Moniteur, n°3U
l'armée du Midi. « Cet homme, disait-il, a, comme Lafayette, quitté son armée pour venir à la barre de l'Assemblée législative faire des pélilions et exagérer les forces du roi de Sardaigne. Armé du droit de réquisition, il a réduit les amis de la liberté à l'inaction. Lorsqu'il n'avait aucun ennemi à combattre, il a refusé d'envoyer des renforts au camp de Cliâlons et à l'armée des Ardennes. Il aurait pu entrer en Savoie le 15 août, et il n'y est entré que le 23 septembre; il a dilapidé les finances de l'Etat dans des marchés frauduleux ; enfin par deux conventions , celle du 22 octobre comme celle du 2 novembre» qui ne valent pas mieux l'une que l'autre, il a livré les patriotes genevois au despotisme militaire et à l'aristocratie. » A la suite de ce rapport, Rovère propose la mise en accusation de Monlesquiou; elle est immédiatement décrétée.
Le jour même, pour en assurer l'exécution, le ministre de la guerre expédie à l'armée du Midi un agent sûr, Faivre (d'Arles). Celui-ci arrive au quartier général le 13, à sept heures du matin, et se rend de suite chez le plus ancien lieutenant général de l'armée, Dornac, lui exhibe ses pleins pouvoirs, et le somme de procéder à l'arrestation de celui qui était encore son chef une heure auparavant. Mais, malgré sa diligence, Faivre (d'Arles) était arrivé trop tard. Monlesquiou avait sans doute reçu dans "la nuit un avis secret; dès l'aube il était monté à cheval et avait disparu. L'agent du pouvoir exécutif expédie des courriers dans toutes les directions. On apprend bientôt que Montesquiou a pris la route de Genève. Faivre s'y rend aussitôt, et requiert le résident français
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France