‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. cinquièmeChapitre 189 sur 272 · Journal des débats des Jacobins, n°s 324, 329 et · texte numérisé non relu

Journal des débats des Jacobins, n°s 324, 329 et

conduite dénoncée devant un tribunal auquel il avait grande peine à faire reconnaître son innocence. Malgré les péripéties imaginées par l'auteur, la pièce en ellemême ne pouvait, il faut le reconnaître, inspirer qu'un médiocre intérêt. Mais, dans les trois dénonciateurs à la fin démasqués, dans le trio démagogique que, durant cinq actes, l'auteur flagellait de ses sarcasmes, chacun reconnaissait le type des révolutionnaires les plus célèbres. La pièce avait été écrite de verve, elle était jouée de même. Les moindres allusions aux doctrines et aux événements du jour, vigoureusement soulignées par les interprètes, soulevaient tour a tour de formidables tonnerres d'applaudissements ou d'immenses éclats de rire.

Il nous serait impossible de citer tous les vers qui avaient le privilège d'exciter chez les spectateurs un enthousiasme sans doute plus politique que littéraire ; quelques passages de la pièce suffiront pour en faire comprendre la saisissante actualité.

L'un des trois démagogues mis en scène explique ainsi ses principes d'économie politique et sociale :

De la propriété découlent à longs flots

Les vices, (es horreurs, messieurs, tous les fléaux.

Sans la propriété, point de voleurs!...

... Si le mal vient de ce qu'on possède.

Donc ne plus posséder est le plus sûr remède.

Murs, portes et verrous, nous brisons tout cela;

On n'en a plus besoin dès que l'on en vient là.

Cette propriété n'était qu'un bien postiche,

Et puis le pauvre naît dès qu'on permet le riche.

Dans votre République, un pauvre bêtement

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