‹ Histoire de la terreur, 1792-1794Chapitre 83 sur 226 · LA CONJURATION DU 9 MARS · texte numérisé non relu

LA CONJURATION DU 9 MARS

C'est dans la séance du cinq mars que parviennent a la Convention les premières nouvelles de l'évacuation d'Aix-la-Chapelle et de la levée du siège de Maastricht. Les Montagnards tentent de profiter de l'inquiétude générale pour arrachera l'Assemblée des mesures qu'ils ne sauraient obtenir dans des moments de calmé et de paisible discussion. Ils réclament à grands cris la lecture immédiate des lettres, que des députés plus prudents veulent renvoyer au Comité de défense générale. « 11 ne faut rien cacher au peuple, s'écrie Billaud-Varennes; c'est à la nouvelle de la prise de Verdun qu'il s'est levé el qu'il a sauvé la patrie ! »

Aussitôt les dépêches lues, Choudieu dénonce là présence dans la capitale d'un grand nombre de volontaires qui, étant à la solde de leurs départements, ne >oni pas par conséquent à la disposition du ministre de la guerre; il fait la motion formelle que, puisque Paris est tranquille, ces fédérés soient immédiatement envoyés aux frontières.

« Comment Choudieu, répond Lanjuinais, peut-il prétendre que Paris est tranquille? N'était-il pas avanthier, dimanche au Comité de la guerre, lorsque le ministre est venu nous déclarer qu'il se fomentait des troubles? Le fait n'a-t-il pas été attesté par Santerre luimême? Oui, je le déclare, il existe à Paris un comité

d'insurrection ; ce comité se tient dans le local occupé d'ordinaire par l'assemblée électorale de Paris. Du sein de ce comité partent journellement des invitations aux fédérés de venir s'y réunir. Est-ce en présence de pareils dangers, est-ce dans de pareils moments qu'il faut faire partir les volontaires que nous ont envoyés les départements? »

Choudieu insiste : « Santerre, dit-il, vous a annoncé que le calme était complètement rétabli dans Paris. Vous devez le croire. Faut-il donc s'arrêter à ce que nous a dit le ministre de la guerre, quand il est venu nous parler dimanche, au Comité, de craintes de troubles? C'était un coup monté. Il y avait là tous ceux qui, comme Buzot, prétendent qu'il faut une force armée pour nous protéger et pour nous permettre de faire de bonnes lois. Quant à mes amis et à moi, nous croyons qu'il n'y a de bonnes lois que celles qui sont soutenues par le peuple ; nous ne voulons pas d'une garde nationale comme la voulait Lafayette. C'est pourquoi je viens vous demander de faire disparaître une monstruosité dans la composition de la force armée. Est-il tolérable qu'une partie de cette force soit à la solde des départements et que le ministre lui-même en ignore la destination ? »

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