‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 200 sur 249 · Voici le texte de cet ordre du jour · texte numérisé non relu

Voici le texte de cet ordre du jour

« Au quartier général de Saint-Amaod , le 2 avril 1793, 2* de la République française.

Mot d'ordre : Camarades^ suivez^moù Ralliement: Tout ira bien.

« L'armée conservera sa position. Le général la prévient qu'il ira la voir aujourd'hui à 3 heures. Pour laisser reposer ses braves troupes et pour mieux servir son pays, il est convenu d'une suspension d'armes avec les généraux de l'armée impériale, et comme les deux armées sont très voisines, il ordonne une surveillance exacte pour la police; il défend sous peine de mort de passer les limites du territoire français. Les généraux de l'armée impériale ont proclamé chez eux la même défense et sous la même peine. »

Le même jour, 2 avril, Dumouriez avait adressé un ordre du jour particulier aux régiments de cavalerie commandés par le général Neuilly; cet ordre du jour est remarquable par une invocation à l'obéissance passive beaucoup plus explicite que celle que l'on trouve dans les autres pièces datées du même jour et des jours suivants.

Ordre du jour du général Dumouriez adressé au général Neuilly,

a Annoncez à votre corps d'armée que nous voulons être libres,

d'abord au camp de Bruille ; il y est reçu avec enthousiasme ; il harangue les troupes bataillon par bataillon, et s'enivre de leurs acclamations ; il reçoit des adresses toutes préparées, où on lui prodigue les noms de père de la patrie et de sauveur de la France ^ Mais il est trop

que les étrangers ne se mêlent pas de nos affaires, et que nous reprenons la Constitution que nous avons jurée en 4789, 4790 et 4794, qui nous donnait des lois et un roi constitutionnel. Par ce moyen nous nous tirons de Tanarchie et des crimes, nous redevenons une nation honorable; tel est le vœu de la totalité des bons citoyens. Cette mesure rendra le calme et la paix à la France, et les braves volontaires seront à môme de retourner tranquillement dans leurs foyers et de donner leurs soins à la culture et au commerce.

a Le général prévient qu'il a reçu les ordres les plus exprès pour agir avec la plus grande sévérité contre les corps ou individus qui chercheraient à établir la mésintelligence ou une espèce de guerre civile parmi Tarmée.

a Tous les braves soldats se souviendront que l'armée est essentiellement obéissante et qu'elle ne doit pas balancer dans cette circonstance puisqu'il s'agit de sauver la patrie et d'avoir une paix intérieure et extérieure qui adoucira les maux dont nous sommes rongés depuis quatre ans.

«c Le général est le premier à donner des marques d'obéissance aux ordres de ses supérieurs, quand ils tendent au bien-être de sa patrie. »

4. Le Moniteur y n° 98, donne une de ces adresses, qui fut signée par le cinquième bataillon de Saône-et-Loire ; elle est ainsi conçue:

« Les méchants qui vous persécutent sont vos ennemis sans doute et ce sont vos vertus qui les attirent, mais ils sont encore plus les nôtres et nous les détestons sans les craindre.

« Général, sauvez l'armée, sauvez encore votre patrie. C'est au nom de cette mère commune, au nom des bons citoyens, que nous vous en conjurons. La victoire a marché à votre voix ; elle vous suivra partout; notre obéissance et notre confiance vous en sont de sûrs^garants.

a Cherpieux, premier lieutenant-colonel commandant le 5* bataillon

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