LIVRE XXIV
l'Assemblée , Barère examine les divers délais qui ont été proposés lors du troisième appel nominal 1 :
« On a demandé de surseoir à l'exécution de Louis :
« 1° Jusqu'après la ratification de la Constitution par le peuple. — Mais quel danger n'y aurait-il pas à faire délibérer en même temps les assemblées primaires sur la personne et sur la chose, sur le roi et sur la royauté? Ce serait réveiller les espérances des aristocrates, régénérer leurs complots, ranimer toutes les tentatives des factieux, faire de l'acceptation de la Constitution un moyen de vaincre la République.
« 2° Jusqu'à la paix. — Mais les rois redoubleront d'efforts liberticid.es , prolongeront la guerre et les agitatations intérieures; ce sera un sursis sans terme et une impunité dangereuse. Quelle serait d'ailleurs cette diplomatie nouvelle, qui s'en irait promener une tête dans les cours étrangères, et stipuler le salut ou le bannissement d'un condamné pour premier article des traités?... Je craindrais d'insulter à votre humanité et aux principes moraux de la' République, si je réfutais plus longtemps cette opinion.
« 3° Jusqu'à ce que l'ennemi attaque notre territoire. — Je ne conçois pas de procédé plus cruel , plus inhumain, que de tenir un glaive suspendu sur la tête d'un homme, en lut disant, à chaque mouvement des armées ennemies : la tète tombera! Non, je ne penserai jamais qu'un législateur puisse faire ainsi boire à longs traits à un condamné la coupe tout entière de la mort ! »
i. Voir ci-dessus, page 446.
Barère termine sa harangue en rappelant les propositions humanitaires de Condorcet, en prêchant l'union et la concorde, en demandant que > la famille des Bourbons soit éloignée de la terre de la liberté, qu'on adopte des mesures énergiques pour la défense du territoire, qu'on présente la Constitution. »
Aussitôt après que Barère est descendu de la tribune, la clôture de la discussion est prononcée.
Grangeneuve demande à motiver son opinion en faveur du sursis. On le lui refuse. L'Assemblée décide que, contrairement à ce qui avait eu lieu pour les trois premiers appels nominaux, chaque membre sera tenu de répondre simplement par oui ou par non.
Grangeneuve et plusieurs autres députés après lui déclarent qu'ils ne voteront pas.
L'appel commence et dure une partie de la nuit. Le 20 janvier, a trois heures du matin, Vergnîaud en proclame le résultat dans les termes suivants : Le nombre des députés est de 749.
1 député est décédé 1 ; 1 a donné sa démission 2 ;
1 s'est récusé 5 ;
2 ont donné un vote nul * ; 9 ont refusé de voter fi ;
4. Cayla (Loi), décédé le 49 janvier 4793. 2. Manuel (Paris).
, 3. Noël (Vosges).