‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 52 sur 249 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

Les volontaires placés sur les transports qui avaient pu aborder à Ajaccio, y furent débarqués pour attendre que les trois bataillons de ligne et le bataillon corse fussent à leur tour prêts à partir. Mais des querelles et des rixes ne tardèrent pas à s'élever entre les Marseillais et les Corses \ Dans la crainte qu'elles ne se renouvelassent en Sardaigne, on résolut de séparer les deux troupes de volontaires, qui ne brillaient ni l'une ni l'autre par un vif amour de l'ordre et un grand respect de la discipline. Ceux qui venaient des côtes de Provence furent destinés, avec la majeure partie des troupes de ligne, à former l'attaque principale sur Cagliari. Les Corses furent désignés pour opérer une contre-attaque sur les îles de la Magdelaine, qui sont situées presque vis-à-vis de Bonifacio, et dont la conquête devait flatter tout particulièrement les compatriotes de Paoli*.

4 . On lit ce qui suit dans la biographie des premières années 4e Napoléon Bonaparte, par le colonel de Goston, ouvrage qui a paru^en 4840 et qui est fait avec la plus scrupuleuse conscience :

ff La phalange marseillaise fit son entrée à Ajaccio aux cris de Ça ira, à bas les aristocrates ! Ces soldats lâches et cruels pendirent ou lanternèrent, suivant l'expression du temps, un artisan d'Olmetto, habitant à Ajaccio, et un propriétaire de Sarlène. Ils préparaient le mêmej^ort au chanoine Antoine Peraldi, procureur de. la commune, qui voulait sauver ces victimes, et ils l'auraient immolé sans l'assistance de soldats d'un détachement du régiment d'infanterie de Vermandois (64«), qui, armés de leurs sabres, accoururent et arrachèrent à celte horde effrénée l'intrépide ecclésiastique. »

t. Sur ces deux expéditions, on peut consulter le livre publié en 4842, à Turin, par le baron Manno, actuellement premier président de la cour de cassation d'Italie : Sloria modema délia Sardegna.

L'amiral Truguet avait envoyé, dès le mois d'octobre dans le golfe de Naples, son second, Latouche-Tréville, exiger du beau-frère de la reine Marie-Antoinette la reconnaissance de la République*. Gomme cette expi^lition ne pouvait être de longue durée, il avait ordonné aux vaisseaux, cliargés d'intimider les Napolitains, de venir le rejoindre dans la rade de Palmas sur les côtes de la Sardaigne.

L'un d'eux, le Léopard^ arrive le premier au rendez-vous général. Le 6 janvier, son capitaine, Bourdon-Grammont, s'empare sans coup férir de Tile de Saint-Pierre et de la presqu'île de Saint-Antioche qui protègent la rade. Bien reçu par la population % mais n'ayant pas de troupes de débarquement, il est obligé d'attendre le reste de la flotte. Truguet et Latouche- Tréville, partant l'un d'Ajaccio, l'autre de Naples,

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