‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 61 sur 249 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

LA COALITION EUROPÉKNNE.

Le coup de hache du 21 janvier eut un immense retentissement en Europe. Peuples et rois s'émurent également; tous les ressentiments, tous les intérêts, toutes les convoitises se réunirent pour prêcher la croisade universelle contre la France*. Dès 1789, la plupart (les souverains s'étaient instinctivement prononcés contre l'application des idées nouvelles, bien que beaucoup d'entre eux les eussent admises et préconisées lant (ju'eiles étaient restées à l'étal de théories. Ils s'étaient |)lu naguère à échanger quelques lettres pleines de ménagements et de flatteries avec les Philosophes,

1 . Pour le Uibicau complet de la politique des cabinets à la fin (io l'année 1792 et au commencement de 1791, nous renvoyons nos lecteurs au deuxième volume de VfHsCoire diplomatique dv l'Europe pendant la Révolution française. Ce remarquable ouvrage, dû à la plume d'un ancien diplomate, le comte François de Bourgoing, nous initie admirablement aux intrigues secrètes qui s'agitaient en Europe pendant le cours de notre Révolution.

It HISTOIRE DE LA TERREUK.

se sont associées pour le crime du premier partage de la Pologne, songent à profiter des troubles européens pour procéder à un nouveau dépècement de ce malheureux pays. Seulement, plus avisée que ses deux complices, l'astucieuse Catherine, si elle proclame bien haut sa haine contre la llévolution française, n'appuie ni d'un soldat, ni d'un écu les tentatives de la Prusse ^ de l'Autriche pour exécuter Jes menaces de Pilnitz; elle réserve ses ressources en hommes et en argent afin de se jeter, au moment opportun, sur la patrie des Jagellons et des Sobiesky, et de s'y tailler la part du lion, sauf à abandonner quelques débris de cette proie à ses deux anciens coparlageants.

Le nombre des Etats observant la neutralité vis-à-vis de la France se restreint de jour en jour. Seuls, ils auraient pu élever la voix en faveur de l'infortuné Louis XVI, puisque seuls ils avaient conservé des relations diplomatiques avec le gouvernement français. Mais, avant la catastrophe du 21 janvier, ni l'Angleterre, ni les puissances Scandinaves, ni les souverains de l'Ila- . ie, ni même l'Amérique, n'avaient tenté de démarches officielles. L'Espagne avait présenté quelques timides observations, et nous avons vu comment elles avaient été reçues ^ ; aussi pouvait-on prévoir que, dans un temps assez rapproché, le gouvernement de la Péninsule passerait d'une neutralité de plus en plus douteuse à une hostilité déclarée. Et cependant, avec quelques ménagements habiles, le cabinet de Paris aurait pu

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