‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 115 sur 237 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

commandant du poste de la réserve qui l'a remise dans sa poche. »

L'assemblée déclare qu'il faut que cette lettre lui soit apportée à l'instant même, « et elle envoie à sa recherche un de ses membres avec Patrîs, ofticier municipal, » probablement celui qui était venu lui annoncer l'existence de la lettre.

En attendant, le président somme le commandant général, révolutionnai rement destitué mais encore seul reconnu aux Tuileries, « de donner l'ordre de retirer la moitié des forces qui sont rassemblées. » Mandat comprend le sort qui l'attend, l'envisage avec le sang-froid du soldat qui ne connaît que son devoir, et refuse noblement d'apposer sa signature au bas du papier que Huguenin lui présente1.

Les commissaires chargés de trouver à tout prix, la pièce accusatrice en rapportent une copie certifiée parle président et le secrétaire du conseil général. Elle est ainsi conçue2 :

4 . La sommation de Huguenin et le refus de Mandat sont constatés par les deux minutes successives du procès-verbal. La deuxième minute est raturée, mais il est encore facile d'y lire la preuve du courage à jamais digne d'éloges que Mandat, sommé de racheter sa vie par une simple signature, déploya dans l'accomplissement de son devoir.

Nos travaux de dix années sont payés en ce moment, puisqu'il nous est donné d'enrichir notre histoire nationale d'un trait d'héroïsme complètement ignoré, d'un trait que quelques autres actes de dévouement peuvent égaler, qu'aucun ne surpasse.

%. Cette pièce se trouve textuellement reproduite dans le procèsverbal officiel, tous nos efforts pour en découvrir l'original ont été infructueux, mais nous avons retrouvé la preuve que celte lettre exis-

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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