HISTOIRE DE LA ÏEHRBOH
corps municipaux à censurer les pièces de théâtre 1.
Cliaiubon n'avait pas quitté POdéon; il était retenu dans sa loge à peu près en chartre privée. Saaterre, qui, pondant ce temps, est survenu, accompagné de son élatmajor empanaché, tâche de parvenir jusqu'au maire pour prendre ses ordres ; il est repoussé, bafoué, conspué. 11 veut haranguer la foule; il ne peut se faire entendre et, de guerre lasse, il quitte la place et va rendre compte de sa déconvenue au Conseil général.
Quelque temps après, arrive la députaiion munie du décret rendu par la Convention Un silence complet s'établit lorsqu'on voit le maire s'apprêter à en donner lecture à haute voix. Aussitôt que Chambon a fini de lire, une immense acclamation retentit, la toile se lève et la représentation commence au milieu des plus vifs
i. On trouve au Moniteur, n*> 14, la leltre de Chambon au président de la Convention et celle qu'il écrivit le soir au Conseil général pour expliquer sa conduite. Mais ni le Moniteur n: le Journal îles Débats et Décrets ne donnent le texte même du décret que fit adopter Kersaint. Le voici; sa rédaction assez vicieuse prouve qu'il fut écrit au courant de la plume :
« 13 janviîr 1703.
« Sur la lecture d'une lettre du maire de Paris qui annonce qu'il y a un rassemblement autour de la salle du théâtre de la Nation, qui demande que la Convention nationale prenne en considération une députaiion dont le peuple attend l'effet avec impatience, et dont l'objet est d'obtenir une décision favorable afin que la pièce de l'Ami des Lois soit représentée nonobstant l'arrêté du corps municipal de Paris qui en défend la représentation,
« La Convention nationale passe à l'ordre du jour, motivé sur ce qu'il n'y a point de loi qui autorise les corps municipaux à censurer les pièces de théâtre." »
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France