LIVRE XXV1M
promets de nouveaux succès, je vous pi-omets l'appui de la Providence qui veille sur notre patrie. »
Ces paroles sont couvertes d'applaudissements; le président du conseil remercie avec effusion le général, qu'une foule immense reconduit jusqu'à son hôtel \
4. Une heure après, les pièces suivantes étaient affichées sur les murs de Bruxelles :
Proclamation
« Les sociétés patriotiques ne doivent servir qu'à l'instruction des peuples, ou aux actes de bienfaisance et de fraternité. Autant elles sont utiles en se renfermant dans ce principe, autant elles deviennent dangereuses en se mêlant des affaires politiques et militaires. Eo conséquence, il est défendu à tous les clubs patriotiques de s'immiscer aucunement dans les affaires publiques. Il est ordonné à tous les commandants militaires, administrateurs et magistrats, de tenir ia main à cette défense, et, si un club se permet un arrêté qui la concontredise, il est ordonné de faire fermer le lieu de l'assemblée et d'en rendre responsables personnellement le président et le secrétaire dudit club. Cette défense sera imprimée dans les deux langues, publiée et affichée.
« A Bruxelles, le il mars 1793, an 2e de la République.
« Le général en chef, Dumoubiez.
Ordre.
« L'intention de la nation française et des représentants de la République, en entrant dans les Pays-Bas, n'a jamais été d'y apporter l« brigandage et la profanalion; cependant ils s'y sont exercés par des agents du pouvoir exécutif de la République française avec une tyrannie qui déshonore les Français et qui met les Belges au désespoir. Us se sont permis de s'emparer de l'argenterie des églises. Ce trait de I avarice la plus sordide doit être réprimé, pour prouver à tous te peuples que nous respectons les opinions religieuses, et que la justice et la droiture sont le caractère esseutiel de la nation française, vi 11
46» II1ST0IRK DH LA TlillIIKUH.
Le lendemain, 12 mars, Dumouriez rejoint le quartier général de l'armée à Louvain. A peine y est-il arrivé qu'il reçoit la visite des quatre commissaires de la Convenliou : Camus, Treilhard, Gossuin et Merlin.
« Comment avez- vous pu, général, s'écrie Camus en l'abordant, rendre les ordonnances que nous avons lues ce matin sur les murs de Bruxelles? Comment avezvous pu agir avec celle précipitation? Comment n'avez vous pas attendu d'en avoir conféré préalablement aven; nous? Comment avez-vous pu vous ingérer dans des mesures purement civiles? Quant aux vases précieux que l'on a enlevés de la Belgique, ne savez- vous pas que
qui, en conquérant sa liberté, doit avoir acquis de nouvelles vertus et ne doit employer ses armes quo pour la justice.
« En conséquence, voulant réparer le tort que nous a fait dans l'esprit d«'s Belges l'indiscrétion sacrilège dos agents qui ont Tait enlever l'argenterie des églises, j'ordonne, au nom de la République françaiso. de la religion et de l'équité, que toute l'argenterie des églises soit restituée et rétablie dans les différents lieux d'où elle a été enlevée; j'ordonne à tous les commandants militaires français et à tous les administrateurs civils librement élus par le peuple belge, de tenir la main à l'exécution du présent ordre, qui ramènera les Belges à la juste opinion qu'ils doivent prendre de la Convention nationale, de la nation française et des agents politiques et militaires, qu'elle n'a envoyés dans la Belgique que pour assurer la liberté et le bonheur du peuple.
« A Bruxelles, le 11 mars t793, an '2' de la République.
« Le général en chef, Dumouriez. j>