Le Moniteur du "iO bnimiire (10 Qoveinbre
qu'on ne violât les dépôts confiés à la commune... J*ai fait mon devoir en cette occasion, je le ferai encore en démasquant les provocateurs de cette journée sanglante qui siègent parmi nous^ » La convention applaudit. Tous les regards se tournent vers Panis et Sergent, les derniers représentants du trop fameux comité de surveillance.
Mais la réaction vers les idées de justice et d'humanité s'accentuait de plus en plus. Tous les jours, des députations des sections parisiennes venaient demander la punition de ces individus que Ton appelait alors la queue de Robespien-e, Le 13 ventôse (3 mars 1795), un orateur, parlant au nom de la section des Invalides, s'exprimait ainsi ;
u Indulgence pour la tourbe dos faibles, dont les yeux, mais non les âmes, ont été fermés à la lumière... Mais guerre à mort aux chats-tigres! ces hommes n'avaient d'humain que la figure et leurs cœurs étaient de fer. Accélérez le retour de Tordre par le jugement des grands coupables, des exécrables assassins du 2 septembre, des scélérats qui conduisirent froidemeent une foule de prévenus d'Orléans à Versailles pour s'abreuver de sang jusqu'à satiété *... »
Les juges qui avaient déjà les premiers en 1702 donné l'exemple des poursuites contre les assassins de septembre furent encore les premiers à seconder ce réveil de l'opinion publique. Les magistrats de Saône-et-Loire reprirent l'instruction qu'ils avaient commencé(î, dès 1792, contre les assassins des prêtres de Couches; ils purent mettre la main sur quatre des contumaces condamnés à mort le 17 janvier 1793, et recommencèrent contradictoirement leur procès. Les assassins espéraient trouver en 1795, dans la Convention, une indulgence égale à celle dont leurs complices avaient profité en 1793; mais les temps n'étaient plus les mêmes. Cette assemblée régénérée par le malheur passa à l'ordre du jour sur la pétition que ces misérables lui adressèrent. Le tribunal criminel de Saôneet-Loire, sur le verdict alfirmatif du jury\ condamna à mort
i. 3f(>m/eur du 3 pluviôse (22 janvier 1795), p. 508. 2. Moniteur du iO ventôse (G mars 1795), p. G79.
deux des accusés et acquitta les deux autres ^ (6 prairial, an ^.
D'antres tribunaux suivirent Texemple des magistrats de Saône-et-Loire.
Le tribunal criminel de la Marne avait également entamé une procédure contre les auteurs des assassinats de Reims et la poursuivait très-activement.
Celui de Seine-et-Oise avait commencé, dès le 10 germinal, des poursuites contre Fournier l'Américain et deux individus beaucoup plus obscurs, qui étaient prévenus d'avoir participé aux meurtres de Versailles. C'était un ouvrier teinturier nommé Tamisier et un ouvrier sur les ports nommé Bouchot. On avait envoyé des commissions rogatoires à Orléans, et nous avons donné, dans une note précédente (pages 601 et suivantes), quelques-unes des principales dépositions qui furent recueillies contre le commandant de l'armée parisienne.
Diverses sections de Paris commencèrent officiellement des enquêtes sur les événements de septembre *.
Après la journée du 13 germinal, dans laquelle le parti jacobin, relevant la tête, avait voulu s'opposer au décret de transportation qui avait frappé les trois membres de l'ancien comité de salut public, Billaud-Varenne , Collot-d'Herbois et Barrère; après celle du 1*^' prairial an m, où les bandes démagogiques
1. L'un des deux condamnés à mort, Forgeot, ferblantier, à Coaches, se donna la mort dans sa prison. L'autre, nommé Masson, tailleur d'habits, fut exécuté sur la place publique d'Autun. La pétition, qu*ils avaient adressée à la Convention avant leur mise en jugement, contenait les phrases suivantes : « Déjà vous avez passé l'éponge de l'oubli sur une foule de traits de cette sorte, arrivés dans plusieurs endroits de la République, et ils sont persuadés que le voile que vous avez déjà employé servira encore à leur égard pour eacher toute la noirceur du crime dont ils sont prévenus... l'on regardait les prêtres comme les vrais auteurs de tous nos maux ; vous les avez vous-mêmes crus si dangereux que vous les aviez proscrits du territoire français... Les quatre prêtres ont été victimes. Le peuple eu furie leur a donné la mort et l'on croyait si bien avoir fait une belle action que chacun , le lendemain , se vantait d'en avoir tué sa bonne part... Vous hésiterez d'autant moins, citoyens représentants, à leur accorder ce que vous demandent les pétitionnaires, que ce sont quatre pères de famille, quatre sans-culottes, sur la conduite desquels il n'y a jamais eu le moindre reproche à faire, qui ont toujours marché dans les sentiers de la probité et de la vertu... »
2. Nous avons retrouvé la délibération par laquelle fut constituée la commis-
avaient tenu asservie la Convention pendant quelques heures et égorgé le courageux Féraud, les représentants du peuple comprirent qu'il n'était plus temps d'user de ménagements avec un parti incorrigible; ils firent fermer le club de la rue Saint- Honoré et rendirent, le k messidor, une loi qui renfermait des dispositions ainsi conçues :
a Les tribunaux criminels de département connaîtront immé-
sion d*enqiiète de la section de lUnité ou des Quatre-Nations , précisément celle dont nous ayons parlé dans une note précédente, p. 529. »
SECTIO!! DE L*DIIITi.
Extrait du registre des délibérations de Vassemblée générale. Présidence du citoyen Guinot, Séance du W jour de germinal , l'an m de la République française une et indivisible.
« Sur différentes propositions faites, qui se trouvent appuyées, et sur Fin* time persuasion où sont tous les bons citoyens, que la liberté, Tindivisibilité delà République, et la sûreté de TÉtat se trouvent en danger tant que le crime se trouvera impuni , que les hommes, qui ont constamment conspiré contre la liberté des citoyens et la sûreté des propriétés , resteront dans la société et en partageront les travaux, ainsi que ceux qui ont trempé leurs mains sacrilèges dans le sang de leurs concitoyens, dans les journées des 2, 3 , 4 et 5 septembre , se trouveront saisis des armes qui ne devraient être portées que par de bons citoyens.
« L*assemblée générale arrête qu'il sera formé une commission composée de cinq membres à Teffet de recevoir toutes les déclarations et tous les renseignements qui leur seront donnés par leurs concitoyens, soit verbalement, soit par écrit, et qui pourraient tendre à leur faire connaître les auteurs et les complices des assassinats commis dans les journées des 2, 3, 4 et 5 septembre, ainsi que des divers crimes, vols et pillages qui ont suivi ces horribles journées; pour, après avoir fait connaître leur travail et consulté l'assemblée générale, en faire leur rapport au comité de sûreté générale et de salut public de la Convention nationale qui prendra , dans sa sagesse, ainsi que dans sa justice, les mesures qu'elle croira les plus convenables.
« Les citoyens nommés sont : Goujet-Deslandes, Ijimbinet aine, Chauve€M
de Iji Garde, Monnot et Poulin. L'assemblée croyant que les citoyens Schmit
et Lecomte^ anciens trésoriers de la section, pouvaient donner à cette com-
commission des renseignements nécessaires, les a adjoints pour la facilité
d'un travaU aussi important.
« Pour extrait conforme :
« Gi;iiiOT, président; Gocht-Desla^des, secrétaire; Lambinet aîné, secrétaire archiviste. »
« diatement des crimes de meurtre et d'assassinat commis dans « l'étendue de la République depuis le i^ septembre 1792.
a Art. n. Les auteurs, instigaieurs, provocateurs et complices a des crimes énoncés dans rarticle précédent seront arrêtés tt sur-le-champ et traduits sans délai au tribunal du départe- 0 ment du lieu du délit...
a Art. IX. Les accusateurs publics seront tenus d'envoyer copie a du jugement soit qu'il acquitte, soit qu'il condamne, au comité <i de législation, trois jours après sa date.
a Art. XI. Les juges, accusateurs publics et greffiers des tribu- 0 naux criminels demeureront en permanence jusqu'à ce qu'il « en ait été autrement réglé; les jurés seront aussi en perma- « nence pour le temps qu'ils doivent servir. »
La première application de cette loi fut le jugement que le tribunal criminel de la Marne rendit, le 26 thermidor suivant, contre les assassins des prêtres de Reims. Il condamna à mort ^ un colporteur de journaux nommé Leclère et un brocanteur nommé Cenis-Sauris, et, à six ans de fers, le cordonnier Leblanc et le vitrier J.-B. Tullien *.
Pour obéir à la loi du h messidor, le tribunal criminel du département de Paris ordonna, le 26 fructidor an m, aux secrétaires ou autres dépositaires des papiers des comités ou commissions de déposer dans le plus bref délai au greffe du tribunal tous registres, cahiers, notes, feuilles ou renseignements quelconques contenant des déclarations ou dénonciations contre les prévenus des crimes auxquels s'appliquait la loi du 4 messidor précédent. Mais à peine ce jugement était-il rendu que, par un de ces revirements si fréquents en temps de révolution, intervint la loi d'amnistie qui porte la date du h brumaire an IV. La Convention achevait ce jour-là sa longue et sanglante carrière; elle voulut jeter le voile de l'oubli sur tous les
i. Leblanc et Tullien étaient tous le5 deux domiciliés à Chemcn* près Reims, et avaient «'t*' spécialement convaincus d'avoir joui* un rôle tK*sactif dans l'arrestation des al^bés de Lescure et Levacher à Monchenot.
Les deux condamnés à mort furent exécutés le l**" fructidor sur la place publique de Reims.
faits d'une révolution qu'elle croyait avoir terminée en donnant aux Frani^is la constitution de l'an m.
Les art. m et v de cette loi d'amnistie élaimit ainsi conçus :
n Abt. m. La Convention abolit, à compter de ce jour, tout u décret d'accusation et d'arrestation, tout mandat d'arrêt mis B ou non à exécution, toutes procédures, poursuites et j'uge- II ments portant sur des faits purement relatifs à la révolution. Il Tous détenus à l'occasion de ces mêmes événements seront « immédiatement élargis, s'il n'existe point contre eux des « charges relatives à la conspiration du 13 vendémiaire dernier.
« Abt, IV. Les délits commis pendant la révolution et prévus n par le Code pénal, seront punis de la peine qui s'y trouve « prononcée contre chacun d'eux.
n Art. v. Dans toute accusation mixte oii il s'agirait à la fois « de faits relatifs à la révolution et de délits prévus par le Code « pénal , l'instruction et le jugement ne porteront que sur ces Il délits seuls. »
Le premier qui profita du bénéfice de cette loi fut Foumier l'Américain. Il avait été appréhendé au corps par suite du mandat d'arrêt lancé contre lui par le tribunal criminel de Seine-el- Oise et conduit a la Force. Aussitàt que le décret an h brumaire fut rendu, il en réclama l'application en sa faveur et obtint d'être mis en liberté le 7 du même mois. Il avait bien fait de se presser; car, dès le 15, un huissier, porteur d'ordres des magistrats de Versailles, venait réclamer sa translation dans les prisons de cette ville. La procédure n'en continua pas moins contre lui et ses deux coprévenus; et, le 10 nivôse an iv [31 décembre 1795), le jury d'accusation du district de Versailles déclarait qu'il y avait lîeu de les traduire devant le tribunal deScine-et-Oisc; mais, par une étrange aberration d'esprit, le magistrat qui tenait alors le siège du ministère public à Versailles, ne vit dans les faits que le jury d'accusation venait de déférer au tribunal criminel, que des actes purement révolutionnaires et ne tombant sous l'application d'aucun article du Code pénal ordinaire. La poursuite fut abandonnée contre Fournier et ses acolytes au moment mtme où elle allait aboutir. La mansuétude du parquet de Scine-et-Oise ne fut pas par-
tagée par le tribunal criminel du département de Paris. Le 10 mars 1796 (20 ventôse an iv) il vint en corps à la barre dtf conseil des Cinq-€ents demander les moyens de poursuivre d'une manière légale les individus prévenus d'avoir trempé dans les massacres de septembre*.
Sur cette pétition intervint un rapport de Colombel, qui ordonnait de reprendre toutes les poursuites contre les complices des massacres de septembre, les faits de cette nature oq pouvant être considérés comme couverts par la loi d'amnistie de bruipaire précédent*.
Dès lors, les procès entamés furent poussés vigoureusement; le tribunal de Seine-et-Marne qui, depuis longtemps, instruisait celui relatif aux septembriseurs de Meaux, en condamna quatre à mort, à savoir:
François Lombard, tisserand; Denis Petit, fripier; Pierre Robert, cordonnier; Pierre Lemoine, dit Moreau, portefaix*.
Le pourvoi des quatre condamnés à mort fut rejeté par la cour de cassation le 3 prairial an iv, et le jugement du tribunal criminel de Seine-et-Marne reçut son exécution quelques jours après.
Depuis près d*an an, le tribunal criminel du département dé Paris s'occupait de l'instruction dirigée contre les individus qm lui avaient été signalés par les enquêtes, faites dans diverses sections, comme étant connus par leur participation aex massacres de septembre. Mais on conçoit facilement les lacunes,, que présentait forcément une instruction commencée trois ans après les faits qu'il s'agissait de constater. Ces trois années avaient été si agitées et si remplies elles-mêmes d'événenieots terribles! la plupart des témoins avaient disparu; les coupables avaient pu changer de domicile; la plupart d'entre eux étaient, d'ailleurs, étrangers à Paris et avaient depuis longtemps fui le théâtre de leurs affreux exploits *.
i. Moniteur du 15 mare 4796 (25 ventôse an n).
2. Moniteur du 28 mars (8 germinal an iv), séance du conseil des Ciaif- Cents.
3. Un autre portefaix, Adrien Leredde, fut condamné à vingt ans de fers. Un boucher nommé Goulard était mort en prison pendant rinstmctioo.
4. L'immense procédure contre les assassins de septembre tel eonaerrée
II Dous est impos$fl)Ie de reproduire ici les dépositions des témoins entendus dans les enquêtes et dans l'instruction écrite. Conïentons-nous de dire que les individus poursuivis à' raison des massacres de TAbbaye étaient au nombre de neu^, à siavoir :
1° Damiens (Pierre-François), âgé de quarante ans, vinaigrier, né à Montmarquel (Somme), demeurant, lors des massacres de 1792, rue Sainte -Marguerite, section de TÛnité; (d'après les débats on voit que , depuis les massacres, il avait été ruiné dans son commerce et qu'il s'était réfugié à Crécy, département de Seine-et-Marne. Damiens avait servi , pluàeurs années avant la révolution, dans le régiment de Soubîse;)
2® Bourre (Antoine), âgé de trente-neuf ans, natif de Leigneux (Rhône-et-Loire), ancien garde française, sergent de la garde parisienne soldée, puis gendarme, demeurant cour du Tribunal, ci-devant Abbaye Saint-Germain ;
3® Debôche (lean), âgé de quarante-cînq ans, né à Paris, joaillier, demeurant rue de Bucy ;
4° Godin (Augusie-Victor-Sébastien), *gé de trente-six ans, né au Bourget (Seine), alors boucher, depuis conducteur des transports militaires, demeurant enclos de la ci-devant Abbaye Saint-Germain-des-Prés ;
5® Maillet (François), âgé de quarante-trois ans, natif d'Allones, près de Beauvais (Oise), tambour de la garde nationale, ci-devant garde française , demeurant rue Sainte-Marguerite, section de l'Unité;
6** Ledoux (Louis-Nicolas-Auguste), âgé de trente-huit ans, né à Paris, savetier, rue de l'Échaudé;
7** Mayeux (Pierre-Louis), âgé de vingt-huit ans, né à Sommesous (Marne), clerc d^huissier, puis défenseur officieux, demeurant rue des Boucheries-Saint-Germain ;
aux archifes de la Cour impériale de Paris. Nous arons été admis à la amfolter plusieurs fois, et nous avons pu prendre connaissance de toute l*instruction écrite qui précéda le jugement du tribunal criminel. Les débali oraux qui durèrent plusieurs Jours n*ont pas été conservés; mais noos.avettt eu le bonheur de retrouver au British Muséum un exemplaire imprimé da résumé que At de ces débats le président du tribunal criminel, Gohier, qai^ quelques années après, devint ministre de la justice, puis Tun des cinq membres du Directoire exécutif.
8* Lyon (André-Nicolas), âgé de cinquante-deux ans, né à Rouen, limonadier, demeurant rue Sainte-Marguerite;
9* Dubois (Pierre), âgé de quarante^six ans, né à CheUIe (Indre-et-Loire), compagnon charron, demeurant rue de Nevers.
Nous empruntons au résumé de Gohier les passages suivants sur plusieurs accusés :
« Damiens a été vu par plusieurs témoins la chemise relnxiS' sée jusqu*aux coudes, les mains et les bras ensanglantés, venir demandera boire, comme un furieux, chez le marchand de vin Livéque, demeurant vis-à-vis de la prison de TAbbaye ; fl se lava les mains à la fontaine, demanda une bout^le de vin et dit firoidement : « Retournons à notre besogne, m
« Quelle était cette horrible besogne, à laqudle Damiens invitait ses compagnons? D'autres témoins vont vous rapprendre si vous en doutez encore.
« Le citoyen Roussel déclare avoir vu Boaùems an nombre de ceux qui frappaient les prisonniers à la porte de la prâoa, et le citoyen Rengeaut a déposé qu'étant le 2 septembre en face de la prison chez le citoyen Thévenot, il a vu avec horreur* depuis qoatrehearesaprès-midi jusqu'à onze heures trois quarts, forger soixante-trob personnes, et que, parmi ces égorgems, fl a distingué partieutièfement ùsmiens par sa cmanté et soo acharnement. U prétend que ce IhmUns^ après an)cr aMBsocnr le rîltfyni LaUm. Imi omcrit U côù. pi^yn^fts sa «miji dams la profimét biissvrf q^^il omaù de l^i fairt^ l^i arrmha U oamr, k jMrti à ia ^fàche iVKM^ ^mr U dtc^rtr, et k îtsiai emsmUe em r«tr en crùMni : Vive la natîoo !
« Roorre a été, dbent le dtoyen Lé^i^qœ et s» ^loase* boôe cIkx e«x iiyytt ki mains et ks frèUmdmss tx^es ée f^^ides^ Ib dépCËient qu'il s*iest vancê d'a^rotr assassîaé k de poix de BooneAoa^neil^^ qnx êsait désena à FAbbov?: qs^en nKvxïcani RHzces les dnxxistLac^ vie c^ft iiiMTOce aâszssiitat, fl 1 di5 v^u-e ."^ ;ujs» vie ruîx s'îcizt saxv» iins te lacÙMsety lyiLSC êfiê pccr^civi p-ar >i: . ;cfi5 les ifcix s'rOJHic prîs la coèki. q-jfef je :j:;2e it* r»iix Sxulz :vc«»fr?*f i\z< ^rf l^'i ji&ct «f imrt ;«K^ 'etnziC*er. ^ri ith: fill:! 5:r--îîr Li pcrae pour If ièîrTr?r. -a, vpt il pcrai: eîi e^fc sur 5*:< n,r.i.< -ît sis wîi c:iit^»rt> i ,rriu:«< *a rrf«rr»î ie vr^ ci ^-I rBn?cQX.,
en
n Plusieurs autres témoins sont venus confirmer les faits k la charge de Bourre, comme les ayant vus de leurs propres yeux.
(> Gndia a été vu par plusieurs témoins, sur les marches de l'escalier qui conduisait au comité civil des Quatre-Nations, armé d'un instrument de ctiarpenlier, prêchant le massacre et disant que si on ne les prévenait pas, les prisonniers sortiraient et égorgeraient les femmes et les enfanls de ceux qui seraient parlis pour les frontières.
« François Maillet était un des tambours du bataillon de la section de l'Abbaye; deux témoins ont déclaré qu'a l'instant où les voitures contenant des prisonniers arrivèrent dans la cour de l'Abbaye, ils virent ouvrir la porte d'une de ces voitures, en tirer un prisonnier et le massacrer. Parmi les assassins ils ont distingué un tambour, mais ils ne peuvent assurer que ce tambour fût Maillet. »
Sur neuf accusés, sept furent acquittés faute de preuves sufllsantcs contre eux.
Damiens et Bourre furent déclarés convaincus d'avoir parti* tipé aux massacres de l'Abbaye, de l'avoir fait dans l'intenlion de donner la mort volontairement, sans la nécessité d'une légitime défense, sans provocation violente, mais de ne pas l'avoir fiit avec prémédilation. Us furent l'un et l'autre condamnés à vingt ans de fer.
Les individus traduits devant le tribunal criminel comme ayant participé aux massaci'es de la Force étaient au nombre de seize, savoir i
1" Antoine-Victor Crappier, âgé de vingt-huit ans, natif de Caiix. près de Montdidier (Somme), marcliand fabricant de bas. demeurant à Paris, rue de Charonne, n" 29, section de Popincourl;
3° Franco is-Baptiste-Joachi m Bertrand, âgé de vingt-trois ans, serrurier, et ci -devant tambour dans le bataillon de Sainl- Kustache à Paris, puis dans la compagnie des canonniers de la section des Droits de l'Homme, puis lambour-maltre dans l'armée révolutionnaire, au petit café de France, section du Temple;
3° François Lachève, âgé de trente-six ans, natif de Frobeiv \ille, département de la Seine-Inférieure, serrurier, demeurant à Paris, rue de Seine, section de l'Unité;
4® Angélique Voyer, dite femme Nicolas, âgée de trentedeux ans, native de Beauvais, département de l'Oise, regratïîè're, demeurant à Paris, rue des Prêtres-Saint-Paul, section de i'Arsenal ;
' ■ 5« Claude-Antoine Badol , âgé de trente-cinq ans, natif de Chaudron, département du Doubs, gendarme licencié,' dèmeariant à Paris, susdite rue des Prêtres-Saint-PauJ , section de VArsenal;
6° Jacques Laty, âgé de trente-deux ans, natif de Boulogne, département de la Seine, marchand de jourriaûx et brocanteur, demeurant à Paris, rue et section de Montreuil ;
7® Pierre Laval, âgé de cinquante-neuf ans, natif deLaBigne, département du Calvados, marchand de tabac, demeurant à Paris, rue et section de la Réunion ;
8® Siméon-Charles-Françoîs Vallée, âgé de trente-neuf ans, natif de Mesnillens, département de la Manche, marchand de "tableaux , et lors de son arrestation secrétaire analyseur du comité de sûreté de la Convention, section de la police, demeurant rue de la Monnaie, section du Muséum;
9*» Michel Marlet, âgé de quarante-trois ans, natif de Neuville-aux-Bois , département du Loiret, demeurant à Paris, me des Marmousets, section de la Cité;
10** Pierre-Martin Monneuse, âgé de quarante-trois ans, natif du Tremblay, département de Seine-et-Oise, marchand mercier, demeurant à Paris, rue des P^ontaines, section des Gravilliers;
11° Jean Gonord, âgé de trente-huit ans, charron, natif de Paris, y demeurant, petite rue Taranne, section de TUnité;
12° Jean-Nicolas Bernard, âgti de soixante et un ans, natif de Chaulny, département de l'Aisne, cordonnier, demeurant à Paris, rue Barre-du-Bec, section de la Réunion ;
13*» Jean-Gratien-Alexandre Petit-Mamin, âgé de trente-trois ans, natif de Bordeaux, département de la Gironde, rentier, demeurant à Paris, place de l'Écçaliié, section des Tuileries;
H° René Joly, âgé de vingt-sopt ans et demi, cordonnier, ci-devant gendarme, puis lieutenant de la 6® compagnie du 5« bataillon de Tarmée révolutionnaire, natif de Paris, y demeuraiit, rue des Jardins-Paul, section de TArsenal;
150 Pierre Chantrot, âgé de cinquante ans, défenseur officieux, 9atif de Paris, demeurant rue de la Coutellerie, section desArcis;
16^ Pierre-Nicolas Renier, dit le grand Nicolas, âgé de qualité et un an$, natif de Paris, ci-devant fort au port Saint- Paul, puis gendarme licencié, demeurant rue des Prêtres-Paul, IsectioB ^e TArsenal.
Nous empruntons également au résumé de Gobier les passages les plus saillants en ce qui concerne les priacqpaux de ces seize accusés.
« Pierre Nicolas Régnier, dit le grand Nicolas, est accusé d'être un des plus farouches assommeurs des détenus de la Force. 11 était à la porte armé d'une batte à plâtre, frappant les détenus qu'on faisait sortir du guichet; il avait assonimé un prisonnier sur les marches du portail des jésuites ; il traînait les cadavres sur le tas.
« Sa concubine, Angélique Voyer, dite femme Nicolas, est accusée d'être montée sur une charrette de cadavres, de les avoir foulés aux pieds, d'avoir achevé à coups de sabot une victime qui respirait encore; elle mangeait sur la voiture les mains teintes de sang.
« Monneuse était membre du conseil général de la coowune. U est accusé d'être allé aux prisons, notamment à la Force, revêtu de Técharpe municipale, d'y avoir fait les fonctions d'officier municipal et de juge.
« Le 21« témoin vous a dit avoir vu Monneuse arriver à la Force avec plusieurs autres et envoyer chercher quatre flam- Jbeaux.
« JLe 35* témoin vous a dit avoir vu Monneuse à côté d'un homme à grande barbe dans une salle en bas, à côté d'une table; il jugeait les détenus que l'on assommait.
« Le 43* témoin et le iô* vous ont dit l'avoir vu aller et venir à la Force, se réjouir des tristes événements qui venaient d'y avoir lieu, y témoigner beaucoup d'immoralité, ajoutant qu'on joua du violon devant lui et que son collègue dansa.
(( Le 52* témoin a vu aussi Monneuse en costume d'officier municipal, mais il ne l'a entendu se prononcer contre personne.
« Le 64* témoin, le citoyen Uuraut, vous a expliqué comment
on jugeait à la Force. II vous a dit que c'était Monneuse qui était assis à un des bouts de la table , que Chantrot faisait les fonctions d'accusateur, qu'il faisait les înterrogats, qu'ils étaient près d'une table , sous un hangar, à la Force , laquelle table était encore surchargée de bouteilles vides et de débris de comestibles.
a Hullot, 65^ témoin, dit qu^il a vu Monneuse et Chantrot à cette table, mais qu'il ne les a pas vus juger.
a Le 66* témoin dit qu'il a vu Monneuse arriver le 5 septembre avec trois autres municipaux.
c Monneuse a exposé pour sa défense qu'il s'est porté à la prison de la Force par ordre de la commune, mais pour empêcher le désordre, qu'il a failli perdre la vie, qu'il n'a jugé personne, que c'était le peuple qui avait nommé des jurés pour cette opération, que quant à lui il ne s'était occupé qu'à rechercher les faux assignats, qu*il en avait trouvé à la Force ainsi que les planches qu'il avait déposées à la commune, qu'il avait fait serrer les effets des détenus , qu'il avait rendu compte de ces objets, ainsi que des pièces d'or qu'un témoin lui a vu compter.
« Pierre Chantrot est accusé d'avoir fait les fonctions déjuge à la Force.
(( Vous avez entendu à cet égard les citoyens Hurant, HuUot et Emel, 6&*, 65®, 66® témoin, qui vous ont dit qu'il était à la table où l'on jugeait, le citoyen Huraut vous a ajouté qu*il faisait les fonctions d'accusateur national.
« Pour sa défense Chantrot avoue que, lorsque le rappel a été battu, il est allé en armes comme les autres citoyens ; qu'il est entré à la Force, qu'il y a lu des écrous, mais il a nié s'être livré à aucun acte inhumain et a dit que, s*il a lu des écrous, c'est qu'il y a été forcé parce qu'il s'était qualiûé d'homme de loi.
« Petit-Mamin est accusé de s'être vanté d'avoir assassiné à la Force la ci-devant princesse de Lamballe.
« Le témoin Barré nous a déclaré que Petit-Mamin s'était vanté d'avoir commis le crime ; mais il a ajouté qu'il ne savait si cela était vrai, et s'il ne l'avait pas dit par forfanterie.
« L'accusé Petit-Mamin a nié tous ces faits et soutenu qu'il n'avait été accusé qu'en haine de son excès de patriotisme; que
non -seulement personne ne l'avait vu commettre un assassinat, mais encore qu'il était incapable d'en commettre, et que jamais il ne s'était flatté de pareilles horreurs; quant aux autres inculpations, il les a également repoussées par la dénégation et a dit que, le jour même de l'assassinat de la Temme Lamballe, il était allé à Sainl-Germain pour faire une arrestation. Plusieurs témoins ont été entendus en faveur de cet accusé. La femme Millet a dit qu'elle avait vu celui qui portait, rue Antoine, le c<Eur de ta ci-devant princesse de Lamballe, qu'il le mordait. mais que cet individu forcené était parti avec son mari pour la Vendée, et qu'il y avait péri en voulant commettre encore de nouvelles horreurs'. »
Le jury déclara que quatorze des accusés n'étaient pas convaincus des crimes dont on les accusait; n que Monneuse avait aidé et assisté les coupables dans les faits qui avaient facilité l'exécution du crime, mais qu'il ne l'avait pas fait sciemment et dans l'intention de nuire.
Il Régnier, dit le grand Nicolas, fut déclaré convaincu d'avoir coopéré à cette action;
Il Qu'il l'avait fait dans l'intention de donner la mort volontairement, sans nécessité actuelle d'une légitime défense et non par suite d'une provocation violente, mais qu'il l'avait fait sans préméditation, m
Par suite de ce verdict, quinze des accusés, y compris Monneuse, furent relaxés ; Régnier seul fut condamné à vingt ans I de fers,
r Le jugement des assassins de la Force avait été rendu le S3 Boréal an iv; celui des assassins de TAbhaye, dont nous nttatpBrié plus haut, dura deux jours, le 23 et le 2U; enfin, le
1. Petit-Munin que, m&lgré son ftcquîtlement, oa t loujoun considéré rnmma l'un des aiauiiog de l> princeïso de lamballe, pusaii u rii dans le* bouge» du Paluivtloïal. Il élait tous In aoln lu tbéktre du Vaudevitte, ftlors élaliU nie de Chartres. 11 en tmriflut \es tiabitués et les acioun par le n^it de Ms aiaittres ciplait». Le témoin Barré était l'un des direetcurt dn \ BudeTille avec Radet et Desrnntaioes. Dans son iaterrogateiredeTant leju^ d'instruction, Pelii-Mamio répond avec indifférence k la question , sll a asuuiaé quelqu'un! - Au lOaoQi, il peut bieu u faire que j'aie tué qualqiiGS SuJMns! x
25, quatorze accusés de faits semblables à l'occasion 4es ^rgomeots de Saiot-Firmin, de la Salpétrière, de Bîo^re d des X^arvKS furent tous acquittés, y compris le funeux juge de paix de J|a section du Luxembourg, Joachim Geyrat, dont la paiticipation matérielle aux massacres ne peut-être prouvée puisque 4an8 ce moment il présidait l'asseôiblée de sa section dans r^glise même de Saint-Sulpice.
Foidant dnq années, les bommes de septendlire dispaijaissent; Timpunîté semble leur être assurée. Mais les mesoies léviriutionnaires amènent d'autres mesures révolutionaaires en sens contraire; en politique, cooune en pbysique, dans ce double moode qui oscille incessamment d'un pôle à TautiB, la réaction est toujours égale à l'action : malheur à ceux qui ^[lettentle pendule en mouvement, ils sont souvent frappés par le retour du balando*.
A la guillotine de la Terreur avait succédé le système des transportations. Le Directoire avait envoyé à Sinnamari de malheureux prêtres insermentés, puis les vaincus du coup d*État du 18 fructidor. Le gouvernement consulaire suivit l'exemple du Directoire. La machine infernale, que les chouans avaient placée sur le passage du premier Consul dans la rue Saint-^icaise, fut d*abord attribuée au parti démagogique, et avant que rafTaire ne fût éclaircie, un sénatus-consulte autorisa le gouvernement à prendre, contre tous les individus qu'U lui plairait de désigner, un acte de haute police extraordinaire. Fouché, pour faire admettre plus facilement par Topinion publique la nécessité de cette mesure exceptionnelle, eut soin d'inscrire sur la liste des transportés un certain nombre d'individus connus pour leur participation aux massacres de septembre et aux crimes de la commune insurrectionnelle.
Sur cette liste se trouvaient notamment inscrits :
Villain d'Aubigny et Pépin Desgrouettes, tous deux bommes d'affaires de bas étage, tous deux ayant appartenu en qualité de juges au tribunal du 17 août, tous deux véhémentement soupçonnés de s'être livrés au moment de leur puissance aux plus odieuses malversations * ;
1. MlUin-D^Âobigny a?ait été arrêté soas l'accusation de ?ol, et ne dot s
Michel (Etienne), marchand de rouge végétal, et membre de la commune au 2 septembre, depuis administrateur de police, 4ont on retrouve le nom au bas d'un grand nombre d'ordres d'arrestation ;
Leroy, dit Églator, ex-instituteur, également membre de la conimune insurrectionnelle, que l'on accusait de s*ôtre mis à la tête des bandes qui envahirent Bicêtre le 3 septembre 1782*;
Rossignol, aussi Tun des municipaux du 10 août et du 2 septembre, i'un des juges de la Force, le dévastateur de la Vendée, auquel nous avons déjà consacré une notice dans notre deuxième volume (voir page kkl) ;
Monneuse, René Joly, Petit-Mamin et Joachim Ceyrat, quatre des acquittés de floréal an iv ^ ;
André Corchand, que nous avons vu, en qualité de commissaire du pouvoir exécutif, procéder à Forges-les-Eaux à l'arrestation du vénérable duc de La Rochefoucauld (voir page 3l!i9 de ce volume);
Et enfin le plus célèbre et le plus audacieux de tous, Fournier l'Américain.
Le reste ne vant pas Thonneur d*ètre nommé.
Le sénatus-consulte avait été rendu le 15 nivôse an ix (5 janvier 1801), et, dès le lendemain, le ministre de la marine ordon-
liberté qu'à rintcnrention de Hlarat; depuis il avait été Tun des ac^oints du miuistèrc de la guerre, ministère qui, sous Bouchotte, était devenu le quartier général des plus ardents ]acobins. Hs s^ étaient fait donner des places lucratives, et d'ailleurs il y était Tacile de s'entendre avec les fournisseurs des armées.
1. Ce fait ne put être prouvé, mais ce qui est hors de doute, c'est que Leroy se fit nommer, très-peu de temps après, concierge de BicêO^, place qu'il occupa Jusqu'après les événements de prairial an ui, et où U se signala en inventant les conspirations de prison, au moyen desquelles il mit en coupe réglée les malheureux hôtes de cette prison et fit périr notamment son ancien collègue, le fameux Osselin, le président du tribunal du 17 août.
2. Nous avons raconté plus haut les exploits de Monneuse, de Geynit et de Petit-Mamin. Quant à René-Joly, c'était l'individu auquel Monneuae avait délivré le certificat que nous avons donné p. 269 de ce voliune. U avait été depuis l'un des officiers de la fameuse armée révolutionnaire»
naît à l'administration maritime de Nantes d'accélérer l'armement de la frégate la Chiffonne et de la corvette la Floche.
La Chiffonne fut mise sous le commandement du capitaine Guyesse, et la Flhche sous celle du capitaine Bonamy.
Le 20 nivôse (10 janvier), un convoi de quarante déportés partit de Bicétre; le 27, un second convoi de trente-deux individus partit du même lieu.
On découvrit, il est vrai, quatre jours après, que la machine infernale n'était pas l'œuvre du parti démagogique, que le coup partait d'autres mains; mais les deux convois étaient en route pour les îles de Ré et d'Oléron et on ne jugea pas à propos de leur donner contre-ordre.
Le premier convoi de déportés fut embarqué sur la Flècheei prit la mer le 16 février 1801 (27 pluviôse an ix); le deuxième prit passage sur la Chiffonne, et partit le 13 avril 1801.
On était en guerre avec l'Angleterre; il fallait avant tout éviter les croisières.
Les instructions avaient été données à chacun des capitaines, sous un pli cacheté qui ne devait être par eux ouvert qu'à la hauteur du cap Finistère et qui devait leur indiquer leur destination.
En ouvrant leur pli, ils apprirent que leur destination était Mahé, la principale des Séchelles, située dans la mer des Indes à 250 lieues nord-est de la pointe nord de Madagascar. Les proscrits devaient ignorer le lieu de leur déportation jusqu'au jour même de leur arrivée aux îles Séchelles.
La Chiffonne, après avoir eu deux combats à essuyer successivement avec une frégate portugaise et une frégate anglaise, abordait le 11 juillet 1801 à Mahé (3,700 lieues de France) et débarquait ses trente-deux proscrits.
La Flèche, partie la première, arriva la dernière à sa destination, parce qu'elle avait été obligée de relâcher successivement dans deux ports d'Espagne par suite d'avaries considérables. Elle n'atteignit Mahé que le 25 août.
Les déportés des deux convois se trouvèrent ainsi réunis et devinrent bientôt l'objet des suspicions les plus vives de la part des habitants. Une corvette de la marine française, le Bélier, capitaine Uulot, étant venue annoncer à l'île de France et aux
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lies Schelles les prélimioaires de la paix d'Amiens, les habitants de Mahé s'emparèrent de trente-trois déportés et les remirent au capitaine Hulot (13 mars 1802). Celui-ci les transporta à Anjouan, Tune des Comores, située à 340 lieues des Séchelles par 12 degrés de latitude sud.
Là, ils furent recommandés au roi de llle, auquel on promit de payer pension pour leur nourriture. Mais bientôt tous ces malheureux, à l'exception de quatre qui réussirent à s'échapper, périrent victimes de Teffroyable insalubrité du pays.
Nous avons retrouvé, dans un état officiel dressé sept ans après (janvier 1808), ce qu'étaient devenus les soixante-dix individus embarqués sur la Flèche et la Chiffonne ^
Cet état est effrayant de simplicité.
29 morts aux tles d' Anjouan.
k évadés d' Anjouan.
8 morts à Mahé.
1 mort sur la Flèche avant son débarquement.
5 évadés de Mahé.
3 Partis par autorisation pour Tlle de France. 20 existant encore à Mahé.
Parmi tous ces malheureux qu'un machiavélisme politique avait réunis, ceux dont la participation aux journées de septembre est avérée nous occuperont seuls.
Corchand, Petit-Mamia et Rossignol étaient parmi les déportés d'Anjouan et y moururent de ûèvres endémiques dans les plus affreuses douleurs. Chrétien et René Joly, qui faisaient également partie des déportés aux Como res, périrent dans un naufrage, en cherchant à s'évader.
Pépin des Grouettes décéda à Mahé, et Monneuse, après avoir
i. Les convois partis de Bicètre comprenaient soixante-douxe déportés, mais avant le départ des deux bâtiments, deux avaient obtenu la faveur de ne pas ôtre embarqués, Rousselle, qu*un ordre de mise en liberté avait fait relaxer, et Églator Leroy, que Ton s*était contenté d'interner à Nantes comme septuagénaire.
639 HISTOIRE 6fi ti. TERREUR.
résisté six ans au dimat brûlant des Sécbetles, aBa mourir, èS Î808, â rbôpital de l'Ile de France.
Vilïain d'Âubigny et Micbel ne faisaient pas partie des transportés des îles Sécbelles, ils avaient été envoyés à Cayenné. Villain d'Âubigny y mourut; Micbel s'en évada en s'emparant, avec quelques-uns de ses compagnons, d'une pirogue à l'aide de laquelle il put arriver à Surinam.
Mais, de toutes ces odyssées, la plus extraordinaire est sans contredit celle du fameux Foumier l'Américain. Pendant deux ans il écbappe au décret de transportation qui Ta frappé le 15 nivôse an ix; il est arrêté en pluviôse an xi, écroué à Sainte- Pélagie, puis envoyé à l'île d'Oléron. A peine arrivé, on le transfère au fort de Joux, dans le Jura ; de là on le fait revenir dans la Charente-Inférieure, on l'embarque pour Cayenne sur la frégate la Cybèie. Après quelques années de séjour dans cette colonie, il s'en évade, se réfugie à la Guadeloupe et se fait corsaire. En 1814, il rentre en France et y meurt tranquillement quelques années après.
Ceyrat, quoiqu'il eût été inscrit sur le décret de proscription, ne quitta pas la France, grâce à de bautes protections. 11 fut seulement interné à Clermont-Ferrand.
Panis et Sergent ne furent point compris dans le décret : ce dernier fut un instant inquiété. Nous avons tenu entre les mains une pétition qu'il adressait au citoyen Piis, secrétaire général de la préfecture de police; il y fait valoir « qu'ii venait de remplir, sous le régime consulaire, la place de commissaire de la régie des bôpitaux militaires ; qu'il sollicitait , dans ce moment môme, une préfecture ; que sa demande était a]^puyée par de très-hauts personnages du régime nouveau. » Ce révolutionnaire fougueux, cet organisateur des massacres de se[>tembre, se déclarait l'ami du gouvernement et trouvait trèsextraordinaire qu'on vînt le tourmenter dans sa maison de la rue Cisalpine.
Foumier aussi, sous le Directoire, avait sa maison de campagne.
On peut, sur ces deux exemples, juger ce que sont au fond beaucoup de ces démagogues dont on vante le désintéressement; ils s'amassent, à force de rapines et d'exactions, un cer-
tain pécule; plus tard ils le dissipent, retombent dans leur pauvreté primitive, et se vantent alors d'avoir toujours eu les mains pures. Ils trouvent encore des niais pour les croire et pour exalter leurs vertus puritaines.