LIVRE XXVin
bords du Rhin, au pied des Alpes, là doit finir notre république. Aucune puissance ne peut nous arrêter ; c'est en vain qu'on nous menace de la colère des rois. Vous leur avez jeté le gant, et ce gant c'est la tête d'un tyran. Ne songeons plus qu'à développer la force nationale, envoyons des commissaires dans toutes les communes de la République pour demander des hommes et des armes, et précipitons la France entière sur nos ennemis. Quant à la Belgique, l'homme du peuple et le cultivateur veulent la réunion; ils sont mûrs pour la liberté , ils sont dignes d'être unis à la France par des liens indissolubles. Ce n'est que parce que les patriotes pusillanimes doutent de cette réunion que l'exécution de votre décret du 15 décembre éprouve de l'opposition. Prononcez-la, faites exécuter les lois françaises; et aussitôt les prêtres perturbateurs, les aristocrates séditieux purgeront, en vertu de ces lois, la terre de la liberté. Cette grande purgation opérée, nous aurons des hommes et des trésors de plus. Je conclus à la réunion immédiate. »
Camus, Lacroix, Cambon, c'esUà-dire les auteurs mêmes du décret du 15 décembre, abondent dans le même sens que Danton, et accusent de tout le mal les administrations provisoires.
« Ce sont ces prétendus représentants du peuple belge, s'écrie Camus^ qui calomnient les intentions de la Convention, ce sont eux qui nous ont accusés de vouloir attenter à la souveraineté de ce peuple; ce sont eux qui entravent les opérations des assemblées primaires. — Eh bien ! ajoute Catnbon, que l'on consulte
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les Beiges et les Liégeois sur le mode du gouvernement qu'ils veulent avoir, et que l'on renvoie de suite Danton et Lacroix en Belgique pour veiller à Texécution des mesures que vous adopterez. »
Aussitôt on lit un décret préparé d'avance; il était précédé d'un considérant qui pouvait passer à bon droit pour une amère dérision.
« La Convention nationale, informée que, dans quelques-uns des pays actuellement Occupés par les armées de la République, l'exécution des décrets des 15, 17 et 22 décembre a été arrêtée par des ennemis du peuple coalisés contre sa souveraineté, décrète ce qui suit :
« 1® Les trois décrets précités recevront leur exécution immédia le ; les généraux des armées de la République sont chargés de prendre toutes les mesures nécessaires pour la tenue des assemblées primaires. 2° Les commissaires envoyés par la Convention pour fraterniser avec les peuples décideront provisoirement toutes les questions qui pourraient s'élever relativement à la forme et aux opér'ttions des assemblées primaires comme à la validité des suffrages, ils assureront la liberté des assemblées; ils pourront agir conjointement ou séparément, pourvu néanmoins qu'ils soient réunis au nombre de deux. 3** Les peuples, réunis en assemblées primaires, sont invités à émettre leur vœu sur la forme de gouvernement qu'ils veulent adopter. 4* Les peuples des villes et territoires qui ne se seraient pas rassemblés dans la quinzaine au plus tard de la promulgation du présent décret, seront déclarés ne pas vouloir être amis du peuple français. La République* les traitera comme les peuples