LIVRE VIL
sortant un peu de Tobscurité, frappent d'abord les yeux? Nous trouvons le journaliste Robert, Tinstitûteur Léonard Bourdon, Rossignol, aujourd'hui ouvrier paresseux, demain lâche général ; des hommes de loi de la pire espèce, de ceux que M. Michelet appelle les scribes du ruisseau, comme Lhuillier et Truchon ; des hommes de sac et de corde, comme l'ancien commis aux barrières Huguenin et le vendeur de contre-marques Hébert; des prêtres apostats, comme Bernard et Xavier Âudoin ; le cordonnier Simon, le futur bourreau de l'enfant royal, Cailly, Lenfaut et Duflbrt, les futurs collègues de Marat, de Panis et de Sergent, au comité de surveillance de septembre. Le reste, c'est l'inconnu!... Et voilà les hommes qui dispo^ sèrent, dans une nuit de funeste mémoire» des destinées delà France!
Pendant que les prétendus commissaires des sections s'organisent à petit bruit dans leur salle ^ , entrons dans
le 40 août, dans la réunion des commissaires des sections et qui composèrent véritablement ce que Ton est convenu d'appeler la commune insurrectionnelle.
4. La commune légale et la commune insurrectionnelle siégèrent simultanément, pendant plus de quatre heures, dans deux salles presque contiguës de l'Hôtel de Ville. C'est ce qu'aucun historien n'a fait remarquer avant nous. La réunion des commissaires des sections était si bien connue du conseil légal, qu'on lit ce qui suit dans le procès-verbal de la section du faubourg Saint-Denis : « Les trois commissaires nommés par la section ayant communiqué leur pouvoir au conseil général de la commune, il les a renvoyés à l'assemblée des
celle où le conseil général de la commune siège depuis plusieurs heures * .
Le conseil est loin d'être au complet, car, nous ravons vu plus haut, un grand nombre de membres se sont chargés d'aller visiter les différentes sections et de leur prêcher la concorde et la paix. En revanche, les tribunes établies autour de la salle ^ regorgent de spectateurs ; on les a choisis avec soin pour exercer sur les membres de la commune une pression incessante, arracher à leur faiblesse les arrêtés indispensables au triomphe de Tin*surrection.
Cousin , professeur au Collège de France , préside à la place de Pétion, qui s*est rendu au Château. Le savant
commissaires des sections séant dans la maison commune. Ils se sont rendus dans la salle où celte assemblée tient ses séances. »
1 . Le procès-verbal de la séance tenue par le conseil général dans la nuit du 9 au 40 août n'a jamais été rédigé, ou, s^il Ta été, il a été détruit. Royer-Collard , qui était alors secrétaire-greffier de la commune, emporta les minutes, après l'expulsion violente du conseil, et se refusa plus tard à les rendre aux nouveaux représentants de la commune. Voir à cet égard la lettre officielle que donnent MM. Bûchez et Roux, dans leur Histoire parlementaire, tome XVI, p. 409, et dont l'original se trouve collé sur le registre des délibérations du conseil général de la commune, à la place même où il existe un blanc destiné à contenir les délibérations prises par le conseil dans les dix premiers jours d'août. La dernière séance dont le procès-verbal est inscrit sur le registre est celle du 28 juillet. Il y a une lacune jusqu'au 40 août, sept heures du matin; à cette date se trouve le procès-verbal falsifié de la commune insurrectionnelle.
2. Le conseil général de la commune siégeait dans la salle dite du Trône, dont les croisées donnent sur la place de Grève. La salle existe encore dans les mômes dimensions ; c'est la seule partie conservée de l'ancien Hôtel de Ville*