‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 16 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

L'Assemblée avait décréttS comme nous Tavons vu, la formation d'une Cour martiale pour juger les auteurs de ce qu'on appelait les crimes du 10 août. Mais cette Cour n'était évidemment compétente que pour connaître des actes qui se rattachaient d'une manière intime et directe aux faits militaires de cette journée. L'Assemblée l'avait si bien compris ainsi que, le 13, elle renvoyait devant la haute Cour d'Orléans Barnave, Alexandre Lameth et les anciens ministres Duportail ^, Duport-

puissante rivale. On croirait, en en lisant les considérants, qu'elle a été rédigée par Robespierre lui-même.

V L'Assemblée nationale, considérant quMl est indispensable dans «las circonstances actuelles de simpliGer la marche ordinaire des « corps administratifs de la capitale, de débarrasser celle des repré- « sentants de la commune de Paris de toutes les entraves qui peuvent « suspendre ou retarder l'exécution des mesures, dont la célérité seule « peut produire l'effet qu'on en attend, décrète qu'il y a urgence.

« L'Assemblée nationale, après avoir décrété l'urgence, décrète que «i;«dministration du département de Paris cessera d'exercer sur tous fies actes de sûreté générale et de police, faits par les représentants c de la commune de Paris la surveillance qui lui est attribuée, et qu'à « l'avenir, pour ces objets, les représentants de la commune de Paris « correspondront directement, tant avec les corps léj^islatifs qu'avec le « pouvoir exécutif. «

1. Nous avons retrouvé une lettre écrite par Duportîiil au moment même où il venait d'apprendre que l'Assemblce législative l'avait mis en accusation. Cette lettre montre trop bien avec quelle résolu- UoD sereine et même enjouée certains hommes acceptaient ||f redou-

Dutertre, Bertrand de Moiieville, Montmorin et Tarbé, que semblaient inculper certains papiers trouvés dans le secrétaire de Louis XVI, et dont Gohier fit publiquement la lecture.

Le ministre de la guerre, ou plutôt Clavière, ministre des finances, qui, en Tabsence de Servan, tenait Pintérim,

doulables conditions de celle époque pour que nous n'en donnions pas à nos lecteurs les principaux fragments.

I Paris, le 22 août.

a Tu auras sans doute été bien surpris, mon cher ami, de me voir décréter d'accusalion par rÂssemblée ; je ne Tai pas été moins que toi, et je suis encore à chercher ce qui peut y avoir donné lieu... L'Assemblée a^ dit-on , pris cette résolulion sur un mémoire trouvé dans les Tuileries, par lequel il paraît que les ministres, joints à des membres influents de l'Assemblée nationale, avaient des intelligences avec les émigrés ou travaillaient contre la Constitution, etc. l\ semble que la première chose que l'Assemblée eût à faire était de faire comparaître les ex-ministres et de voir s'ils reconnaissaient le mémmre, s'il était signé d'eux, etc. Alors, quand on en serait venu à moi, je leur aurais appris que j'ignorais parfaitement tous ces faits, que je n'ai eu aucune espèce de part à aucun travail, aucun plan de l'espèce indiquée, que, s'il y a eu des conférences sur ces objets, je n'en ai jamais ôté. Je les aurais défiés de trouver jamais un mot de mon écriture ou signé de moi, qui confirmât leurs soupçons, et j'aurais défié qui que ce fût de m'inculper de cette manière avec quelque ombre de vraisemblance, lis auraient apparemment trouvé alors qu'il n'y anril pas lieu à accu<>ation : mais il était bien plus court de trancher ainsi qu'ils l'ont fait

Si je dois être ju^^é et que je le sois par un tribunal éclairé, équitable et libre, jo n'ai rien à craindre. Je sortirai même avec honneur de cette épreuve... Si mon sort vient à dépendre d'un tribunal tout différent, ch bien ! il faut considérer cet accident comme d'être massacré par des brigands on court ce danger dans les forêts, cela

n'empôdie pas de voyager gaiement.

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