LIVRE VIL
ils, et rassemblée, usurpant le pouvoir judiciaire comme elle a usurpéMe pouvoir municipal, décrète l'arrestation immédiate de Mandat et ordonne qu'il sera sur-le-champ conduit dans la prison de la maison commune. Afin que l'exécution de cet ordre ne puisse rencontrer aucun obstacle, on invite Manuel, toujours présent, à y apposer sa signature^.
Averti de ce qui se passe, le conseil général se hasarde à rappeler aux commissaires des sections que le droit de Caire appréhender au corps un individu, fût-il coupable, n'appartient qu'aux juges de paix. Mais les commissaires envoient dire aux municipaux que, lorsque le peuple se met en état d'insurrection, il reprend tous les pouvoirs, que dès lors ils ne sont plus rien et qu'eux seuls sont tout, puisqu'ils représentent le peuple souverain 2, La menace était claire; elle ne tarde pas à être exécutée. Jugeant qu'il est temps d'en finir, et n'ayant d'ailleurs plus besoin, ni d'un faux semblant de légalité, ni de signatures arrachées à des magistrats débonnaires, les usurpateurs font signifier aux conseillers municipaux cette destitution en bonne forme, préparée depuis longtemps :
« L'assemblée des commissaires de la majorité des sections réunies avec pleins pouvoirs de sauver la chose publique, a arrêté que la première mesure que le salut public exigeait était de s'emparer de tous les pouvoirs
4 . Voir à cet égard le rapport fait à TÂssemblée nationale par le substitut Desmousscaux. Logographè, p. 46. Journal des Débats et Décrets, p. 446.