LIVRE XXV. SOI
fiance de Saoterre fait, au moment où arrivechaque détachement, l'appel des hommes qui le composent. Il est chargé « d'expulser tous ceux qui se seraient immiscés indûment dans les raugs, et dont on aurait à présumer que les intentions sont contrariées1. »
De nombreux tambours, sous les ordres du tambourmajor de la 2" légion (faubourg Saint-Marceau), doivent tenir la tête de l'escorte et se ranger autour de l'échafaud. Cent gendarmes à cheval, à l'avant-garde, et cent cavaliers de l'École militaire à l'arrière-garde , complètent le funèbre cortège.
Paris présente l'aspect d'un vaste sépulcre. Les rues sont désertes ; les sectionnaires armés occupent les postes qui leur ont été assignés et ne peuvent plus les quitter sous aucun prétexte. Tous les autres citoyens ont ordre de ne pas bouger de chez eux.
Les fenêtres sont fermées, les portes sont closes. Le temps est voilé et brumeux ; depuis la veille, un linceul de neige semble étendu sur toute la ville; mais la pluie, qui est tombée pendant la nuit, l'a déjà fait disparaître en partie.
Il est huit heures. Le roi exprime le désir de revoir un instant sa famille comme il le lui a promis la veille ; mais l'abbé Edgeworth le supplie de ne pas mettre la
■1. Ce sont les expressions mêmes de Sanlerre.
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