ceu\ qui veulent la réunion passent à gauche; que ceux qui sont d'un avis contraire passent à droite. » Toute l'assistance se précipite du côté désigné en poussant le cri unanime : La Réunion! nous sommes Français! Le président s'empresse de constater l'unanimité du vote et de féliciter l'assemblée; puis il se fait déléguer avec quelques amis' pour aller, aux frais de la ville ou de la province, porter à la Convention le vœu d'un peuple libre. Les voûtes de l'église retentissent du chant de la Marseillaise. Les clubistes, qui forment la presque totalité de l'assemblée se répandent dans les divers quartiers de la ville pour faire illuminer les maisons, sonner les cloches et improviser des réjouissances publiques
h. Nous ne vomirions pas être accusé d'apporter quelque exagération dans la peinture de cette étrange manière de recueillir les vœux d'une nation souveraine. Nous renvoyons donc nos lecteurs aux procès-verbaux officiels. Nous donnons à la Tin du volume ceux des assemblées de Bruxelles et d'Ostende. Tous les autres ne présentent avec ceux-ci que des variantes insignifiantes.
Mons avait été la première ville appelée à émettre son vœu. Dans le Moniteur, n° 47, on trouve une lettre des commissaires de la Convention en Belgique, où on lit ce qui suit : * L'assemblée des eilo\<»n> de Mons, convoquée par le général Ferrand, en exécution du décret du i\ janvier, vient de voter la réunion à la France. Des agents du parti vaincu de l'empereur et du parti expirant des prêtres et des nobles ont voulu exciter des troubles dans le lieu de la séance, mai> bientôt ils ont été forcés de se dérober à l'indignation des Belges. \x