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■rédigé pour la réglementation des entrées et la distribution des billets. Robespierre, Darligoyte et d'autres montagnards réclament la parole afin de combattre la motion de Tex- procureur syndic; Biroteau, Rabaud Saint-Etienne, Lanjuinaîs demandent a l'appuyer. Maïs Thuriot s'est déjà emparé de la tribune : « Je viens, dit-il, combattre les hérésies avancées par Manuel. Si vous adoptiez son projet, nous n'aurions plus pour auditeurs que les lâches apôtres d'un modérantisme ridicule au moment où nous avons besoin d'être appuyés par des hommes du patriotisme le plus énergique. » Les tribunes applaudissent avec enthousiasme; la droite ■et la gauche de l'Assemblée se lancent à l'envi les interpellations les plus vives. « S'il existait quelque doute sur la nécessité d'adopter le projet de Manuel , s'écrie un girondin, les applaudissements scandaleux donnés à Thuriot viennent de les lever. — Je demande, dit le montagnard Legendre, qu'on décrète que Manuel a perdu l'esprit. »
Les spectateurs se mettent de la partie : « A l'Abbaye Manuel V aristocrate! » hurlent certains énerguanènes, qui paraissent conduire le chœur des tricoteuses jacobines. — « Croyez-vous que ce soit par des cris de sang et de mort qu'on nous intimidera? » leur dit dédaigneusement le courageux Mazuyer.
La Montagne ne cesse de réclamer la question préalable sur la proposition de Manuel, et veut que l'on procède immédiatement à l'appel nominal. « Eh bien, oui, l'appel nominal, crie-t-on de tous les bancs de la droite; pensez-vous nous effrayer? »
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
SJoG HISTOIRE Dlî LA TEKRIÏUR.
Le président invite un secrétaire à se rendre à la tribune pour y procéder; maïs les plus courageux du parti de la Gironde se précipitent vers le bureau pour signer la demande d'appel nominal que leurs adversaires avaient espéré tourner contre eux. Le président est obligé de se couvrir.
Le tumulte s'apaise un instant; mais il renaît bientôt lorsqu'il s'agit de formuler la question sur laquelle l'Assemblée va être appelée à voter. Lanjuinais la pose ainsi : « Y a-t-il lieu de délibérer sur le mode actuel de la formation des tribunes? » Lepellelier Saint-Fargeau la pose d'une autre manière : ■( La Convention peut-elle exercer quelque inlluence sur la composition des tribunes sans allérer le grand principe de la publicité des séances? »
En entendant l'ancien président à mortier du parlement de Paris proposer un mode d'interrogation qui semble si bien préjuger la question à résoudre, les membres de la droite se récrient sur l'astuce obséquieuse du néophyte montagnard. Le trouble recommence; l'un demande la parole pour uDe motion d'ordre, l'autre pour un fait, celui-ci pour motiver la question préalable, celui-là pour la combattre. Le président Defermon a beau rappeler individuellement les membres à l'ordre, poser la question, expliquer le vote, le bruit continue pendant longtemps encore. Enfin, la Convention déclare qu'il n'y a pas Heu à délibérer sur la proposition de Manuel
i. Journal des Débais cl Décrets, n° 87, p. 245. Moniteur, ff» 350.
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xrn.
Le lundi 15, ia discussion s'établit de nouveau sur la marche de la procédure. Après de longs et violents débats, la Convention accorde dix jours pleins à Louis XVI pour conférer avec ses conseils et préparer sa défense.
Un montagnard, Laurent Lecointre, qui , dans d'autres temps, avait eu des relations directes avec h: roi comme commandant en second de la garde nationale de Versailles, demande, par un sentiment honorable de compassion, que, pendant ces dix jours, il soit permis à l'accusé de voir sa famille. Le président Defermon se hâte de mettre cette motion aux voix. Elle est aussitôt adoptée; mais quelques montagnards se plaignent de la précipitation avec laquelle le vote a été enlevé : « Vous avez beau le vouloir, s'écrie Tallien, si ïe corps municipal ne le veut pas, cela ne sera pas. »
De violents murmures accueillent une si insolente déclaration; on réclame de toutes parts le rappel à l'ordre de l' ex-secrétaire-greffier de la Commune insurrectionnelle. C'est l'ancien maire de Paris qui se charge de fulminer la sentence : « Les paroles que vous venez d'entendre, dit Pélion, tendent à avilir l'Assemblée nationale; je demande que celui qui s'est permis cet outrage soit censuré à l'instant même et que son nom soit inscrit au procès-verbal. »
Maratest au pied de la tribune, apostrophant tour à tour l'orateur et le président, réclamant à grands cris la v 17
parole. Deferraon la lui refuse avec énergie et l'accorde à Tallieti qu'il croit disposé à se disculper. Loin de là, le jeune tribun maintient et aggrave son insolence :
« Le dépôt du Temple a été confié au corps municipal, dit-il, lui seul a donc le droit de prendre les mesures nécessaires à la conservation de ce dépôt; je l'ai dit, je le répète : Si le corps municipal croit que votre décret est contraire à l'intérêt national, qu'il peut compromettre la sûreté publique, il fera bien de refuser.... »
On ne laisse pas achever l'orateur. Des cris « à l'ordre, à l'Abbaye! » partent de tous les bancs; la censure est prononcée à la presque unanimité. Mais l'extrême gauche ne perd pas l'espoir d'épuiser l'énergie passagère de l'Assemblée; elle réclame contre le décret qui vient de frapper Tallieti. Le président est obligé de le mettre aux voix une seconde fois; la même majorité se prononce de nouveau pour infliger au député de Seineet-Oise la peine disciplinaire qu'il a méritée.
Les Montagnards demandent alors que l'Assemblée, revenant sur la mesure arrachée a sa pitié, rapporte la décision qui autorise Louis XVI a communiquer avec sa famille. Quel est le député qui vient à la tribune, formuler cette proposition? C'est Drouet, le maître de poste de Sainte -Menehould. Comment s'en étonner? Depuis que les électeurs de la Marne, terrifiés par les meurtriers de septembre1, l'ont envoyé siéger à la Convention, ne sembte-t-il pas prendre à tâche de continuer le rôle dont il s'est fatalement emparé dans la nuit du