Révolutions de Paris, n
Cet appel au meurtre et au pillage est commenté dans plusieurs sections, notamment dans celles de TOraloire et des Gravilliers. On y voit des officiers municipaux en écbarpe, qui semblent légaliser par leur présence tous les désordres qui vont éclater; à leur tête, se distingue Jacques Roux, le prêtre apostat qui avait conduit Louis XVI au supplice et s'était décerné à luimême le surnom de Marat de la Commune. Il n'en fallait pas tant pour mettre le feu aux poudres; bientôt dans chaque rue, daiis chaque carrefour, se forment des groupes d'hommes à figure sinistre. Des cris de : Mort aux accapareurs ! se font entendre. La force armée ne parait nulle part; elle semble vouloir laisser le champ libre à l'émeute; le commandant général, San terre, suivant sa louable coutume, s'est esquivé dès la pointe du jour et est parti pour Versailles, sous prétexte d'organiser de nouveaux bataillons de gendarmerie. On commence par enlever le pam qui se trouve chez les boulangers, mais ce médiocre butin ne peut satisfaire les principaux agitateurs. Ils font circuler, parmi leurs affîdés, le mot d'ordre convenu : Mettons à la raison les épiciers! De tous les côtés on se porte dans le quartier des Lombards, où, a cette époque plus encore qu'aujourd'hui, était concentré le commerce du savon, du sucre et des autres denrées dont le renchérissement faisait l'objet des plaintes continuelles de la population parisienne. Les marchands qui veulent s'opposer à la violation de leur domicile et de leurs propriétés sont l'objet des sévices les plus graves. Plusieurs sont menacés de la lanterne s'ils osent résister au peuple souverain. Les magasins sont envahis;