LIVRE XXIX. Î
regarder les provocations au brigandage comme les explosions d*âmes énergiques et comme des mesures de sûreté générale. Ainsi, la raison a été pervertie, les idées de morale ont été anéanties. Il Testait au peuple des défenseurs cpii pouvaient encore l'éclairer, des hommes qui, dès les premiers jours de la Révolution, s« sont consacrés à sa cause, non par spéculation, non pour faire oublier une vie criminelle, non pouf acquérir des hôtels et des carrosses en déclamant avec hypocrisie contre les richesses, mais pour avoir la gloire de coopérer au bonheur de leur patrie, saiMPifiant à cette seule ambition de leurs âmes état, fortune, travail, femillé. On a tenté de les perdre par la calomnie, on les a poursuivis par des dénonciations peitides, par des impostures, par des cris forcenés, on les a vilipendés dans d'infâmes libelles, dans des di|0Ôiirs de tribune plus infâmes encore, dans les assemblées populaires, dans ^ les places publiques, chaque jour, à toute heure, à tout instant.
« Alors on a vu se développer cet étrange système .- *
de liberté d'après lequel on vous dit : Vous êtes libres, ,* .^^ : mais pensez comme nous sur telle ou telle question .
d'économie politique, ou nous vous dénonçons à la vengeance du peuple ; vous êtes libres, mais courbez la tête devant l'idole que nous encensons, ou nous vous dénonçons aux vengeances du peuple ; vous êtes libres, mais associez-vous à nous pour persécuter les hommes dont nous redoutons la probité et les lumières, ou nous vous dénonçons aux vengeances du peuple. Alors, citoyens, il a été permis de craindre que la Révolution,
comme Saturne dévorant succeBsivement ses enfants, n'engendrât enfin le despotisme avec les calamités qui raccompagnent.
(( La Convention est divisée en deux partis ; les uns ont regardé la Révolution comme finie à l'instant oii la France a été constituée en République. Dès lors ils ont pensé qu'il convenait d'arrêter le mouvement révolutionnaire, de rendre la tranquillité au peuple, de faire promptement les lois nécessaires pour consolider la liberté.
(( Les autres, a^içontraire, alarmés' des dangers dont la Coalition nous menace, ont cru qu'il importait à l'énergie de notre défense d'entretenir encore toute Teffervescence de la Révolution.
« La Convention* avait un grand procès à juger. Les uns ont vu daa^ l'appel au peuple ou dans la simple réclusion du coupable un moyen d'éviter une guerre civile qui allait répandre des flots de sang, un hommage solennel rendu à la souveraineté du peuple. Les autres n'ont vu dans cette mesure qu'un germe de guerres intestines et une condescendance pour le tyran ; ils ont appelé les premiers royalistes, les premiers ont accusé les seconds de ne se montrer si ardents à faire tomber la tête de Louis que pour placer sa couronne 3ur le front d'un nouveau tyran. Dès lors le feu des passions s'est allumé avec fureur dans le sein de l'Assemblée.
« On a conçu l'infernal projet de détruire la Convention par elle-même ou de la dominer par l'intrigue et la terreur. On vous a proposé de faire élire les