LES APPELS NOMINAUX
Le procès du roi avait été interrompu brusquement après le résumé habile et insidieux que Barère avait prononcé le h janvier.
On s'attendait à entendre quelques-uns des principaux Girondins réfuter les arguments à double tranchant du député des Hautes-Pyrénées, surtout ceux au moyen desquels il avait essayé de repousser l'appel au peuple. Bien au contraire, au moment où la Convention se préparait, le 7, à reprendre le débat, ce fut Guadet qui en demanda la clôture. Cette proposition fut adoptée sans conteste, quoiqu'il y eût encore un grand nombre de députés inscrits pour prendre la parole. Seulement on décida : 4° que l'on imprimerait aux frais de la République , comme on l'avait fait dans la première phase du procès1, les opinions des membres qui se voyaient ainsi privés du droit de prononcer leur opinion à la
\. Voir livre XX, page 202.
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tribune; 2° que, sur toutes ies questions qui seraient posées, chaque député aurait le droit de motiver son vote.
11 ne restait plus à décider que la manière dont les questions seraient posées. La Convention renvoya à huitaine cette discussion importante. Dans l'intervalle, Vergniaud fut élu président à une très-grande majorilé. L'honneur fait à l'illustre girondin était la sanction éclatante de son discours du 30 décembre et de sa justification dans l'a (Faire Boze.
Le 14, Daunou rouvre la discussion en proposant une série de questions qui, bien qu'évidemment conçues dans un but de clémence, respectaient toutes les opinions Suivant lui, la Convention devait successivement examiner : 1° si elle entendait statuer par mesure de sûreté générale et si, par conséquent, elle devait rapporter le décret qui déclarait que Louis serait jugé par elle ; 2" si elle prononcerait par appel nominal ou au scrutin secret sur le sort de l'accusé; 3° si ia simple majorité suffirait, ou s'il faudrait les deux tiers des voix pour la condamnation; li° si la peine, quelle qu'elle fût, serait soumise à la sanction du peuple.
Mais la proposition de l'ancien oratorien, subdivisée
4. Le Moniteur attribue celte série de questions à Danton; mais c'est évidemment une erreur ; car quelques pages plus loin (p. 80, col. 3), od voit que le célèbre tribun, lors du premier et du deuxième appel nominal (séance du 15), était absent par commission. Il ne parut à la Convention que le 16. Du reste, le Journal des Débats el Décrets désigne nominativement Daunou comme le rédacteur des dix-sept questions.
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