LIVRE VIL
apportée à T instant même, « et elle envoie à sa recherche un de ses membres avec Patris, officier municipal, » probablement celui qui était venu lui annoncer l'existence de la lettre.
En attendant, le président somme le commandant général, révolutionnairement destitué mais encore seul reconnu aux Tuileries, « de donner Tordre de retirer la moitié des forces qui sont rassemblées. » Mandat comprend le sort qui l'attend, Tenvisage avec le sang-froid du soldat qui ne connaît que son devoir, et refuse noblement d'apposer sa signature au bas du papier que Huguenin lui présente ^.
Les commissaires chargés de trouver à tout prix la pièce accusatrice en rapportent une copie certifiée par le président et le secrétaire du conseil général. Elle est ainsi conçue ^ :
4 . La sommation de Huguenin et le refus de Mandat sont constatés par les deux minutes successives du procès-verbal. La deuxième minute est raturée, mais il est encore facile d'y lire la preuve du cou^ rage à jamais digne d'éloges que Mandat, sommé de racheter sa vie par une simple signature, déploya dans Taccomplissement de son devoir.
Nos travaux de dix années sont payés en ce moment, puisqu'il nous est donné d'enrichir notre histoire nationale d'un trait d'héroïsme complètement ignoré, d'un trait que quelques autres actes de dévouement peuvent égaler, qu'aucun ne surpasse.
2. Cette pièce se trouve textuellement reproduite dans le procèsverbal officiel , tous nos efforts pour en découvrir l'original ont été infructueux, mais nous avons retrouvé la preuve que cette lettre existait encore dans les papiers de la commune à la fin de thermidor an u, car elle est mentionnée et parafée de nouveau dans un inventaire que l'on fit, à cette époque, des papiers de la commune de Paris.