‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 202 sur 262 · LIVRE YIIL · texte numérisé non relu

LIVRE YIIL

grands pillages au Château^» » Un second ajoute: « Il serait très-instant d'envoyer des commissaires et des gardes pour empêcher le pillage. » On écoute à peine, et Ton ne prend aucune mesure. L'argentier du roi, qui tient à mettre à couvert sa responsabilité, présente un double de l'état des pièces qu'il avait le matin ^ ; il est fort mal accueilli. L'Assemblée répugne évidemment à se charger des objets précieux ; elle invite ceux qui les lui apportent à s'adresser plutôt à la Commune qu'à elle, enfin elle rend le décret suivant :

« L'Assemblée nationale , après avoir décrété l'ur- « gence^ décrète que l'argent, les meubles, effets et « bijoux, qui pourront être recueillis aux Tuileries, se- « ront remis à la municipalité, qui en disposera confor- « mément aux lois. »

Dès lors, le courant change de direction ; ce qui peut être sauvé du pillage va se noyer entre les mains de ceux qui se sont emparés de l'Hôtel de Ville ; ces mains Quêtaient pas toutes pures, comme nous le verrons par la suite, et une partie des effets d'abord sauvés fut l'objet de dilapidations qui, plus habilement opérées, ne laissèrent aucune trace dans les procès-verbaux.

Ce fut aussi à la commune insurrectionnelle que l'Assemblée nationale confia le soin d'éteindre l'incendie allumé aux Tuileries. Le feu avait déjà dévoré les deux superbes écuries de la garde à cheval, tous les bâtiments

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