‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 118 sur 249 · LIVRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX

Pour les assemblées, encorei plus que pour les individus, mal passé n'est que songe La Convention, ne voyant plus autour d'elle les individus à piques et à bonnets roijges qui la tenaient assiégée la veille, se prend à espérer qu'elle sera désormais à l'abri de coups de main semblables à celui qu'on a voulu tenter contre elle. Cherchant à oublier la pression qu'on lui a fait subir avec tant d'insolence, elle se laisse bercer par la phraséologie banale de son orateur favori et passe à l'ordre du jour.

L'ordre du jour était l'organisation du tribunal révolutionnaire décrété la veille. Lesage (d'Eure-et-Loir) annonce, au nom du Comité de législation, que ses collègues et lui se sipnt réunis aussitôt après le vote de l'Assemblée, qu'ils ont travaillé jusqu'à dix heures du soir, mais qu'à ce moment ils ont été appelés à la séance publique par la gravité des circonstances, et qu'ils y sont restés jusqu'à une heure.

« Le Comité, ajoute-t-il, a nommé des commissaires, un rapporteur; mais le travail ne pourra être prêt que demain à midi.

— Il est impossible d'admettre ce délai, s'écrie le farouche Carrier; l'organisation du tribunal ne peut exiger un temps aussi long. I^s principes sont clairs. Je demande que le Comité de législation qui n'a pas répondu au vœu de l'Assemblée soit renouvelé sur-le-champ.

— Non, répond Bentabolle, autre Montagnard non moins fougueux que" Carrier; que l'on nomme immédiatement neuf commissaires et que ces commissaires soient chargés de présenter séance tenante leur travail. »

Mais la Convention, pressée d'entendre la lecture des lettres du maire sur la situation intérieure de Paris, et celle des dépêches de Dumouriez et de ses commissaires sur les mouvements de l'arniée, ne s'arrête pas aux propositions de Carrier et de Benlabolle.

Il n'est question dans la letlre de Pache que du pillage des imprimeries de Corsas et autres journalistes. C'était le seul objet sur lequel la Convention l'eût interrogé, et le maire de Paris était trop habile pour faire une allusion même indirecte aux autres incidents qui avaient marqué la soirée de la veille. Il se contente donc de faire savoir que les commissaires envoyés pour arrêter les désordres ne sont arrivés que quand les émeutiers avaient disparu ; que ses agents ont pu seulement constater les dégâts et dresser des procès-verbaux, mais qu'il a donné les ordres nécessaires pour la découverte, la poui'suite et la punition des auteurs et promoteurs des troubles.

Les lettres de Dumouriez étaient du 3 et du i mars. Elles respiraient la confiance et Taudace. Le général insistait sur la nécessité de continuer malgré tout la campagne de Hollande, « seul moyen de sauver les Pays- Bas. » Les lettres de Miranda et des commissaires près l'armée du Nord annonçaient que l'armée s'était ralliée

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