DÉPARTEMENT DE POLICE. — MUNICIPALITE DE PARIS
« Lo 10 août, à onze heures moins deux minutes.
Eh ! vite, amis de la patrie séants à la commune, ne perdons pas
de temps; on demande des munitions pour nos frères qui combattent
aux Tuileries; c'est vous qui avez l'arsenal en main, portez-le là tout
entier.
« Les administrateurs provisoires du département de police
• et de la garde nationale,
ff Panis, Perron. »
Perron, qui apposa sa signature à côté de celle de Panis au bas de ce billet, ne sauva pas sa vie par cette faiblesse. Il périt le % septembre à FAbbaye, où ses anciens collègues Favaient fait emprisonner quelques jours après le 4 0 août. Nous avons déjà donné son arrêt de mort, signé par Maillard, à la page 46 de notre premier volume.
rencontre un détachement de Suisses qui revenaient d*effectuer une sortie. Il leur communique les volontés royales» leur ordonne de le suivre du côté du Manège. « — Oui, s'écrie le baron de Viomesnil ^, commentant l'ordre que vient d'apporter d'Hervilly, oui, braves Suisses, allez sauver le roi! vos ancêtres l'ont fait plus d'une fois. »
Les tambours battent l'assemblée. Quelques soldats hésitent k se rallier. Peuvent-ils abandonner leurs blessés? Un sergent couché à terre, la cuisse fracassée par un boulet, leur crie : « N'entendez-vous pas qu'on vous appelle? Allez à votre devoir et laissez-moi mourir ^1 » En effet, l'héroïque sous-officier fut massacré quelques instants après.
Enfin, mais très-lentement, les Suisses se sont réunis. Comme ils ne veulent point avoir l'air de fuir, ils se rangent dans le meilleur ordre ti l'entrée du jardin, et se mettent en marche avec autant de précision que s'ils étaient à la parade. Quand les chefs croient avoir tout leur monde, avant de songer à la retraite, ils font mettre en batterie, sous le vestibule, deux canons enlevés aux insurgés et encore chargés ; deux sentinelles perdues sont placées à côté avec ordre de lâcher leurs coups de fusil sur la lumière^ si les assaillants se présentent trop vite.
La précaution est inutile, car les insurgés restent quel-
4 . Le baron de Viomesnil , frère atné de celui qui fut plus tard maréchal de France, eut, quelques moments après, les deux jambcd brisées par un boulet de canon. Il mourut de ses blessures.