‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 204 sur 262 · DES INNOCENTS · texte numérisé non relu

DES INNOCENTS

« Citoyens, mon devoir est de satisfaire au vœu que vous m'exprimez. Vous désirez savoir pourquoi j'ai assisté rarement au conseil général; le voici : dans le passage de Torganisation ancienne à l'organisation nouvelle, je n'ai pas aperçu dislinctement les fonctions qui m'étîiient réservées; pressé entre ceux dont on occupait la place, qui ne se croyaient pas pour cela destitués, et ceux qui s'en regardaient légitimement investis, ma position était délicate. La marche ordinaire des affaires étant interrompue, la partie administrative étant sans mouvement, mon activité se trouvait par cela même enchaînée et ma présence était moins nécessaire. Je ne me suis pas dissimulé à l'instant que, quelle que fût ma conduite, elle aurait des improbateurs, je ne me suis pas dissimulé que je ne pouvais même pas prendre un parti fortement prononcé soit pour, soit contre, sans danger pour la chose publique. Balançant les services importants rendus par la commission avec ses erreurs, la nécessité de ne pas la détruire dans l'opinion, avec les inconvénients de laisser son empire s'accroître, voulant emprcher un choc dangereux et impolitique entre elle et l'Assemblée nationale, je ne puis vous dire quelle a été, quelle est ma perplexité. C'est ici que j'ai vu que le temps était le grand maître, et que dans

4Tt HliTOlftE DE LA TERREUE.

toates choses il y atait on moment de matorité qa*il fallait sa- Toir saisir, f ai marché à traTers ces écaeils avec autant de prudence qu'il m*a été possible, ayant toojoors pour guide ma conscience et le sentiment du bien.

« Je n'î^ore pas qu'on me calomnfe, je n'ignore pas qu'oo cherche à égarer Topinion snr mon compte. On n'ose pas encore me fiure des inculpations graves et directes ; on se contente de préparer les esprits à les recevoir. J'opposerai à ces manœuvres ma vie entière et quelques bonnes actions; au besoin, je dirai! mes amis et à mes ennemis de citer on seof fait dont un bonune d'honneur ait à rougir; je continuerai à remphr mes devoirs avec zèle, avec courage, et peut-être qu'en terminant ma carrière j'obtiendrai Festime de ceux qui chérissent leurs amr

blables et la liberté.

« Le maire de Paris,

« PxnoH. »

JEAN JLLIEN

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