‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 157 sur 262 · LIVRE VII. Î · texte numérisé non relu

LIVRE VII. Î

Le roi acquiesce à cette demande, et Rœderer, en sortant de la chambre royale, dit à haute voix : « Le roi et sa famille vont à l'Assemblée, sans autre cortège que le département et ses ministres. Veuillez ouvrir le passage ! » Il appelle l'officier de garde et lui ordonne de préparer une escorte. La Chesnaye se met à la tête de trois cents grenadiers, appartenant principalement aux bataillons des Filles-Saint-Thomas et des Petits-Pères.

a Messieurs, commande le procureur-général-syndic, accompagnez le roi à l'Assemblée nationale ; je réponds de la vie du roi sur ma tête. »

Le roi s'avance. Les rangs se ferment derrière lui.

tt Grenadiers , s'écrie Sa Majesté, j'emmène ma famille avec moi. »

Les rangs se rouvrent aussitôt, et les personnes indiquées par le procureur-général-syndic pénètrent au milieu du cortège, qui se met définitivement en marche.

Comme la reine promenait autour d'elle des regards inquiets, le grenadier De Brie * croit devoir la rassurer :

« Que Votre Majesté ne craigne rien ; elle est entourée de bons citoyens. »

Marie-Antoinette répond en appuyant sa main sur sa poitrine :

d Je ne crains rien ! »

Au bas du grand escalier, sous le péristyle, Louis XVI hésite une minute à franchir le seuil qu'il ne repassera plus. Il pense aux serviteurs qu'il vient de quitter et demande à Rœderer :

Page 1