‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. cinquièmeChapitre 36 sur 272 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

quatre heures afin que l'on pût s'entendre sur les chois à faire, qu'elle eût Heu par paroisses, et non dans une assemblée centrale telle que celle qui venait d'être convoquée si inopinément. Mais quelques coups de plat de sabre distribués à propos mirent tout de suite à la raison les récalcitrants.

A peine l'avocat Balza, qui dirigeait cette étrange délibération, se donna-t-il la peine de lire les noms des quatre-vingts représentants provisoires, dont la liste avait été préparée par le comité révolutionnaire. Ils furent déclarés élus par acclamation. Dumouriez en personne les installa le lendemain à l'Hôtel de ville.

Dans son discoure, adressé plutôt aux. Belges en général qu'aux représentants particuliers de la ville de Bruxelles, ii leur recommandait d'abandonner leur ancienne division en provinces à peine rattachées entre elles par un faible lien fédéral, de s'uniravec les Liégeois, qui eux aussi avaient jusqu'alors constitué une nation distincte, et de former tous ensemble un seul et même peuple libre.

Il était juste que le président de l'assemblée électorale devînt le président de l'assemblée élue. Ce fut donc Balza qui reçut l'accolade fraternelle de Dumouriez, et, s'avançant avec lui sur le balcon de l'Hôtel de ville, proclama la déchéance de la maison d'Autriche. L'existence des anciens États de Brabant était incompatible avec les pouvoirs dont la nouvelle assemblée était revêtue; aussi le premier acte des quatre-vingts nouveaux administrateurs fut-il de déclarer que ces états étaient cassés, et que tous les actes qu'ils pourraient promulguer

dorénavant devaient être considérés comme nuls et non avenus.

Dans la principauté de Liège, où la réaction, qui avait suivi la révolution avortée de 1789-1790, avait été trèsviolente, les partisans de la réunion à la France remportèrent sans obstacle. L'aocien évêque Hoensbroeeh et ses partisaus s'étaient soustraits par la fuite aux vengeances qu'ils redoutaient. La société patriotique qui s'était formée dès 1785, et qui, en 1791, avait été dissoute par les Autrichiens, au moment où ils avaient rétabli l'ancien régime épïscopal, reprit ses séances le 30 novembre, en présence de Dumouriez. La municipalité renversée dixhuit mois auparavant, lut réintégrée provisoirement dans ses fonctions ; l'ancien maire, Fabry, fut reconduit en triomphe à l'Hôtel de ville. Mais cet homme, autrefois si populaire, cessa bientôt de l'être, parce qu'il voulut mettre un temps d'arrêt au développement des idées ultra- révolutionnaires. Les réformes que ses amis et lui demandaient sept années auparavant, étaient de beaucoup dépassées par les idées importées en droite ligne du club de la rue Saint-Honoré.

A peine-plusieurs des nouvelles administrations belges et liégeoises sont-elles constituées, qu'elles envoyent à Paris des délégués porter à la Convention le témoignage de leur reconnaissance et l'expression de leurs vœux. Le !i décembre, le président de l'assemblée de Bruxelles, Balzâ, auquel s'étaient réunis les délégués de

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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