Histoire de la Terreur 17921794. T. cinquième
Le jour même où Dumouriez rejoignait, à Valenciennes, la partie de son armée qui venait de vaincre à Valmy, le conseil exécutif prenait un arrêté ainsi conçu :
« Le conseil, délibérant sur la situation de la Répu- « bfique, relativement à la guerre qu'elle a entreprise « contre les despotes coalisés ;
« Considérant qu'en vain le patriotisme des citoyens, « la valeur des soldats et l'habîlelé des généraux auraient « repoussé au delà des1 frontières les armées ennemies, a si elles pouvaient encore, en s'établissant dans les pays « circonvoisins, s'y renforcer avec sécurité et y préparer
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
« impunément les moyens de renouveler incessamment « leur funeste invasion;
« Considérant que toute résolution généreuse et né- « cessaire pour l'honneur comme pour la sûreté de la « République, ne peut qu'être avouée par la nation et ci par la Convention nationale : Arrête que les armées «i françaises ne quitteront point les armes et ne pren- « dront point de quartier d'hiver jusqu'à ce que les en- «i nemis de la République aient été repoussés au delà du a Rhin*. >»
Dumouriez était prêt à mettre à exécution cet arrêté qui traduisait si bien les sentiments dont la nation entière était animée. Il avait fait d'avance toutes ses dispositions : le corps d'armée placé immédiatement sous sa main comptait quarante mille hommes; à sa droite, Valence devait marcher sur Namur avec seize mille combattants, tandis qu'à sa gauche le général La Bourdonnaye s'avancerait de Lille sur Tournay avec un corps d'armée d'une force à peu près égale.
1. Cinq jours auparavant, la Convention avait voté l'adresse suivante aux volontaires des bataillons de 1"791 dont le temps de service était expiré :
« Citoyens soldais, la Joi vous permet de vous retirer; le cri de la patrie vous le défend. Quand Porsenna était aux portes de Rome, Brutus quilta-l-il son poste?... L'ennemi a-t-il repassé le Rhin? Longwy est-il repris? Le sang français dont les barbares ont arrosé la terre de la liberté esl-il vengé? leurs ravages et leurs barbaries sont-ils punis? ont-ils reconnu la majesté de la République et la souveraineté du peuple? Soldats, voilà le terme de vos travaux; c'est en dire assez aux braves défenseurs de la patrie. La Convention nationale se borne à vous recommander l'honneur français, l'intérêt de l'Étal et le soin de votre propre gloire. »