‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 10 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

|)Our le (limancho suivant, 2 septembre. Les députés élus devront être réunis à Paris le 20 septembre.

A ses décrets sur la suspension du pouvoir exécutif et la convocation de la (Convention nationale, la Législative joint un exposé de motifs dans lequel elle croit dévoir expli(iiier « à la nation, à T Europe, à la postérité, comment, placée entre le devoir de rester (idéle à ses serments et celui de sauver la patrie, elle a voulu les remplir tous deux à la fois... » Elle refait donc l'histoire des trois derniers mois sous la dictée des Jacobins victorieux, blâmant ce qu'elle a loué, gloriûant ce qu'elle a condamné, et, tout en insinuant qu'on lui a forcé la main sur la question de la suspension ou de la déchéance du pouvoir royal, qui ne devait, dit -elle, être décidée (ju'après un examen mûr et réfléchi , elle proclame la légitimité de l'insurrection qui a brisé le trône et la tient elle-même asservie.

Sans prononcer encore le nom de la République, l'Assemblée s'étudie à écarter d'elle le soupçon d'une arrière- [Kînsée favorable au maintien de la monarchie*. En

I. La commune plus encore que la Législative cherchait à effacer, dans les formules et les monuments, jusqu'aux derniers vestiges de la royauté. Elle changeait les unes et mutilait les autres. Ainsi , elle substituait le mot de citoven à celui de monsieur dans tous acles otticiels, engageait les diverses autorités à suivre son exemple oi ordonnait la suppression de toute marque distinctivo. Ainsi, elle déridait que de Theureuse révolution du 10 août deviiil commencer une ère nouvelle, et datiiil ses arrêtés de l'an I*"' de V Égalité. Ainsi elle faisait abattre les statues de Louis XIV et de Henri IV, briser les bustes de Necker, de La Favetle et de Baillv, et ordonnait la démolition des portes Saint-Martin et Saint-Denis. (Ces deux der-

vain, le 11, un montagnard, Guërin, lui rappelle-t-il qu'elle doit nommer le gouverneur du Dauphin ; en vain, le 12, des pétitionnaires insistent-ils pour que l'héritier du trône soit sépare de sa famille et pourvu d'une garde particulière : elle s'obstine à ne pas délibérer sur ces diverses propositions et borne ses efforts à résister à l'insistance de plus en plus vive de la commune qui, maîtresse absolue de Paris, entend rester seule gardienne de la personne du monarque.

niers monuments furent sauvés par l'heureuse intervention du littérateur Dussaulx.)

Voulant se dinerencier de plus en plus de la Commune légale, dont elle avait usurpé les pouvoirs, elle prescrivait à chaque section de se faire représenter dans son sein par six commissaires au lieu de trois.

Le sanhédrin démagogique compta dès lors 288 membres; il fallut trois jours pour le compléter, car quelques-unes des sections ne nommèrent leurs délégués que le 42 et même le 43 août.

Il est curieux d'étudier jour par jour les modifications successivement apportées par la commune insurrectionnelle dans les qualifications qu'elle cfoit devoir se donner. Le 40, les usurpateurs s' intitulent commissaires de la majorité des sections réunis avec pleins pouvoirs pour Siiuver la chose publique; le H, assemblée j;énérale des commissaires réunis des diverses sections de la capitale, formant la majorité de la commune; le 4i, assemblée générale des représentants de la commune de Paris réunis pour le salut public. Le 43, voyant déjà leurs pouvoirs contestés au sein de l'Assemblée nationale et voulant s'affirmer eux-mômes, ils finissent par prendre le titre de « Conseil général de la commune, d

Les nominations faites par les sections le 4 4, le 42 et le 4 3 août n'amenèrent à l'Hôtel-de-Ville que très-peu d'individus ayant déjà ou devant plus tard acquérir une certaine célébrité. Dans cette foule, nous ne trouvons à citer que Robespierre, Chaumetle, Méhée fils, Destou ruelles, Billaud-Varennes, Pache, Choderlot- Laclos; encore ces deux derniers n'y parurent-ils qu'un instant.

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